13/08/2017 13 min arretsurinfo.ch #132084

Les preuves de la mise sur liste noire des sites de gauche et progressistes par Google s'accumulent

Un nombre croissant de sites Web éminents de gauche ont confirmé que leur taux de fréquentation en provenance de Google a chuté ces mois derniers, cela vient s'ajouter aux preuves que Google, sous couvert d'une campagne frauduleuse contre les fake news, met en œuvre un large programme de censure systématique.

Truthout, un site Web à but non lucratif qui se concentre sur les développements politiques, sociaux et écologiques du point de vue progressiste de gauche, a vu diminuer son lectorat de 35 pour cent depuis avril. Real News, un service d'actualités en vidéo et de documentaires à but non lucratif, a vu chuter sa fréquentation en provenance des moteurs de recherche de 37 pour cent. Un autre site, Common Dreams, a informé le WSWS la semaine dernière que sa fréquentation venant des moteurs de recherche avait chuté de jusqu'à 50 pour cent.

Pour autant, elles sont dépassées de loin par la baisse de près de 70 pour cent de fréquentations provenant de Google subie par le WSWS.

« Quelque chose s'est passé avec Google à tous les niveaux qui affecte grandement les médias de gauche », a déclaré Scott LaMorte, le développeur de sites web pour Truthout et The Real News.

« C'est une parfaite aberration. C'est une baisse inédite depuis trois ans pour Truthout et The Real News, et probablement sans précédent dans la vie de ces organisations. Aucune des deux n'a connu précédemment une baisse pendant trois mois consécutifs depuis mai comme c'est leur cas.

« Ce n'est pas comme si tout le monde à gauche a soudainement changé leur SEO [Optimisation des moteurs de recherche] », a déclaré M. LaMorte. « Je ne pense pas que ce soit un changement dans l'algorithme de Google qui détermine l'importance de leurs pratiques SEO de référencement. »

Eric Maas, un consultant en optimisation des moteurs de recherche travaillant dans la région de la baie de San Francisco, a déclaré que son équipe a examiné un large éventail de sites d'information indépendants affectés par des changements dans les algorithmes de Google depuis avril. « Ces sites, qui ont vu chuter leur fréquentation depuis les recherches de jusqu'à 67 pour cent, possèdent une gamme variée de stratégies de contenu et de conformité aux bonnes pratiques préconisées par Google et les experts en SEO. »

« C'est le pire des cas de la censure politique ; c'est juste une excuse pour supprimer des points de vue politiques », a déclaré Robert Epstein, un ancien rédacteur en chef de Psychology Today et expert reconnu de Google.

Epstein a déclaré que, à ce stade, la question était de savoir si le WSWS avait été signalé spécifiquement par des évaluateurs humains employés par le géant de la recherche ou si ces évaluateurs avaient influencé le moteur de recherche Google pour reléguer les sites de gauche. « Ce que vous ne savez pas, c'est si ce sont les évaluateurs humains qui vous relèguent ou si c'est le nouvel algorithme qu'ils mettent au point », a déclaré Epstein.

Richard Stallman, le pionnier de la technologie de renommée mondiale et dirigeant du Free Software Foundation (Fondation pour le logiciel libre), a déclaré qu'il avait lu le reportage du WSWS sur la censure par Google des sites de gauche. Il a mis en garde contre l'immense contrôle exercé par Google sur Internet, en disant : « Du fait que le contrôle du principal moyen utilisé par les gens pour repérer des articles sur une question donnée soit exercé par une société géante crée le potentiel évident d'abus de pouvoir. »

Selon les données de l'outil d'optimisation de recherche SEMRush, la fréquentation de recherche sur le site Web personnel de M. Stallman, Stallman.org, est tombée de 24 pour cent, tandis que le trafic vers gnu.org, exploité par la Free Software Foundation, a chuté de 19 pour cent.

La baisse massive de fréquentation en provenance des recherches vers le WSWS et d'autres sites de gauche s'est produite après la mise en œuvre de changements dans les protocoles d'évaluation des recherches de Google. Dans un communiqué publié le 25 avril, Ben Gomes, vice-président de l'ingénierie, a déclaré que la mise à jour par Google de son moteur de recherche bloquerait l'accès à des sites « offensants » tout en s'assurant de faire ressortir plus de « contenu faisant autorité ».

Dans un ensemble de lignes directrices fournies aux évaluateurs Google en mars, la société a donné l'ordre aux évaluateurs de son moteur de recherche de signaler les pages renvoyant des « théories du complot » ou un contenu « bouleversant » à moins que « la requête indique clairement que l'utilisateur recherche un point de vue différent ».

