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Discours sur la fonction Dieu

Les incrédules veulent faire stopper le questionnement au premier noeud qu'ils trouvent illogique, se confiant à plus tard le soin de philosopher sur la profondeur du sens de cette question : la fonction Dieu existe-t-elle ?

Mais si on n'ose pas se permettre de surmonter les contradictions apparentes qu'est-ce qu'il faut appeler la foi ? La crédulité en un supérieur hiérarchique, seule source d'incompréhension qui soit autorrisée ?

La fonction Dieu n'est pas une personne mais il n'empêche qu'une personne peut l'incarner.
A ce moment-là, seule la réussite de l'exécution de la fonction Dieu peut dire a posteriori si cela a été le cas. C'est à dire qu'il faut encore que ceci ait été dans son plan.

On peut comprendre et donc inclure la fonction Dieu à l'intérieur d'un processus. Pour la comprendre il faut au préalable voir sa naissance, son déroulement et sa terminaison, afin d'atteindre ce qu'elle a créé.

De ce déroulement linéaire en découle donc un autre perpendiculaire, ayant l'étrange propriété de ressembler exactement avec le commencement. Un nouveau commencement.
La fonction Dieu est la seule capable de se répercuter insensiblement dans toutes les formes d'organisation du Cosmos ; par corollaire l'humain qui fait vibrer un grand nombre de significations simultanément rempli une part significative de la fonction Dieu ; par antinomie il est possible d'obtenir le même effet dans un but mauvais.

Quand la fonction déclame elle dit « Je suis un Dieu jaloux ». Elle dit qu'elle n'est qu'un parmi d'autres, qu'elle n'est qu'une expression, qu'elle aurait pu être autrement.

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Le sens peut se perdre en route, quand la fonction Dieu a été fréquentée, la ritualisation du chemin exceptionnel déjà parcouru avec succès une fois veut être promue pour devenir une autoroute vers l'humanisation. Mais ce n'est pas ce que la fonction Dieu a voulu au début.
Elle a dit qu'elle était jalouse, qu'elle n'aimait pas les effigies, que l'humain devait donc mentaliser et non apposer, elle a dit aussi qu'elle ne souhaitait pas voir l'amour se déporter d'Elle.
Peut-être était-ce une façon de préconiser la non perte, et pas seulement « de la jalousie ».

Peut-être que la réalisation de la fonction Dieu est bien réelle, qu'on peut en juger, et que si elle l'était davantage, on pourrait encore mieux en juger.
Mais peut-être aussi que de suivre naïvement une fausse lumière sera d'autant plus grave si c'est en étant armé de ses préceptes et de la foi que sa connaissance procure.

Pour cela aussi la verbalisation de la fonction Dieu a stipulé au passage, son mécontentement à l'idée qu'on puisse se servir de son nom à des fins illégales.

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La légalité n'est pas le concept de la délégation de sa responsabilité à une règle stricte érigée par des processus politiques, la légalité dans un Système est ce qui ne l'altère pas de façon disproportionnée.

Comprenant cela la légalité et la foi en la légalité d'un système requierent au préalable la foi en ce système, or si celle-ci s'émiette, si la légalité et le licite en viennent à s'opposer, c'est la seule preuve qu'il faut obtenir pour avoir l'assurance de ce que le Système vient de quitter la voie voulue par la fonction Dieu.

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L'illicite n'est en vérité une faute que pour le système, qui lui-même ne peut raisonnablement que demeurer hypothétique, et auto-questionnant. Ce qui est illicite dans un système prendra toujours racine dans la lourdeur d'une lacune qui semblera vouloir se faire découvrir, en raison de ce que la fonction Dieu est active.

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Le paradis promis par l'éternité n'est qu'une image de ce qu'est après : technologique, en possession de tous les savoirs, au centre de tous les équilibres, et en mission active en tant que sub-fonction de la fonction Dieu.
Ça n'est que du savoir et de la technique, ça n'est que le cumul de toutes les vies de toutes les galaxies ; car c'est rationnel, non de la magie abstraite (quitte à ce que cela soit hypothétique).

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Quand une flèche est tirée à travers 9 cibles, c'est la fonction Dieu qui vient d'être réalisée en entier. Elle peut avoir une répercussion d'une grande force de résonance.
La fonction Dieu est présente en biologie, on la constate après coup de la façon dont la progression numérique fait obtenir ce qu'aucune autre fonction ne semblait laisser prévoir avant que cela ne surgisse.

Aussi bien un humain peut momentanément remplir la fonction Dieu, aussi bien il peut l'incarner, aussi bien n'importe quel animal peut tomber dessus et le devenir.
L'incarné peut prophétiser, par soucis de ce qu'il voit mais naïvement sur les conséquences de ses actes, et le divin peut, lui, appeler de son voeu ces conséquences.
Le danger de se croire incarné alors qu'on ne l'est pas est d'autant plus grand.
Plus de gens se croiront incarnés que de gens ne le seront en vérité mais il y a un moyen simple de le savoir, c'est le prix que cela aura coûté. Cela qui est marié avec la fonction Dieu, qui l'enroule, n'est pas pleinement responsable ni pleinement vénérable de se trouver dans la voie qui est la sienne, mais seulement de d'en avoir trouvé une.

Savoir que la fin de Jésus était voulue et planifiée, que les humains n'étaient que les acteurs d'une pièce de théâtre, peut-il être confié à l'incrédule ?
Ne doit-il pas en premier observer la scène du crime, et en second s'il s'élève assez, faire en sorte que cela ne soit pas contradictoire avec le fait que ça ait été voulu ?
Si cela a été voulu, est comme une insulte faite envers la violence, à la démence, à l'acharnement, aux lois injustes qui ont fait taire la parole divine ?
Cela a-t-il empêché son message d'être intégralement transmis ?
S'il ne l'a pas été, n'est-ce pas en faits, en raison de ce qu'il était insupportable de l'entendre, et deuxième question, si deux mille ans ont passés, ne peut-on être curieux de ce qui a été empêché d'être dit ?

Si on lui avait juste répondu « Que doit-on faire ? » quelle aurait été sa réponse ? Et si on n'avait pas eu à le découvrir, quelle valeur cela aurait-il eu ?
Mais si à l'inverse tout était prévu ainsi, cela ne trace-t-il pas les questions qu'il faut légalement se poser ?

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Sur le désir de ne pas être figé, était préconçu la conséquence de ce que signifie la perte de la dynamique.

Le formalisme s'il est rempli intégralement est l'atteinte de la perfection mais est-ce-ce une chose à vouloir nécessairement ?
La fonction Dieu est-elle une simple fonction, ou bien ce mot a-t-il un sens plus vaste ? Faut-il formaliser cette idée ? Faut-il qu'elle soit linéaire, unique et valeureuse par elle-même ?

A la vue de tout ce savoir contemporain l'humain a voulu que ceci soit légué, et l'écriture fut inventée.
Quand l'écriture fut inventée, pourquoi cela a-t-il voulu supplanter la transmission orale du savoir, au lieu de venir la compléter ? La transmission écrite du savoir n'est-elle pas la transmission du réflexe de transmettre par écrit tout savoir hypothétique futur ? Et dans ce cas, n'a-t-on pas oublié ce qui stimulait initialement cette envie ? Et si on l'oublie, ne la tue-t-on pas ?