Revenu universel, réforme du RSA... Que proposent les candidats en matière de minima sociaux ?...

21/03/2017 7 min lesmoutonsenrages.fr #126520

Cet article date de février 2017, avant que nous connaissions les candidats sélectionnés. Aussi je ne mettrai que ce que prévoient les nominés. Les autres candidats n'ayant pas été interrogés, on attendra une mise à jour de l'article. Vous pourrez consulter tous les avis en suivant le lien vers la source. La Gazette interroge les fonctionnaires territoriaux sur les questions politiques Merci à X'yd.

La Gazette fait le point sur les propositions des principaux candidats à la présidentielle : qui sont les partisans du revenu universel ? Ceux qui prônent une fusion des minima sociaux ? Ou ceux qui semblent peu intéressés par le sujet ?

Si le revenu universel s'est invité dans la campagne par les propositions de plusieurs candidats aux primaires de droite ou de gauche, la question de la réforme des minima sociaux, plus ancienne devra être traitée par le-la prochain-e président-e de la République, notamment du point de vue du financement. Rien que pour le Revenu de solidarité active (RSA), l'explosion du nombre de bénéficiaires alors que l'Etat compense de moins en moins le montant de l'allocation, a mis les conseils départementaux dans une situation financière très délicate et qui ne peut perdurer indéfiniment.

Les pro-revenu de base

Benoît Hamon (PS)

« Je me base sur des données qui anticipent que 10% des emplois pourraient être menacés par l'automatisation et la robotisation. Le secteur industriel n'est plus le seul menacé, le secteur des services - et pas seulement les métiers les moins qualifiés - l'est aussi », explique Benoît Hamon pour justifier la mise en place d'un revenu de base.

Le vainqueur de la primaire de gauche veut se positionner dans « une société post-croissance » qui refuse la baisse du chômage grâce à la précarisation et la paupérisation d'une partie des salariés.

Dès son élection, le candidat socialiste souhaite automatiser le RSA et mettre en place le revenu universel pour les 18-25 ans, avec un montant de 600 euros. Cette première étape serait suivie, à la fin du quinquennat par la généralisation du dispositif, sous condition de ressources : seuls les plus pauvres toucheraient donc une somme chaque mois. A plus long terme, une véritable généralisation du revenu de base serait mise en place.

Pour décider du montant de ce revenu, du seuil maximum de réception, des prestations à intégrer (allocations familiales, allocations logements...), du versement aux 0-18 ans, Benoît Hamon déclare : « nous ouvrirons en parallèle à la première phase une grande conférence pour penser ce que devra être le revenu universel. Je ne tranche pas dès aujourd'hui ».

Le coût de la mesure - et donc les modalités de son financement - n'a donc été présenté que pour la première étape. Le surcoût est estimé à 45 milliards d'euros par an, financé par un impôt sur le patrimoine, issu de la fusion de la taxe d'habitation et de l'impôt sur la fortune.

Le pro-fusion des minima

François Fillon (LR)

Objectif numéro 1 pour une véritable justice sociale : créer une allocation sociale unique pour une meilleure efficacité des aides, trouve-t-on dans le programme du candidat de droite. Les minima sociaux seront donc fusionnés comme le préconisait en avril 2016 le rapport Sirugue, mais les allocations logement seront aussi incluses. François Fillon veut en effet plafonner le système des aides à « 75 % du Smic », soit 847 euros, pour encourager les allocataires à rechercher un travail.

Le financement de cette nouvelle allocation proviendrait des financements actuels des différents dispositifs.

Ceux qui parlent peu des minima sociaux

Jean-Luc Mélenchon (PG)

S'il parle beaucoup salaires, le candidat du Parti de gauche s'exprime peu sur les minima sociaux. La question n'a pas été choisie par ses partisans pour faire parti des 10 priorités de la campagne, présentées à l'automne 2016.

Son conseiller chargé des questions du travail, Guillaume Etievant, s'est néanmoins positionné contre le revenu universel, « cheval de Troie pour casser notre modèle social ». Le mouvement craint que ce revenu ne serve aux patrons à précariser toujours plus les salariés.

Pour les jeunes de 18 à 25 ans, le candidat de «la France insoumise »veut néanmoins mettre en place une allocation d'autonomie de trois ans, sous réserve d'une formation qualifiante et sous condition de ressources.

Emmanuel Macron (En Marche !)

« Le revenu universel existe déjà. Cela s'appelle le RSA. Si on savait le multiplier par deux, j'ose espérer qu'on l'aurait fait depuis longtemps », a déclaré Emmanuel Macron lors d'un meeting à Lyon le 4 février. Le député PS Richard Ferrand, secrétaire général du mouvement En Marche !, avait déjà expliqué être contre le revenu universel, « extrêmement difficile à chiffrer et qui financerait durablement le chômage de longue durée». Emmanuel Macron se présente en effet comme le défenseur du travail.

L'ancien ministre de l'Economie a ainsi exprimé sa volonté de transformer le RSA « pour accompagner le retour à l'activité ». Le 1er février sur France Inter, il a affirmé :

Aujourd'hui, le lissage n'est pas bon, ce qui fait que quand vous rentrez dans le travail avec un Smic à temps partiel ou un Smic et que vous étiez au RSA, vous n'avez par la prime d'activité, vous n'êtes pas incité forcément à travailler

Marine Le Pen (FN)

« Nous sommes contre le revenu universel car il est infinançable, nous avons fait le calcul », expliquait en décembre à La Gazette Bernard Monot, l'un des économistes du FN et eurodéputé. La mesure est bien absente du programme de la candidate frontiste, présenté début février. Tout comme une réforme à une réforme globale des minima sociaux.

Le RSA n'est même pas cité dans les 144 propositions ; seules l'ASPA (Allocation de solidarité aux personnes âgées, ex-minimum vieillesse) et l'AAH (Allocation aux adultes handicapées) sont mentionnées et seraient revalorisées si Marine Le Pen arrivait au pouvoir.

Côté financement de ces revalorisations, les choses restent assez floues. Bernard Monot précise tout de même que « tout ce qui est allocations liées à l'immigration clandestine - AME, aide au logement, éducation des enfants d'illégaux, CMU... sera supprimé. »

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Cet article fait partie du Dossier
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**Il est très complet ce dossier, c'est en bas de page, par ICI **

Source La Gazette des Communes

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