13/07/2017 9 min lesmoutonsenrages.fr migrants réfugiés #131201

Migrants : Que propose le gouvernement ?

Soyons lucides, d'un côté on veut éviter les « appels d'air », et de l'autre on veut construire des logements, mettre de l'argent dans l'intégration, réduire le délais d'attente à 6 mois pour l'obtention du droit d'asile. Les déboutés feront l'objet d'une « mesure d'éloignement », en clair, ils seront expulsés du territoire. Comme on sait que ceux qui n'obtiennent pas l'asile, restent et survivent comme ils peuvent.... C'est pas un appel d'air, c'est au contraire, une pompe aspirante.
Monsieur le 1er ministre devrait proposer d'arrêter les conflits, pour que ces gens puissent rester chez eux et vivre en paix. C'est un sacré problème qui n'est pas près d'être solutionné. Dans un pays en faillite, où les français les plus aisés s'expatrient, où les entreprises ferment ou délocalisent, où le chômage explose, où des familles attendent un logement depuis des années, où les SDF sont « oubliés », où la fiscalité est en passe d'être insoutenable, ça ne peut pas être bien accueilli par la population. Ce gouvernement ne peut pas ignorer les tensions qui existent, même s'il veut les dissimuler.

Un total de 12 500 places d'hébergement pour les demandeurs d'asile et les réfugiés vont être créées d'ici à 2019, a indiqué mercredi le Premier ministre, tout en précisant que les déboutés feraient « systématiquement » l'objet d'une mesure de reconduite. Un délégué interministériel, placé sous la houlette du ministre de l'Intérieur, sera également nommé, a précisé Édouard Philippe, sans toutefois donner de date.

Ces mesures, annoncées à l'issue du Conseil des ministres, s'accompagneront d'un projet de loi « en septembre 2017 », dans la foulée de ce «plan d'action pour garantir le droit d'asile et mieux maîtriser les flux migratoires », selon le texte de présentation du plan. Au total, « 4 000 places seront créées en 2018 » pour les demandeurs d'asile « et 3 500 en 2019 » et, par ailleurs, « 5 000 places » seront créées sur la même période pour aider les réfugiés à accéder au logement, a précisé le Premier ministre.

« Nous ne sommes pas à la hauteur de ce que doit être la France » dans la façon « dont nous mettons en place des moyens pour accueillir les demandeurs d'asile et ceux qui ayant obtenu l'asile deviennent des réfugiés », a indiqué Édouard Philippe. L'objectif est donc « de réduire considérablement les délais de procédure de demande », qui doivent être ramenés à six mois contre quatorze en 2016, comme l'avait annoncé Emmanuel Macron.

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Cela suppose de compresser les délais d'enregistrement, de convocation, etc., mais aussi de « réformer les plateformes de premier accueil et les guichets » en préfecture où commence la procédure, a indiqué le Premier ministre, qui a aussi évoqué « une augmentation des moyens » des différentes structures et l'instauration de « missions déconcentrées » pour l'Ofpra, Office français de protection des réfugiés et apatrides.

« Refonder la politique d'intégration »

Pour « refonder la politique d'intégration » afin de « garantir l'égalité des chances des réfugiés », il a promis de mettre l'accent sur la formation et de « doubler progressivement » les quotas d'heures de français (200 actuellement) proposées aux réfugiés. « Un conseil interministériel sur l'intégration se réunira d'ici à fin 2017 », a-t-il annoncé.

Mais « nous devons faire en sorte que les migrants économiques comprennent qu'il ne sera pas possible d'accueillir la totalité des migrants économiques dans notre pays », a-t-il ajouté. C'est pourquoi les personnes déboutées feront « systématiquement l'objet d'une mesure d'éloignement » dès le rejet de leur demande d'asile, a précisé le chef du gouvernement, en annonçant vouloir « redéfinir le cadre juridique de la rétention ».

