Les limites du système électoral - La dictature des valeurs arbitraires

170425 7 min  démocratie dictature médiatique innovation Système
C'est à son degrés de liberté qu'on évalue l'avancement d'une civilisation.

On le voit avec ces élections, on a quatre candidats avec environ 20% de suffrages qui se démarquent, et les autres qui ne servent à rien. Du moins on peut dire que leur espoir de signifier quelque chose qui puisse avoir une incidence, uniquement en signalant leur existence, est illusoire.

Le problème c'est que seulement deux partis ont le droit d'aller au second tour, et les deux autres, tout aussi significatifs, sont condamnés à l'oubli, et à un relatif mépris.

De toutes manières parmi les 50% et plus qui voteront pour l'un ou pire, pour l'autre, on sait déjà qu'il y a 5 encore 50% qui votent sans liberté !

Au final cette élection n'est rien d'autre qu'une marche funèbre "En marche" forcée vers l'apocalypse, tête baissée, de toutes façons on n'a pas le choix alors signons la décharge de responsabilité démocratique.

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Pourquoi ne pas changer une toute petite chose ?

Mais qui a décidé que seuls DEUX candidats devraient être au second tour, si leur majorité de plus de cinquante pourcent des électeurs n'est signifiante que pour les amoureux des chiffres ronds ?

Donc on pourrait très bien faire re-combattre les 4 coqs ayant reçu un suffrage relativement comparable. Pour cela, bienvenue dans l'ère de l'algorithme.

On pourra dire que les candidats ayant plus de 50% des suffrages moyens par candidat serait éligible pour le second tour. On compte, 47 millions d'électeur et 11 candidats font 4.27 millions de voies moyennes par candidat.

Premier tour des présidentielles 2017

CandidatParti%voix
Emmanuel MACRONEN MARCHE !24,01%8 657 326
Marine LE PENFRONT NATIONAL21,3%7 679 493
François FILLONLES RÉPUBLICAINS20,01%7 213 797
Jean-Luc MÉLENCHONLA FRANCE INSOUMISE19,58%7 060 885
Benoît HAMONPARTI SOCIALISTE6,36%2 291 565
Nicolas DUPONT-AIGNANDEBOUT LA FRANCE4,7%1 695 186
Jean LASSALLERÉSISTONS1,21%435 364
Philippe POUTOUNOUVEAU PARTI ANTICAPITALISTE1,09%394 582
François ASSELINEAUUNION POPULAIRE RÉPUBLICAINE0,92%332 588
Nathalie ARTHAUDLUTTE OUVRIÈRE0,64%232 428
Jacques CHEMINADESOLIDARITÉ ET PROGRÈS0,18%65 598

Ce qui porterait ces quatre candidats au deuxième tour, et on pourrait se contenter de dire que celui ayant reçu le plus de suffrages aura gagné, grâce au jeu des reports.

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Se débattre avec des règles du jeu impensées

D'ailleurs on voit comme Hamon a finalement handicapé Mélenchon, c'est donc injuste qu'aucun des candidats proches ne soient présents au second tour, alors que des candidats seuls dans leur politique l'emportent.

La règle du jeu oblige de facto les partis à s'organiser, ce qui d'ailleurs devrait normalement les renforcer, en promettant deux ou trois candidats au gouvernements d'un seul parti politique, plutôt que aucun.

C'est une règle du jeu qui permet de mesurer le niveau d'avancement social, et la capacité des gens à s'organiser de façon rationnelle. Et comme ça n'a pas été le cas, la sanction est fatale !

On se retrouve avec un parti fasciste au second tour, qui ne se fonde que sur la peur irrationnelle des gens incultes, et leurs traumatismes sans cesse réactivés par des médias anxiogènes et partiaux, qui agissent sciemment afin de maintenir un niveau contrôlé de nervosité utilisable à tout moment.

La stratégie de l'épouvantail pour consolider la victoire (du plus promu par la presse) est très minutieusement paramétrée par ces médias subventionnés avec l'argent des impôts.

Mais ce qui est intéressant, c'est comment, une fois arrivés à ces paroxysmes de nullité intellectuelle, ne pas en arriver à remettre en cause les règles du jeu, qui sont écrites dans un vieux marbre, et qui n'ont de sacrées que le fait que personne n'ose jamais les remettre en cause ?

