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Les cause du stress et la débilité mentale

Les gens profitent de leur vacances pour se "vider la tête". "Profiter de" signifie que "se vider la tête de toutes les conneries qui s'y sont accumulées" n'est pas le but reconnu des vacances, qui en principe, servent juste à laisser un peu de temps libre pour vivre humainement.

A la limite elles sont parfois cyniquement définies comme servant à "se remettre en forme pour mieux travailler ensuite", mais sans jamais admettre les causes de ce mal-être.

Si il n'y a aucun mal-être, les vacances sont vécues comme pénibles, et objectivement sont contre-productives puisque ça casse un rythme physiologique longuement acquit, et long à acquérir. En général on est bien plus fatigué et lent du bulbe, en revenant de vacances, surtout quand il faut se remettre en tête une grande somme de procédures et de connaissances.

"Se vider la tête signifie" pourrait être défini bien plus précisément. Il est question d'amnésier des choses désagréables et injustes qu'on subit en permanence, et finalement l'effet obtenu consiste à se dégager plus de temps pour réfléchir aux choses et savoir les aborder avec plus de recul.

Mais il n'est pas de guérison plus intense et valable que celle qui consiste à résoudre, accomplir, finaliser, toutes les activités qui ont été lancées ici et là. En réalité, peuvent s'accumuler une grande quantité de choses qu'on s'était promises de faire, ou qu'on sait devoir faire (ne serait-ce que le ménage, mais aussi les bonnes résolutions, les idées de projet, des réflexions qui ont été interrompues, etc...).

Il faut se dire que (tout fonctionne par cycles) chaque fois qu'on commence quelque chose, ou qu'on a des devoirs à remplir, ou qu'on s'est trouvé arrêté dans ce qu'on faisait par d'autres tâches à accomplir, (qui en entraînent encore d'autres), le subconscient lui, ne sait pas se résoudre aux promesses non tenues. Il continue de les attendre.

Et ce sont ces actes non-finis qui s'accumulent dans la conscience, au point de l'encrasser, et de nuire à son fonctionnement, un peu comme si chaque tâche devait passer en revue toutes les tâches non finies. (Un peu comme si votre logiciel devenait de plus en plus lourd pour le processeur).

Ce qui distingue clairement la clarté d'esprit des gens qui semblent intelligents c'est la facilité avec laquelle ils arrivent à des conclusions simples et évidentes. Là où une personne confuse ne fera que de se perdre en conjectures. (Là où les gens comme moi avec un esprit logique - 6% de la population - testent toutes les possibilités).

Et ceci est le résultat d'une discipline qui consiste à toujours tout terminer ce qui est en cours, à ne rien remettre au lendemain, et encore moins à se lancer dans des actions qui ne pourront pas se faire.
Quand c'est le cas, dans l'ordre du loisir, de la passion ou de la recherche, les gens raisonnables aiment bien avoir une bonne chose bien irrésolue à l'esprit, mais tout en gardant un contrôle sur l'évolution vers la résolution.

Mais il faut bien admettre que quand on en a le temps, un temps qu'il suffit de se donner, on peut voir resurgir un grand nombre de tâches irrésolues. Et quand on s'en occupe, on peut sentir le même effet que celui procuré par la méditation, une croissance significative de la clarté de son esprit.

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Quand on recherche un travail, c'est éprouvant parce ça constitue à chaque entretien échoué une grande somme de choses qu'on s'était imaginées, qui n'auront jamais lieu. Le plus fréquent est que les gens qui n'ont pas d'emploi se trouvent dans une condition de stress au moins aussi intense que s'ils avaient un travail très difficile.

En face de cela, je vais m'en prendre aux recruteurs qui sont l'expression la plus aboutie de la débilité mentale. Je ne sais pas, on se dit qu'on affaire à des gens tellement plongés dans leur quotidien ridicule qu'ils en oublie toute humanité. Le recrutement fait appel à un dialogue standardisé (strictement et irrationnellement) qui s'articule autour de plusieurs phases, allant de la mise en confiance à la mise en difficulté, genre pour voir si le gars tient le choc.

Je ne vais pas m'étendre trop sur le sujet, sauf pour tracer une courbe de progression absolument nulle entre les méthodes d'embauche d'il y a cent ans, celles d'il y a vingt ans seulement et celles d'aujourd'hui. Il y a vingt ans, s'utilisait encore la "graphologie", l'art de dire à un candidat "vous avez toutes les qualités requises à part que votre écriture montre 'clairement' que vous avez un problème".
Cent ans avant on utilisait la "phrénologie" (et j'ai eu du mal à retrouver ces deux mots sur duckduckgo) qui consiste à dire à un ingénieur diplômé des ponts et chaussées : "vous n'avez pas la bosse des maths, je vois pas du tout comment vous pourriez être ingénieur".

Eh bien croyez-le, (c'est facile à croire) rien n'a évolué depuis ces époques préhistoriques.
Lassées et empêtrées dans les mauvaises manies acquises par le fait de ne plus savoir comment trier une abondance infernale de candidats, et voulant rester à l'abri des critiques constructives qui remettrait en cause l'une ou l'autre de ces pseudo-science, les entreprises ont prit l'habitude d'utiliser des hubs et des proxies, à travers des prestataires spécialisés qui eux-mêmes font appel à des prestataires en ressources humaines.

Au final on se retrouve à discuter avec un absolument parfait ignorant, qui se croit d'office largement supérieur à vous, et qui vous explique comme ça marche, la vie. Est-il franchement raisonnable, pour embaucher un ingénieur, de lui fait passer un test de "culture générale" (officielle) ? Le problème des tests est qu'ils ne jugent que des choses faciles à savoir et à mémoriser, qu'on nous reproche de ne pas connaître, mais ils sont incapables d'évaluer les choses qui prennent le plus de temps à acquérir, telle que l'expertise, la connaissance des pièges, l'intuition, la vocation, l'habileté, ou encore moins le fait d'aimer son travail.

D'office, dans cette société de l'arnaque (où ce sont les commerçants qui sont des arnaqueurs) on suppose que tout candidat ment sur son CV, et qu'il joue sur les apparences pour duper son monde et s'offrir un salaire, même si c'est que pour un mois. Cela, est le prisme de base à travers lequel on voit les candidats.

Sans cesse (et c'était juste pour dire ça) le débile-RH ne réussi rien d'autre que de déceler un défaut qui est parfaitement inexistant, et à complètement passer à côté des qualités qui sont très solidement réelles. Au final, il ne s'appuie que le plus gros défaut imaginaire - et attendu - détecté pour juger l'ensemble de la candidature.

Et au final, obtenir un travail, c'est comme passer un casting de présentateur télé, où il faut complètement jouer la comédie et ne rien laisser transparaitre de la vérité, à part seulement les manies ridicules qui sont attendues et qui servent de repères psychologique à des gens qui ont tout de débiles mentaux. C'est à dire (si vous avez suivi) se mettre dans la peau du parfait arnaqueur (qu'on soupçonne par avance en vous).

Savoir se confronter à l'aberration, sans jamais la froisser quand elle dit une énormité, ne rien lui apprendre de neuf (ce serait comme de la violence), la conforter dans son illusion et sa crétinerie, c'est exactement ce que le système capitaliste demande des gens. Si vous passez le test, peu importe votre formation ou votre expérience, le Système vous offrira tout ce que vous voulez. (Vous pourrez même devenir président de la république).

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Bon, voilà, ça, c'est fait.
une mini-roulée pour faire passer ça, en se disant que voilà bien une autre créature de la société capitaliste, qui consiste en une sommation crispante de perdre du temps.