« Moins de 25 000 personnes ont quitté le territoire »

En 2016, « moins de 25 000 personnes ont quitté le territoire » sur 31 000 obligations prononcées. « Nous devons améliorer ces chiffres qui ne sont pas satisfaisants », a-t-il martelé. En ce qui concerne les migrants qui ont laissé leurs empreintes dans un autre pays européen, censément compétent pour traiter leur demande d'asile, « 10 pôles seront institués » en préfecture, a-t-il indiqué.

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Lyon: Les mesures annoncées pour le «Plan migrants» sont-elles suffisantes?

Un équilibre entre l'accueil des réfugiés et la fermeté migratoire. Voilà les ambitions affichées du « Plan migrants », qui a été dévoilé par le gouvernement ce mercredi. Première annonce : 12.500 places d'hébergements pour les demandeurs d'asile doivent être créées d'ici à 2019. A commencer par 4.000 dès l'année prochaine.

« Nous ne sommes pas à la hauteur de ce que doit être la France » dans la façon « dont nous mettons en place des moyens pour accueillir les demandeurs d'asile et des réfugiés », indique Edouard Philippe, le Premier ministre.

Y a-t-il assez de places prévues ? Pour l'association Forum Réfugiés qui « salue les efforts » entrepris, ce nombre reste néanmoins en deçà de ce qu'il faudrait réellement. « Aujourd'hui, on estime à 100.000 le nombre de personnes qui ont déposé une demande d'asile en France. On a 55.000 places d'hébergement », relève Jean-François Ploquin, directeur de l'association. Et d'ajouter : « Ce sont de bonnes mesures, il ne s'agit pas d'hébergement au rabais mais chacun sait que ces nouvelles places ne seront pas suffisantes ».

Autre point souligné par l'association qui plaide pour un système d'asile qui s'inscrive dans la durée : l'optimisation de l'utilisation du parc d'hébergement. Éviter par exemple que seulement 5 % des places soient vacantes ou que 10 % d'entre elles ne soient occupées par des personnes qui n'ont pas à en bénéficier.

Que faut-il changer ? « Il faut arrêter de tout penser depuis Paris », répond Jean-François Ploquin. Et de poursuivre : « A Lyon, il y a actuellement 3.000 demandeurs d'asile dont 800 pour lesquels il n'y a pas de solution d'hébergement faute de places disponibles ou suffisantes. 3.000, c'est autant de gens qui se trouvaient porte de la Chapelle. On ne peut pas faire comme si cela n'existait pas. On ne peut pas raisonner en en pensant qu'à Paris et en considérant qu'il y a un désert ailleurs en France ».

Quelles autres solutions ? Selon Forum Réfugiés, la création de centres d'accueil sur l'ensemble du territoire permettrait de répondre efficacement à la question migratoire. « Quand les demandeurs d'asile ou réfugiés arrivent en France, ils vont sur Paris avant qu'on leur indique de se rendre ensuite à Mulhouse ou Lyon. On a fini par créer une pompe aspirante à Paris. Il est absolument nécessaire de déconcentrer le système de Paris », note Jean-François Ploquin.

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Y a-t-il davantage de réfugiés qui viennent en France ? Assurément oui. « C'est cyclique, on observe toujours des périodes de forte augmentation et d'autres plus creuses. Depuis 2007-2008, on avait déjà enregistré une forte augmentation du nombre de demandes d'asiles. L'augmentation était progressive mais là, avec les crises malienne est syrienne, les demandes explosent », affirme Jean-François Ploquin.

7.000 demandes (dont 1.400 pour des mineurs) ont été formulées en France pour le seul mois de mai. Et 35.000 lors des quatre premiers mois de l'année. Des chiffres comparables au dernier pic migratoire, enregistré au début des années 2000. « L'Afghanistan et la Syrie ont aujourd'hui les plus gros contingents de réfugiés, complète Jean-François Ploquin. Tant que les grands conflits ne cesseront pas, on restera sur les mêmes volumes ».

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