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Etre fidèle à la réalité

L'ère de l'algorithme dont je parlais a une signification très particulière.
Il ne s'agit que d'un niveau de complexité supérieur pour affiner les outils qui permettent d'évaluer la réalité.
Car au fond, la réalité devrait soucier plus de gens que les micro-pourcentages de votes qui ont été faits sans aucun degrés de liberté.

Être fidèle à la réalité, est comme le respect de la morale ou la justice (dans leurs acceptions nobles) possède l'utilité de garantir la paix et la prospérité à long terme, d'une manière bien plus précise et équilibrée que n'importe quel volonté propre.

Le principe de l'élection est déjà depuis belle lurette ce que nous appelons aujourd'hui "l'intelligence collective", une manifestation sociale décisionnelle.
Le soin apporté aux outils de mesure de cette volonté populaire (et de la fine intuition qui s'en dégage) est extrêmement cruciale. Et pourtant ça reste confié à des procédures bureaucratiques arbitraires, qui échappent curieusement à toute critique.

Évidemment, la loi, les règles, s'articulent toujours autour de valeurs arbitraires. On dit qu'au-delà d'un certain nombre de récidives, on va en prison ; pas de la gravité de ces récidives. On dit qu'au-delà d'un certain retard de paiement on est sanctionné ; pas de la raison de ces retards. Même le fait de signer des contrats - socle de toute cette civilisation - est considéré comme une promesse noble et pieuse, ayant valeur divine, devant laquelle rien ne saurait se courber ; il n'est pas autorisé d'avoir des accidents.

Je jeux dire que malgré tout ce qu'on pourra obtenir ds bienfaits de l'évolution macro-sociale de l'humanité, ne sera rien d'autre que de nouvelles règlementations et lignes imaginaires arbitraires ; Seulement ces lignes, dans l'avenir, pourront être tracées par un algorithme, capable de prendre en compte tous les paramètres qui constituent une injustice.

Le perfectionnement

Dans le fond, le terme du perfectionnement est celui qui consiste à plonger dans les détails, tripoter des notions très sensibles qui peuvent avoir de graves conséquences, et dont dépend la justice, la paix et la prospérité de la culture humaine.

Ce sont des choses très minuscules qui ont un impact très déterminant à l'échelle historique. Et tant que les hommes n'ont pas les moyens intellectuels ou les épaules pour s'y attaquer, les risques de faire des bêtises hallucinantes restent très élevés.

Et c'est précisément ça que doit être la politique, l'action délicate sur des choses sensibles dont dépendent les impacts les plus importants. C'est un acte de courage, une performance technique, et le fruit d'une rare sagacité. Autant dire, des qualités qu'on ferait mieux d'aller chercher dans l'intelligence collective que dans des individus nés avec une cuillère en argent dans la bouche.

Le vote par jugement majoritaire

D'où l'intérêt de cette dernière innovation en terme de calcul objectif des aspirations populaires qu'est le scrutin par jugement majoritaire. Alors, il y a tout un historique à connaître pour savoir quelles étapes y ont conduit, toutes les erreurs qui ont été faites (pendant que les scrutins électoraux restaient en version 1.0) mais au final cette solution a su balayer des thèses qui arrivaient pourtant à la conclusion qu'il était impossible d'y arriver.

Tiens, un peu de lecture : lechoixcommun.fr
Et : 1nfo.net

En l'occurrence l'élection présidémentielle actuelle est hérétique sur le plan de la morale, car elle est le fruit d'un accablement médiatique constant, et de stratégies orphelines de la raison dévouées au respect de règles arbitraires, autoritaires, et sans aucune efficacité.

En fait, c'est exactement comme le libéralisme et la notion de "valeur" de l'argent. Il suffirait de changer un seul paramètre pour que tout l'édifice du premier perde ses liaisons atomiques et se transforme soudainement en poussière.

Car en face de cela nous avons les moyens techniques d'exercer une vraie gérance populaire, à la fois capable de surpasser la manipulation et la corruption, et à la fois garante d'une légitimité due à la précision des outils d'évaluation des désirs et des besoins.

Il y a bel et bien un intérêt organisationnel et social à la liberté individuelle, mais seulement pourvu qu'elle soit fidèlement mesurée, et que ces outils ne tentent pas de la dénaturer.