12/10/2017 2 min tlaxcala-int.org #133936

« ...mais vous ne convaincrez pas »

Koldo Campos Sagaseta

C'était le 12 octobre 1936 et, dans le grand amphithéâtre bondé de l'Université de Salamanque, on célébrait le Jour de la Race. Personne ne manquait. Ni l'évêque ni la légion espagnole. Le recteur, Miguel de Unamuno, ne devait pas prendre la parole mais, après les premières diatribes et harangues de certains orateurs, il se lève: «... On a également parlé des Catalans et des Basques, en les appelant l'anti-Espagne. Eh bien, avec la même raison, ils peuvent en dire autant. Et il y a ici monsieur l'évêque, catalan, pour vous enseigner la doctrine chrétienne que vous ne voulez pas connaître, et moi, qui suis Basque, qui ai passé toute ma vie à vous enseigner la langue espagnole que vous ne connaissez pas... "

Millán Astray, qui est également recteur, bien que, au lieu d'un cloître, il dirige la légion, vocifère indigné son meilleur argument: Vive la mort! et il développe sa thèse: « La Catalogne et le Pays Basque sont deux cancers dans le corps de la nation! Le fascisme, le remède de l'Espagne, vient les exterminer en coupant dans la chair vivante et saine comme un scalpel froid! »

Deux mois plus tard, mis à l'écart de l'université et en résidence surveillée, Unamuno devait mourir, mais dans ce qui allait être sa dernière intervention publique il ne laissa pas sans réponse les tirades du «fiancé de la mort» Millán Astray : «Vous vaincrez, mais vous ne convaincrez pas. Vous vaincrez parce que vous avez assez de force brute, mais vous ne convaincrez pas parce que convaincre signifie persuader. Et pour persuader vous avez besoin de quelque chose qui vous manque : la raison et le droit dans le combat. Il me semble inutile de vous demander de penser à l'Espagne. »

(Euskal presoak-euskal herrira)

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