Discours de présentation du Parti animaliste

13/06/2017 7 min facebook.com #130046

Bonjour à toutes et à tous,

Aujourd'hui nous sommes réunis pour le lancement officiel du Parti animaliste.

Tout d'abord, qu'est-ce qu'un parti animaliste ?

Il s'agit d'un parti politique qui reconnaît une place centrale à la question animale.

Alors, pourquoi un parti animaliste en France ?

En France, le sort réservé aux animaux ne peut se résoudre seulement sur le plan individuel mais doit se résoudre sur le plan sociétal.

A cet égard, le travail extraordinaire et essentiel fait au quotidien par les associations et les militants doit pouvoir être transcrit dans des dispositions législatives et réglementaires.
Or, si les associations œuvrent activement à cet égard, elles se heurtent trop souvent à l'indifférence des décideurs politiques.

Cependant, cette évolution du droit qui tend à améliorer la protection des animaux, ne peut être mise en œuvre que par l'intermédiaire de ces mêmes décideurs politiques.

Face à cette réalité, une idée s'est donc imposée : politiser la question animale.

Le Parti animaliste est donc né de ce postulat et de cette nécessité.

Il a fait le choix d'une approche "single issue" c'est-à-dire monothématique : il ne se positionnera donc que sur des thématiques en lien, direct ou indirect, avec la question animale.

Pourquoi ce choix ?

Pour visibiliser la question animale afin qu'elle ne soit plus diluée dans d'autres thématiques, voire trop souvent complètement effacée.

Ainsi, chaque voix qui sera donnée au Parti animaliste, le sera sans aucune ambiguïté, dans l'objectif de faire avancer la protection animale.

Cela permettra ainsi d'identifier un électorat pour lequel il apparaît impérieux de ne plus reporter la prise en compte des intérêts des animaux.

Si le Parti animaliste est bien conscient de la difficulté, en l'état actuel du système électoral français, d'obtenir à très court terme des élus, il entend pour autant convaincre les autres partis politiques que la question animale devient un véritable enjeu politique et qu'il leur appartient également de s'en emparer et d'agir.

Le but recherché est donc de faire avancer la question animale en politique, à la fois directement et indirectement.

Le succès de plusieurs partis animalistes européens, qui nous font l'honneur d'être aujourd'hui présents à nos côtés, témoigne sans conteste de l'importance accordée par les citoyens à la question animale.

Pour un nombre croissant de personnes, il n'est plus acceptable d'infliger aux animaux le traitement qu'ils subissent aujourd'hui.

Le fort retentissement des scandales révélés par les associations en attestent.

Ils ne sont pourtant que le reflet du traitement que nous infligeons quotidiennement aux animaux. Logiquement, l'enquête Eurobaromètre 2016 montre que 88% des Français estiment que "le bien-être des animaux d'élevage en France devrait être mieux protégé qu'il ne l'est actuellement".

Cette préoccupation traverse la société dans son ensemble et touche des personnes de toutes sensibilités, de toutes catégories sociales, de toutes origines, des ruraux comme des urbains, des jeunes comme des personnes plus âgées.

Les connaissances scientifiques livrées par l'éthologie confortent plus encore la nécessité d'un tel changement. Elles révèlent à la fois la sensibilité des animaux, leur intelligence, leurs aptitudes et leurs capacités jusque-là insoupçonnées, bousculant sans cesse la frontière toujours plus fragile que l'homme a posée pour se séparer de l'animal et justifier l'atrocité du sort qui lui est réservé. Si auparavant nous pouvions nous abriter derrière l'absence de connaissances ou d'information pour dénier la réalité, aujourd'hui, grâce au précieux travail des associations, nous ne pouvons plus refuser de la voir. Les considérations éthiques et de justice que prétend porter notre société ne peuvent en effet s'exonérer plus longtemps de la question du sort réservé aux animaux.

