15/09/2017 4 min tlaxcala-int.org #133048

Macri et Netanyahou : le business de la répression

Héctor Bernardo

Le Premier ministre israélien a trouvé dans le président argentin un partenaire idéal pour la vente d'armes et de matériel de « surveillance ». Macri est désireux de réprimer, et Netanyahou, désireux de vendre des armes de répression. Le journaliste et analyste politique Carlos Aznárez assure que « tôt ou tard, les armes que Macri a acheté à Netanyahou seront utilisées contre le peuple argentin. »

"Les balles qui tuent les Palestiniens répriment les Argentins": Buenos Aires, 12 septembre 2017

La logique politique du président argentin Mauricio Macri et celle du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou font d'eux des partenaires parfaits. Tous deux sont ouvertement de droite. Macri est désireux de réprimer. Netanyahou, désireux de vendre des armes pour la répression.

Ajoutez à cela qu'aucun des deux n'est désireux que la lumière soit faite sur les attentats contre l'Ambassade d'Israël (1992) et la mutuelle israélite AMIA (1994), Netanyahou par intérêt géopolitique et Macri pour des raisons de politique locale. C'est pourquoi la mort du procureur Alberto Nisman et l'accusation portée contre l'ex-présidente Cristina Fernández de Kirchner de tentative de dissimulation, l'accusation contre l'Iran, viennent pour eux à point nommé.

Un autre point commun est que Macri, lors de sa prise de fonction, a payé des milliards de dollars au Fonds Vautour coordonné par Paul Singer. Un des principaux contributeurs aux campagnes politiques de Netanyahou n'est autre que Sheldon Adelson, partenaire du Fonds Vautour coordonné par Paul Singer.

Macri est en train de construire un pays avec des prisonniers politiques (Milagro Sala en est les cas le plus emblématique), dans lequel la gendarmerie a non seulement été accusée d'avoir participé à la tentative de fraude électorale dans la province de Buenos Aires, mais encore est accusée d'être la force répressive responsable de la disparition de Santiago Maldonado, un jeune homme qui participait à une manifestation contre la cession de la terre à des étrangers et en faveur des droits des peuples amérindiens. Ajoutez à cela une brutale politique d'austérité, la redistribution de la richesse en faveur des secteurs les plus favorisés, des licenciements massifs, l'augmentation de la pauvreté et du chômage, qui créent un modèle de société qu'on en peut mettre en place que par la répression.

Netanyahou un expert en répression, accusé de violation des droits de l'homme, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité à l'encontre du peuple palestinien. Un homme désireux de promouvoir l'industrie de l'armement et de l'espionnage israélienne. Un homme qui trouve en Macri le parfait associé.

Dans un entretien avec Contexto,le journaliste et analyste nternational Carlos Aznárez affirme: "La visite de Netanyahou constitue un affront envers le peuple argentin. Macri a reçu avec tous les honneurs un criminel de guerre, un homme qui ne peut se rendre dans plusieurs pays européens parce qu'il y est recherché par la Justice pour génocide. Un homme qui, même dans son propre pays, est accusé d'affaires illicites. C'est une faute grave de l'avoir accueilli et de l'avoir traité en hôte d'honneur.”

« Cette visite offre à Netanyahou ce qu'il est venu chercher. Il a déclaré que Macri est son grand allié en Amérique du sud. Il est venu promouvoir la vente d'armes et de technologies destinées à persécuter et à réprimer la société. Ventes d'armes qui avaient commencé avec la visite de la ministre de l'Intérieur Patricia Bullrich en Israël et qui depuis se sont multipliées », note ce spécialiste.

Aznárez souligne que "les organisations sociales et politiques argentines ont tenu une manifestation de masse devant l'ambassade d'Israël à Buenos Aires pour protester contre l'arrivée de Netanyahou. Beaucoup de banderoles brandies par les manifestants disaient que les balles qui tuent les Palestiniens venaient maintenant tuer les Argentins qui protestent contre le macrisme ".

Pour conclure, l'analyste a déclaré : «Lorsque vous achetez des armes, vous le faites pour les utiliser, soit dans un but d'intimidation, soit dans un but d'agression. Les armes que Bullrich et Macri ont achetées ont été utilisées pour massacrer le peuple palestinien. Aujourd'hui, notre pays connaît une vague de protestations face aux coupes budgétaires dans les services sociaux, aux ajustements budgétaires, aux licenciements et à des événements tels que la disparition de Santiago Maldonado. Dans un tel contexte, tôt ou tard, les armes que Macri a achetées à Netanyahou seront utilisées contre le peuple argentin ".

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