14/09/2017 6 min tlaxcala-int.org #133010

Égypte :l'avocat Ibrahim Metwally Hegazy, fondateur de l'Association des Familles de Disparus, kidnappé et emprisonné au Caire

Mada Masr مدى مصر

M e Ibrahim Abdel Moneim Metwally Hegazy, un des fondateurs de l' Association des Familles de Disparus et représentant légal de Giulio Regeni, le jeune chercheur italien enlevé, torturé et assassiné en Égypte en janvier 2016, a disparu de l'aéroport international du Caire dimanche, au moment où il s'apprêtait à embarquer sur un vol à destination de Genève pour assister à une session du Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires (GTDFI), selon une déclaration qui cite des propos que des membres de la famille de Hegazy ont publié sur Facebook. Il a comparu mardi devant le procureur général de la sûreté de l'État du quartier Tagamo' Khames (Fifth Settlement) du Nouveau Caire.

Selon cette déclaration, la famille de Hegazy a perdu le contact avec lui après son arrivée à l'aéroport à

8 heures du matin. Ils ont alors pris contact avec les autorités aéroportuaires de Genève, qui leur ont appris que Hegazy n'était pas arrivé sur le vol en provenance du Caire, ce qui les a conduits à penser qu'il avait été arrêté à l'aéroport du Caire.

Un des avocats de Hegazy, Halem Henez, a déclaré au site ouèbe Mada Masr qu'à la suite de sa disparition, on ignorait où il se trouvait. D'après Henesh, ses avocats ont interrogé la police de l'aéroport et l'ont cherché dans les commissariats de police des environs, sans résultat. Il a aussi déclaré qu'un télégramme avait été envoyé au bureau du procureur général pour rapporter les soupçons d'arrestation.

L'association a annoncé sur sa page Facebook que Hegazy avait été conduit mardi devant le procureur général de la sûreté de l'État égyptien du Fifth Settlement, dans le Nouveau Caire.

Selon la déclaration de l'Association, au moment de sa disparition, l'avocat s'apprêtait à se rendre en Suisse « en réponse à une invitation, de la part du Groupe de travail des Nations Unies sur les disparitions forcées ou involontaires (GTDFI), à assister aux délibérations de sa 113ème Session, qui se tient du 11 au 15 septembre 2017 au siège du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à Genève.

La déclaration décrit la disparition de Hegazy comme une tentative des autorités éyptiennes pour faire taire ceux qui se font les défenseurs des personnes disparues contre leur gré en Égypte, et pour empêcher toute communication avec la communauté internationale.

Le fils de Hegazy, Amr Ibrahim Metwally, a disparu contre son gré en 2013, et on ignore toujours où il se trouve. Hegazy a dit que son fils avait été vu pour la dernière fois dans le secteur du QG de la Garde Républicaine en juillet, quand des heurts ont éclaté, se soldant par la mort de 51 partisans du président renversé Mohamed Morsi.

En mai, les autorités ont arrêté Hanan Badr Eddin, une des fondatrices le l'association, dont le mari, Khalid Mohammed Hafez Ezz Eddin, est porté disparu depuis 2013, selon une déclaration émise à l'époque de sa disparition par 10 organisations de défense des droits de l'homme. Hanan Eddin a été arrêtée alors qu'elle rendait visite a un détenu qui avait disparu contre son gré et avait ensuite été localisé à la prison de Qanater, détenu dont elle espérait qu'il pourrait l'aider à retrouver son mari.

Un autre avocat défenseur des disparus contre leur gré, Islam Salameh, a été arrêté par les forces de sécurité en mars 2016. Il a été brièvement maintenu au secret avant d'être relâché en juin 2016.

Dans un rapport publié l'année dernière sur les disparitions involontaires, le Conseil National des Droits de l'Homme, organisme étatique, a déclaré qu'il avait répertorié 266 cas basé sur des déclarations de disparitions soumises entre avril 2015 et mars 2016.Les disparitions forcées, de nature parfois arbitraire sont devenues plus fréquentes au cours des deux dernières années, et visent des militants politiques et des gens que l'État accuse de terrorisme.

Dans son second rapport annuel, la Campagne Stop aux disparitions forcées a répertorié 378 cas de disparitions entre le 1er août 2016 et la mi-août 2017.

Human Rights Watch (HRW) a publié le 6 septembre un rapport accusant les forces de sécurité égyptiennes de torture systématique sous le président Abdelfattah Al Sissi. Le rapport contient 19 témoignages de victimes de tortures, qui ont déclaré que des méthodes brutales sont employées dans le pays tout entier pour obtenir des aveux et pour punir les détenus. La même semaine, le Comité des Nations Unies contre la torture a publier un rapport annuel reprenant dans les grandes lignes les accusations portées par HRW, et disant que la torture est une pratique de routine en Égypte.

Le chef de l'Autorité nationale de la Presse, Karam Gabr, a attaqué dimanche le rapport de HRW dans une conférence de presse, déclarant que les organisations locales de défenseurs des droits humains avaient transmis des informations à HRW, et exhortant le Conseil national des Droits de l'homme et d'autres organismes à « diffuser la vérité ».

tlaxcala-int.org

 commentaire