01/12/2007 4 min #12953

La portée de l'amende

L'usage qui consiste à « donner une amende » en tant que punition est le point de départ de la perte de moralité du système humain fondé sur le but lucratif.
Ah oui. Ah bon. En effet sur le plan moral rien n'indique qu'une réparation doive systématiquement avoir une forme pécuniaire, si cela n'est pas fonctionnel, c'est à dire pour rembourser une aile cassée ou mieux, une économie brisée par des facteurs polluants.

C'est parfaitement injuste par exemple si on grille un feu-rouge de devoir payer une amende.
Eh si c'est un philosophe qui le dit. Pour ces raisons que, d'une part la force de l'amende est relative au salaire du fautif, ce qui rend la force plus grande pour les pauvre et plus faible pour les riches.

Si les pauvres ont peur de penser qu'il est injuste d'avoir à payer, ne peut-on voir que pour les rihes, payer est un plaisir ?
Si une amende représente un tantième de la recette quotidienne, qu'est-ce qui empêche alors el riche de s'autoriser tout ce qu'il veut ?

Alors les bien pensant qui voudraient forcer les autres à le rester, répondent aussitôt que la morale ne saurait être franchie aussi facilement surtout dans un milieu de riches, c'est à dire de gens à la fois plus honnêtes, plus travailleurs, et plus intelligents que la moyenne. Ils diront que leur intelligence prouvée par leur richesse suppose, bien évidemment, que la morale ne soit pas franchie.
Ils diront que seuls les pauvres, qui sont bêtes, n'arrivent pas à être assez intelligents pour savoir ce qui est moral ou pas.

Nan il fallait le dire quand même. Mais là où ça se sédimente, c'est quand, ceci étant acquit, on invente des amendes écologiques pour les pollueurs. Ainsi quand Borloo va au pôle nord, on lui dit « hé mais tu as tout pollué avec ton avion t'est con ça servait à rien ! » lui répond, non sans fierté, que la loi impose même une amende dans ces cas-là, dont il s'est acquitté. Enfin pas avec son argent personnel quand même.

C'est à dire que de nos jours il est question d'institutionnaliser les infractions légales en mettant bien en avant la satisfaction de n'avoir eu à peyer qu'une simple amende pour le dédommagement.
Et même pas avec leur argent.

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Si on revient à la base de la procédure, c'est de la réflexologie primaire, celui qui se fat pincer est très contrarié par l'amende et ainsi conditionne ses réflexes pour ne pas reproduire la même faute, en se disant « la prochaine fois je ferai attention ».

Mais la bonne procédure est presque la même mais totalement différente, il faut en effet envisager la question sur ce terme cyclique de « la prochaine fois », mais pas du tout de cette manière.
Quand une faute est commise, c'est de façon générique que « toutes les prochaines fois » doivent être anticipées. Il doit être question de réfléchir aux causes et aux moyens qui auraient dû être à l'oeuvre pour l'éviter ; afin que cette occasion, au lieu de servir les intérêts des caisses de l'état, serve les intérêts de la société dans son organisation.
Il ne doit pas s'agir d'éduquer les uns et les autres mais de découvrir les règles qui permettent les meilleurs résultats.
Et encore une fois c'est pareillement égal si l'amende est publique, si le dédommagement est fait à partir des caisses de l'état et non des individus. Il devrait en être ainsi pour tous et chacun, de sorte qu'une amende ait toujours la même signification pour tous, sans distinction.

Car si demain on invente par effet de surprise une société où le niveau de vie moyen est garanti par son fonctionnement conventionnel, alors le principe de l'amende se verra franchement contradictoire avec les préceptes initiaux de droit à la vie.
Pourtant on se demande encore, quand une faute est commise, quel dédommagement demander ?
Quand une personne est tuée par inadvertance dans un malencontreux accident, quelle volonté pousse les proches des victimes à absolument vouloir obtenir réparation ».
Il est clair que bien souvent, la réparation est obtenue en grande partie quand on a entendu le témoignage sincère du ou des coupable. Que la partie financière n'est que culturelle, et que ceci devra être décrassé avant de pouvoir basculer vers une société plus juste.

Si les coupables s'en sortent indemnes, si on ne les même met même plus en prison, mais aux labeurs les plus repoussantes par exemple, avec une obligation de s'instruire et de se rééduquer, seul le sentiment que tout aura été fait pour éviter le prochain crime, à la fois de la part du coupable et à la fois de la part de n'importe qui d'autre plus ou moins dans une position semblable, devra l'emporter sur l'appât du gain occasionné par un drame.

Quand la société capitaliste a inventé l'amende capitaliste, elle a engendré sans faire exprès le business de l'illégalité, et derechef sans faire exprès, elle a empêché les crimes commis de servir positivement à l'ensemble de la société, les faisant se répandre comme un virus.

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