21/03/2017 2 min tlaxcala-int.org Bangladesh misère servitude esclavage #126486

Rêves et cauchemars

Koldo Campos Sagaseta

À celles et ceux qui, au moment de se coucher, n'auraient pas les idées claires sur la différence entre faire des doux rêves et d'horribles cauchemars, les comptes annuels présentés par Inditex, l'obscène entreprise de fringues d'Amancio Ortega, peuvent lever tout doute.

Anjel Ordóñez évoquait avant-hier dans le journal Gara cette société et ces comptes: un chiffre d'affaires annuel de 23 milliards d'euros, plus de 7000 magasins, plus de 160 000 personnes employées.

Chaque minute qui passe, Ortega gagne 2.380 euros. Autrement dit, chaque matin, quand l'heureux milliardaire galicien se réveille après huit heures de sommeil réparateur dans sa résidence, ses rêves ont produit plus d'un million d'euros. Exactement, selon ses propres comptes, 1 142.400 euros en dormant. Ça, c'est les rêves.

Les filles qui travaillent dans des conditions misérables pour Amancio Ortega dans les usines de textile en Inde, au Bangladesh et au Maroc peuvent gagner un euro par heure travaillée, moins d'un demi-cent par minute. Autrement dit, chaque soir, lorsqu'elles rentrent épuisées à la maison pour enfin se coucher, elles continuent à tout devoir, jusqu'à la paillasse sur laquelle elles s'écroulent. Ça, c'est les cauchemars.

Tant que les rêves des uns sont les cauchemars de tous, personne ne devrait dormir.

(euskal presoak-euskal herrira)

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