16/04/2017 3 min ruptures-presse.fr #127594

Des grands médias occidentaux pris la main dans le sac de la fabrication d'une « Fake news »

« La Russie et la Chine ont pu influencer le vote en faveur du Brexit, affirment des députés britanniques ». Voilà ce que titrait tout récemment le site de la chaîne américaine CNBC. A sa suite, de nombreux grands médias européens ont repris cette « information »... qui se révèle en réalité être une « Fake news » (information bidon).

Nos zélés confrères ne semblent pas avoir bien pris le temps de lire le rapport en question

Sur la base d'un rapport publié par une commission parlementaire de Westminster, ces journaux ont promptement pointé un « piratage ». Sans doute uniquement préoccupés de faire œuvre utile en confirmant la malfaisance de Moscou - et, cette fois, également de Pékin - contre l'Union européenne, nos zélés confrères ne semblent hélas pas avoir bien pris le temps de lire le rapport en question.

Ce dernier fait allusion au problème informatique qui a touché l'ordinateur gouvernemental chargé d'inscrire les électeurs du Royaume-Uni. Le système (informatique, pas le complexe politico-médiatique) est tombé en panne le 7 juin 2016, soit, le dernier jour, pour les retardataires, des inscriptions sur les listes électorales avant le référendum du 23 juin.

A aucun moment cependant, les rédacteurs du rapport n'ont évoqué l'éventualité que ce dysfonctionnement ait pu avoir une influence sur le verdict final, qui donna 52% en faveur de la sortie de l'Union européenne.

En outre, le terme de « piratage » a été inventé par les journalistes qui croyaient sans doute avoir levé un lièvre. Il s'agissait en fait d'un « déni de service » précise le rapport, c'est-à-dire un nombre très élevé de requêtes visant à saturer les serveurs - et non à fausser les informations qu'ils gèrent.

Et, surtout, les auteurs du rapport précisent qu'il n'y a aucun élément permettant de conclure à la responsabilité d'une puissance étrangère - pas plus la Russie, la Chine que les îles Fidji...

Un malheureux malentendu

Bref, un malheureux malentendu dû à une phrase sortie de son contexte par des journalistes pressés de bien faire, mais un peu distraits.

Naturellement rien à voir, en revanche, avec les absolues certitudes martelées par tous les dirigeants occidentaux - à commencer par les gouvernants français - et les médias qui leur sont fidèles concernant l'attaque chimique sur la ville syrienne de Khan Cheikhoun le 4 avril. Là, on vous le dit, on vous le certifie : il ne peut y avoir aucun doute sur les auteurs du forfait.

Car dans ce cas, les grands médias tiennent (exclusivement) leurs informations d'une source sûre et fiable : les services américains.

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