Socfin continue de piétiner les droits des communautés locales

14/06/2017 4 min cadtm.org #130075

Luxembourg, 31 mai 2017 - Pour la troisième année consécutive, des citoyens et des militants de diverses associations belges, françaises et luxembourgeoises ont mené une action publique lors de l'Assemblée générale des actionnaires du groupe agro-industriel SOCFIN. L'action publique a mis en scène le piétinement des droits des communautés locales par l'entreprise et les stratégies d'intimidation des journalistes et défenseurs des communautés.

SOCFIN késako ?

SOCFIN est un groupe agro-industriel multinational spécialisé dans la culture de palmiers à huile et d'hévéa (caoutchouc). SOCFIN est contrôlée par l'homme d'affaire belge Hubert Fabri (54,2% des parts) et par le français Vincent Bolloré (39% des parts). Depuis plusieurs années, SOCFIN poursuit l'expansion de ses plantations dans plusieurs pays d'Afrique et d'Asie. Au total, SOCFIN contrôle plus de 400.000 ha de terres (soit plus de 154% du territoire du Luxembourg où elle tient son Assemblée générale) et ses plantations sont passées de 129.658 ha à 186.767ha ha entre 2009 et 2016, soit une augmentation de plus de 40 %.

Les droits des communautés piétinés

Les accaparements de terre de SOCFIN s'effectuent au détriment des petits paysans et s'accompagnent de violations des droits des communautés locales, de conflits fonciers, de risques de déforestation, de pollutions, de pauvres conditions de travail, etc. Ces impacts ont été largement documentés dans de nombreux rapports d'ONG et de journalistes.

Alliance internationale des communautés

Face aux abus de l'entreprise, les communautés locales se sont organisées au niveau national et international. Dès 2013, une « Alliance internationale des riverains des plantations SOCFIN/Bolloré » a été mise sur pied. A plusieurs reprises l'Alliance a fait valoir les droits des communautés et a présenté ses revendications au groupe SOCFIN/Bolloré en vue d'une résolution pacifique des conflits, sans réel succès à ce jour. Loin d'accepter un dialogue constructif, les dirigeants de SOCFIN se contentent de déclarer que « la référence à de tels conflits sociaux relève du fantasme » et refusent de rencontrer les représentants des communautés, comme ce fut encore le cas lors de la visite d'un représentant de l'Alliance internationale à Bruxelles et Paris en mars 2017. Localement, les mobilisations non-violentes répétées des riverains ont permis d'arracher l'ouverture du dialogue dans quelques pays. Mais les progrès sont très lents et les avancées concrètes insignifiantes pour les paysans touchés, malgré la nouvelle « politique de gestion responsable » adoptée par le groupe en 2016.

Mobilisation citoyenne en Europe et revendications

Les citoyens et les associations sont venus une nouvelle fois manifester leur solidarité avec les luttes des communautés locales en rappelant :
aux dirigeants et actionnaires du groupe : l'urgence de résoudre les conflits sur le terrain ;
aux Etats (tant les Etats où SOCFIN gère ses activités que les Etats où se situent les plantations) : leur obligation d'encadrer les activités de l'entreprise et de protéger les droits des communautés ;
aux clients et partenaires financiers de l'entreprise : leur responsabilité de mettre fin aux abus de SOCFIN et de revoir leurs relations commerciales avec le groupe.

Signataires :
Mouvement d'Action Paysanne (MAP)
ReAct
CNCD-11.11.11
FIAN Belgium
SOS Faim
Entraide et Fraternité
AEFJN
FairFin
SCI
Oxfam-Solidarité
CADTM

Contact presse :
France : Bastien Roland, +33 7 63 07 89 75
Belgique et Luxembourg : Manuel Eggen, +32 478 93 37 47

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