Le WSWS continuera à démasquer le programme de censure politique de Google et à lutter contre lui, mais nous avons besoin de l'aide de nos lecteurs.Veuillez partager cet article par email et les médias sociaux. S'il vous plaît faites un don aujourd'hui et s'inscrire pour des mises à jour par e-mail !

Par Andre Damon |8 août 2017

Google bloque les 45 premiers termes de recherche du WSWS (mais pas seulement)

Un examen approfondi de données d'Internet a établi que Google a coupé les liens entre le World Socialist Web Site et les 45 termes de recherche les plus populaires qui dirigeaient précédemment les lecteurs vers le WSWS. Cette censure dure mise en œuvre par Google est si vaste que parmi les 150 premiers termes qui, en avril 2017, reliaient le WSWS aux lecteurs, 145 ne le font plus.

Ces résultats démontrent clairement que le déclin de la fréquentation des recherches Google vers le WSWS n'est pas le résultat d'un problème technique, mais d'une politique délibérée de censure. La baisse des fréquentations s'est produite dans les trois mois après l'annonce par Google le 25 avril de son projet de promouvoir des « sites Web faisant autorité » aux dépens de ceux ayant des contenus « offensants » et des « théories du complot ».

En raison de ces mesures, la fréquentation des recherches dirigées vers le WSWS provenant de Google a diminué de deux tiers depuis avril.

Le WSWS a analysé des dizaines de milliers de termes de recherche et identifié les phrases clés et les mots les plus susceptibles de placer le WSWS sur la première ou la deuxième page de résultats de recherche. Les 45 principaux termes de recherche comprenaient précédemment [en anglais] « socialisme », « Révolution russe », « Flint Michigan », « prolétariat » et « UAW [le syndicat United Auto Workers] ». Les 150 premiers résultats comprenaient les termes « contrat UAW », « restitution [les enlèvements de la CIA] », et « Révolution bolchevique ». Tous ces termes sont maintenant bloqués.

Dans un ensemble de recommandations fournies aux évaluateurs de Google en mars, élaborées en avril par le vice-président chargé de l'ingénierie à Google, Ben Gomes, la société a ordonné aux évaluateurs qui travaillent pour son moteur de recherche de signaler des pages renvoyant des contenus relevant des « théories de complot » ou « bouleversants » à moins que « la requête indique clairement que l'utilisateur recherche un autre point de vue ». Les modifications apportées aux classements de recherche du contenu du WSWS sont compatibles avec un tel mécanisme.

Les utilisateurs de Google pourront trouver le WSWS s'ils incluent spécifiquement le « World Socialist Web Site » dans leur demande. Mais si leur requête comprend simplement des termes tels que « Trotsky », « Trotskysme », « Marxisme », « socialisme » ou « inégalité », ils ne trouveront pas le site.

Plus de 90 % des utilisateurs du moteur de recherche de Google ne cliquent pas sur les résultats après la première page, et plus de 99 % ne cliquent pas sur les liens après la 10 page. Cela signifie que si un résultat est refoulé au-delà des 100 premiers résultats, il est effectivement inaccessible.

Ces nouvelles données s'appuient sur une analyse détaillée des 30 000 termes de recherche qui retournaient les résultats mettant le plus en avant le WSWS, compilée par le logiciel d'optimisation de recherche SEMRush et vérifié par rapport aux données de Google ainsi que des requêtes envoyées au moteur de recherche de Google.

Malgré les tentatives répétées de contacter le bureau de presse de Google, la société continue de refuser de commenter les faits révélés par l'enquête du WSWS.

Mais la couverture du WSWS, qui a été largement partagée et référencée par d'autres médias indépendants, a considérablement attiré l'attention sur le rôle des « évaluateurs » de Google.

Dans une diffusion sur le web en direct mercredi, John Mueller, un analyste des tendances Webmaster chez Google, a été invité à dire si ces évaluateurs pouvaient affecter la « réputation d'un site Web ». Mueller a répondu par ce qui ne peut être qualifié que d'un refus de nier, déclarant que les actions des évaluateurs « pourraient inclure théoriquement quelque chose comme la réputation d'un site web en général ».

Il s'agissait effectivement d'un aveu selon lequel l'armée de censeurs de Google a la capacité d'exclure des sites individuels en portant atteinte à leur « réputation ».

La liste des termes de recherche bloqués par Google indique ce que l'oligarchie gouvernementale et patronale ne veut pas que la population apprenne.