Elles imposent en outre de modifier notre modèle alimentaire sans issue, puisque l'élevage accapare 2/3 des terres agricoles dans le monde pour un rendement dit de 1/7 en moyenne, c'est-à-dire qu'il faut 7 kg de protéines végétales pour produire 1 kg de protéines animales.
Ce gaspillage considérable de ressources est-il acceptable alors que, parallèlement, 800 millions de personnes souffrent de malnutrition dans le monde ?

Par ailleurs, les considérations écologiques imposent de remettre en cause notre modèle alimentaire, puisque l'élevage est responsable d'au minimum 14,5% des émissions de gaz à effet de serre, et des changements climatiques qui en résultent.

Dans le même sens, alors que l'ensemble des acteurs publics et l'opinion s'accordent à condamner une violence endémique de la société, les liens entre les violences faites aux animaux et celles faites aux humains, très largement documentés, ne peuvent d'avantage continuer d'être passés sous silence.

On le voit donc, la question animale est au carrefour des valeurs de justice, de sûreté et de paix, valeurs fondamentales de nos démocraties.

D'ailleurs, Victor Hugo, Émile Zola, Voltaire, Alphonse de Lamartine, Marguerite Yourcenar, Claude Lévi-Strauss ou Théodore Monod avaient déjà bien compris les enjeux de la question animale.
Ainsi, Victor Hugo était Président d'honneur de la Ligue populaire contre la vivisection et a eu un rôle décisif dans l'adoption en 1850 de la loi Grammont, 1ère loi française de protection animale.
Gandhi disait quant à lui dans l'une de ses célèbres citations : « On reconnaît la grandeur d'une Nation à la façon dont elle traite les animaux ».

Refuser de prendre en considération la question animale dans le champ politique c'est prendre le risque de mettre en péril la Nation, et tout le système de valeurs qui la sous-tend, au premier rang desquelles la justice.

Face à cet enjeu, le Parti animaliste fait le choix de contribuer à porter dans le champ politique la question animale, et il entend prouver que l'avancée de cette question sera salutaire pour les animaux, mais également pour les humains.

Ainsi, il présentera des candidats aux prochaines élections législatives en s'appuyant sur le programme qu'il a d'ores et déjà rédigé.

Au titre des mesures phares, seront notamment portées par le Parti animaliste :

Adosser à la Constitution française une Charte de la protection animale reconnaissant le caractère d'êtres sensibles des animaux, leurs intérêts inhérents à cette qualité, et les responsabilités qu'ont l'Etat et les citoyens à leur égard, et en faire ainsi une valeur fondamentale de notre État de droit.
Créer un Ministère de la Protection animale afin de sortir la protection animale du Ministère de l'Agriculture, et de mettre fin au conflit d'intérêts qui lui est consubstantiel.
Abolir la corrida, les combats de coqs et la chasse de loisir.
Interdire les mutilations pratiquées en élevage (épointage du bec, castration, amputation de la queue, écornage...).
Instaurer un moratoire sur les élevages en cages et une interdiction totale sous 10 ans.
Fixer un objectif national de réduction de la consommation des produits d'origine animale (viande, poisson, œufs, lait) de 25% en 2025 par rapport à 2015.

Le Parti animaliste s'entourera d'experts pour permettre une évolution de son programme en adéquation avec les avancées scientifiques, notamment en matière d'éthologie.

Par ailleurs, s'il est indépendant des associations, le Parti animaliste partage avec elles le souhait de vouloir améliorer le sort réservé aux animaux, et pourra ainsi être l'un des relais de leurs propositions en ce sens.

Il inscrit en outre son action dans le mouvement international initié dans d'autres pays au premier rang desquels les Pays-Bas, l'Allemagne, l'Angleterre, l'Espagne, le Portugal, l'Australie, et il est animé par la ferme volonté de donner aux valeurs de Justice, de Compassion et de Liberté une traduction concrète et non arbitraire.

Ces valeurs peuvent, fort heureusement, vaincre et convaincre.

Nos partenaires européens en sont les symboles d'aujourd'hui, le Parti animaliste en sera, espérons-le, le symbole demain !

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