11/10/2017 5 min histoireetsociete.wordpress.com #133900

La Marseillaise : « Che Guevara était un homme honnête au grand sens éthique » écrit par Sébastien Madau

je signale pour complément d'information le livre que nous avons écrit avec J.F.Bonaldi, Cuba, Fidel et le Che ou l'aventure du socialisme aux éditions le temps des cerises. Il complète cet interview par une analyse en profondeur de la révolution cubaine et de ceux qui se sont identifiés totalement à ce socialisme aventure dans lequel l'homme a pris grandeur nature dirait Aragon. (note de danielle Bleitrach)

Aleida Guevara March perpétue la mémoire de son père à Cuba, dans une île en pleine mutation. Photos Sébastien madauL'utilisation de l'article, la reproduction, la diffusion est interdite - LMRS - (c) Copyright Journal La Marseillaise

Il y a 50 ans, le 9 octobre 1967, Ernesto Guevara était exécuté en Bolivie par l'armée et la CIA. Le « Che » devient l'icône de la Révolution. Aujourd'hui, sa fille Aleida Guevara March vit à Cuba et contribue au devoir de mémoire autour de la figure et l'œuvre de son père, notamment envers la jeune génération.

Il y a 50 ans, Ernesto Guevara votre père, était assassiné en Bolivie. Cette date doit particulièrement vous toucher.

Cette date est synonyme de mort, alors je préfèrerai commémorer les 90 ans de sa naissance en 2018. Mais je comprends que cela suscite beaucoup de manifestations. C'est très bien. Je sens une grande solidarité dans le monde. C'est normal qu'en ce mois d'octobre, il y ait de nombreuses activités autour de la figure de mon père.

On relie souvent la pensée de votre père à la rigueur et l'éthique. Aujourd'hui, que reste-t-il de ces valeurs ?

Tout ! Che Guevara avait au moins la cohérence de dire tout ce qu'il pensait. Il était honnête et respectueux avec un grand sens éthique. Ce sont des valeurs qui doivent continuer à être défendues.

Dans ses écrits, il défendait l'idée de l'homme nouveau, du socialisme. Cette pensée est-elle toujours d'actualité ?

Oui, elle l'est plus que jamais alors que le monde vit une crise globale de valeurs. La vie n'est pas statique et le monde est en perpétuel mouvement. Avec l'humain au coeur.


Cliquez sur l'image ci-dessous pour consulter la chronologie.

Argentin de naissance, le Che s'est vite lié à la cause cubaine. D'où est né cet attachement ?

Dans sa jeunesse, le Che a parcouru l'Amérique latine. Lors d'un premier voyage au Guatamela dans les années 1950, il a rencontré des jeunes révolutionnaires cubains. Il se disait plus intellectuel qu'eux, mais moins passionné. Ensuite, au Mexique, il rencontre en 1955 Raul, puis Fidel Castro qui étaient en exil. Il s'incorpore alors à l'expédition cubaine sur le Granma en tant que médecin. Tout est parti de là.

Beaucoup de commentaires ont été dits sur son rapport avec Fidel Castro. Quelle était la nature de leurs relations ?

Ils se vouaient une profonde amitié, au-delà d'être des compagnons de lutte. Au Mexique, alors que Fidel préparait son retour à Cuba, il s'est mis en danger pour la liberté de mon père.

Les deux hommes ont pourtant séparé leurs destins après la victoire de la Révolution.

Oui mais c'était prévu. Mon père avait accepté de participer à la Révolution cubaine à une condition : pouvoir partir ensuite pour mener d'autres actions révolutionnaires. C'est ce qu'il a fait. Mais avant, il avait représenté Cuba partout dans le monde. Fidel avait confiance en lui.

Vous souvenez-vous de la dernière fois que vous l'avez vu ?

Très peu. C'était en 1965, quand il est parti pour le Congo. Je n'avais que 4 ans.

Au fil des ans, comment avez-vous perçu l'image de votre père, qui jouissait partout dans le monde d'une grande aura ?

Pour moi, le Che restera à jamais mon papa ! Il suffit de lire la lettre qu'il nous a laissée avant de partir. Notre mère nous l'a lue après sa mort. Il n'y a qu'un père qui puisse écrire cela à ses enfants.

Aujourd'hui, vous vous investissez dans le Centre d'études Che Guevara. Quels en sont les objectifs ?

Perpétuer de manière active la mémoire du Che, notamment envers la jeune génération. Quand je dis sa mémoire, c'est sa pensée et son oeuvre. Nous restons aussi attentifs à l'utilisation de son image. Le centre publie des travaux de recherches et conserve ses écrits, classés patrimoine de l'Humanité par l'Unesco en 2013.

Justement, quels textes conseilleriez-vous à un jeune qui voudrait le découvrir ?

Je conseillerais ses Notes de voyages, quand il a parcouru l'Amérique latine dans sa jeunesse. Il y a une fraîcheur dans son langage. Des livres tels « Soy un futuro en camino » ou « Che desde la memoria » s'adressent au jeune public et donne des éléments biographiques pour commencer à bien le connaître.

Réalisé par Sébastien Madau

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