Les termes ayant directement trait au socialisme sont ceux qui sont les plus manipulés. Les termes « socialisme contre capitalisme », « soins de santé socialistes », « lutte des classes sociales » et « manifeste du parti socialiste », qui ont tous renvoyé vers des articles WSWS dès la première page dans le passé, ne renvoient maintenant pas vers le WSWS dans les 100 premiers résultats. Les termes « socialisme », « socialiste », « mouvement socialiste » et « conflit de classe », pour lesquels le WSWS apparaissait auparavant dans les quatre premières pages, ne renvoient plus vers des articles du WSWS.

En 2014, le Comité international de la Quatrième Internationale s'est engagé à mettre la lutte contre la guerre au centre de son programme politique, en promettant de reconstruire un mouvement anti-guerre basé sur la classe ouvrière. En particulier des termes comme « littérature anti-guerre », « articles contre la guerre » et « socialisme et guerre », qui produisaient avant des articles du WSWS dès la première page des résultats de recherche, ne renvoient de même plus du tout les articles du WSWS.

Le WSWS a été mis sur la liste noire dans les recherches portant sur l'histoire et, en particulier, sur les sujets historiques liés aux luttes révolutionnaires du XXᵉ siècle. Ceux-ci comprennent les termes « Révolution russe », « Révolution bolchevique » et « Révolution d'octobre », qui avaient tous donné des résultats sur le WSWS dans les 50 premiers en avril.

Les travailleurs du monde entier suivent la couverture du WSWS pour sa révélation du rôle anti-classe ouvrière des syndicats. Peut-être pour cette raison, le WSWS a été supprimé des 100 premiers résultats pour le terme « UAW » (le syndicat de l'automobile), l'abréviation de United Auto Workers. Plus de 125 termes de recherche, comprenant le mot « grève », ont également perdu le WSWS parmi leurs 100 premiers résultats.

Un élément majeur de la couverture du WSWS concerne les problèmes sociaux, en particulier les inégalités sociales, que le WSWS a identifiées comme une tendance majeure aux États-Unis et au plan international dès 1998. En particulier, les termes « inégalités sociales dans le monde », « pauvreté et inégalité social » et « articles d'inégalités mondiales », qui ont précédemment donné des résultats dans les cinq premiers, maintenant ne renvoient donc aucun résultat dans les 100 premiers. Le terme « Flint Michigan », qui avait amené la deuxième fréquentation la plus élevée au WSWS parmi tous les mots-clés a de même connu la suppression des articles du WSWS de ses 100 premières entrées.

Enfin, il y a l'expansion de la guerre. Sur les 30 000 termes de recherche dans lesquels le WSWS est apparu dans les 100 premiers résultats en avril, plus de 1100 ont mentionné le terme « guerre ». Parmi ceux-ci, plus de la moitié, soit 761, ont été supprimés des 10 premières pages de résultats.

En avril, les termes de recherche suivants auraient aboutis à un article du WSWS parmi les cinq premières entrées : « guerre nucléaire avec la Chine (1 ) », « les États-Unis vont-ils en guerre contre l'Iran (1) », « scénario de guerre Chine États-Unis », (3 ) « guerre nucléaire avec la Chine (4 ) » et « Qu'est-ce qui se passerait si une guerre nucléaire a lieu (5 ) » [toujours en anglais]. Tous ces termes ont été bloqués.

Parmi les autres termes notables dans les 10 premiers résultats, il y aurait eu « la Russie commencera-t-elle une guerre nucléaire (6 ) », « la guerre contre la Russie (8 ) » et « la menace de guerre nucléaire (9 ) », qui tous ont été bloqués des 100 premiers résultats.

L'entreprise Google fait valoir qu'elle cherche à mettre en œuvre des modifications de son moteur de recherche afin « d'améliorer » l'expérience des utilisateurs.

Mais il est évident que les utilisateurs qui recherchent le mot « socialisme » ou « socialiste » et « Révolution russe » recherchent des sites web socialistes et une perspective socialiste !

L'argument de Google selon lequel il s'agit de signaler un contenu qui n'est « pas celui que les gens recherchent » est une fraude absurde et cynique. Les articles du WSWS sont directement pertinents pour chaque terme de recherche référencé dans cet article.

Google bloque le contenu du WSWS précisément parce qu'il est « ce que les gens cherchent » et ce que Google, en collaborant avec les plus hauts niveaux du renseignement de l'appareil d'État, ne veut pas qu'ils trouvent.

Par Andre Damon | 4 août 2017

Source: wsws.org

arretsurinfo.ch

 commentaire