12/10/2017 6 min europalestine.com #133930

Royaume-Uni : échec cuisant pour les maîtres-chanteurs israéliens (vidéos)

Le lobby israélien en Grande-Bretagne vient de subir un échec cuisant, dans sa tentative de criminaliser la dénonciation de ses agissements.

En janvier dernier, la chaîne de télévision al-Jazeera avait diffusé une enquête explosive, appelée à bon escient « The Lobby », qui mettait au jour les pratiques sordides des officines israéliennes en Grande-Bretagne.

Confondu, le gouvernement israélien avait été obligé de présenter des excuses, et d'exfiltrer rapidement l'agent provocateur débusqué par al-Jazeera, un « diplomate » nommé Shai Masot.

Cela n'avait pas empêché le lobby de tenter une contre-attaque, en portant plainte contre al-Jazeera, comme d'hab pour « antisémitisme », auprès de l'Ofcom, équivalent britannique du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) en France.

Malia Bouattia, une responsable du mouvement étudiant, calomniée et particulièrement visée par la campagne d'intox du lobby israélien

Mauvaise pioche pour les maîtres-chanteurs ! Après examen approfondi des 4 épisodes de l'émission réalisée en caméra cachée (que nous republions ci-dessous), l'Ofcom a au contraire estimé qu'on était en présence « d'une enquête journalistique sérieuse, explorant les activités de l'ambassade d'Israël et de son conseiller politique Shai Masot, notamment à propos des liens que celui-ci développait en direction de plusieurs organisations politiques pour la promotion d'un point de vue pro-israélien ».

Les responsables d'al-Jazeera se sont félicités de ce verdict sans appel, et ils ont annoncé, en prime, qu'ils avaient réalisé une enquête similaire sur le lobby israélien aux Etats-Unis, qui sera prochainement diffusée !

"Il se dit que les Etats-Unis sont actuellement perturbés par les interférences étrangères dans leurs affaires intérieures », a commenté Clayton Swisher, responsable des enquêtes journalistiques à al-Jazeera, dans une allusion transparente au « scandale de l'ingérence russe » dans le processus électoral américain.

« C'est pourquoi je pense que les dirigeants étatsuniens devraient accorder à nos révélations autant d'attention que leurs homologues britanniques. A moins, bien sûr, que lorsque c'est Israël qui est en cause, on abaisse le rideau », a-t-il ironisé.

L'espion Shai Masot, animateur et financeur du réseau de lobbying, aux ordres du ministre israélien des « Affaires stratégiques » Gilad Erdan, qui s'est juré d'avoir « la peau » de la campagne BDS, avait été renvoyé dare-dare en Israël après la diffusion de l'enquête, tandis que la nommée Maria Strizzolo, une lobbyste d'Israël employée jusqu'alors comme assistante d'un parlementaire, avait été contrainte de démissionner de son poste.

Conscients que l'impunité de leurs crimes n'est pas éternelle, les dirigeants israéliens veulent s'assurer, par tous les moyens, dont la corruption matérielle (Masot se vantait d'avoir un budget de « communication » dépassant le million de Livres, et le chantage (que ce soit le chantage « politique » à l'antisémitisme ou la recherche de détails gênants sur la vie privée des politiciens), une docilité totale de la part du personnel politique et de ses relais médiatiques.

Tous les coups bas sont permis. Outre les voyages "guidés" en Israël aux frais de la princesse, des postes et tremplins pour leur carrière, des sommes rondelettes sont proposées aux politiciens britanniques par le lobby.

Les reportages d'al-Jazeera montrent de ce point de vue les multiples initiatives israéliennes pour « dégommer » le nouveau leader du Parti Travailliste, Jeremy Corbyn, plus indépendant que ses prédécesseurs vis-à-vis du régime d'apartheid.

La scène tournée à la Conférence annuelle du Parti Travailliste en septembre 2016 à Liverpool est particulièrement instructive. On y voit notamment la présidente des Amis Travaillistes d'Israël (Labour Friends of Israel), la députée Joan Ryan, incapable de répondre à la plus bénigne des questions sur les colonies, se contentant de bêler qu'elle est « pour la solution à deux Etats », avant de mettre fin abruptement à sa conversation avec une militante soucieuse des droits du peuple palestinien, la déléguée Jeans Fitzpatrick.

Le reporter d'al-Jazeera, qui a réussi à se faire recruter par le lobby, assiste à d'autres scènes scandaleuses : les menaces physiques proférées par une jeune femme nommée Ella Rose, elle aussi des Labour Friends of Israel, qui se vante d'avoir passé une année de formation dans des organismes israéliens (où elle aurait appris, entre autres, le Krav Maga !), et qui se propose de boxer une sympathisante de Corbyn, Mme Jackie Walker, qui a une expérience de plusieurs décennies de lutte contre le racisme et les bandes fascistes britanniques. La scène où Mme Rose fond en larmes parce que sa subordination à l'Etat d'Israël a été mise au jour est particulièrement savoureuse.

La série « The lobby », découpée en quatre épisodes de 25 minutes chacun, est accessible (en langue anglaise, avec beaucoup d'incrustations de textes et citations facilitant la lecture par quelqu'un ne maîtrisant pas complètement la langue de Shakespeare) à partir des écrans suivants :

CAPJPO-EuroPalestine

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