14/06/2006 3 min #1258

USA-Urgence médicale : état des lieux à la Nouvelle Orléans aux lendemains de l’ouragan Katrina, par

Le 13 juin 06 à 16:06, thibaut a écrit :

Je ne connais pas cette étude spécifique de Sheldrake, mais je me

souviens de son postulat présupposant l'existence de champs morphiques

informationnels (matrices), réservoirs expérienciels s'étendant à

travers l' espace et le temps. Pourrais-tu me donner une référence

plus précise sur ces études? Il y avait toute une série de

chercheurs fascinants et engagés dans de nouvelles voies scientifiques

décompartimentées et ouvertes, quoique de disciplines différentes:

Bohm, Capra, Sheldrake... En psychologie transpersonnelle stanislav

Grof... vus d'un très mauvais oeil à l'époque par une bonne part de

l'establishment officiel, comme on peut s'en douter. N'ai plus suivi

cela depuis une quinzaine d'années... Me demande quelle évolution et

influences en sont sortis?

Concernant le thème de l'objectivité, et du danger de l'utilisation

inconsciente de présupposés fallacieux cachés au sein de nos

conceptions socio-culturelles, je n'ai pas le sentiment qu'il soit

possible d'établir des règles définitives pour les éviter, sans

risquer une rigidité dogmatique supplémentaire. C'est un problème

subtil et extrêmement complexe, ou chaque discipline, qui possède ses

outils et ses méthodes particuliers, ses "habitudes", doit dans le

même temps garder la possibilité d'une remise en cause fondamentale.

Comment (et est-ce possible, sinon souhaitable) éviter totalement

l'utilisation de ces éléments de notre contexte "socio-culturel" ?

Notre être le plus profond en est pour partie façonné. Même les

structures du langage n'ont-elles pas leur part de porosité et de

pré-supposés culturels...

Sur le plan littéraire, par exemple, des auteurs hyper-subjectifs,

outranciers (je pense à Thomas Bernhard, Cioran) tirent leur force

évocatrice et créative de leur revendication à un

hyper-subjectivisme, qui consiste à "grossir le trait" et

paradoxalement arriver par ce biais à rendre évidents l'hypocrisie

d'une "objectivité" imposée arbitrairement de l'extérieur. Un peu

comme un produit contrastant en radiologie. Chez ces auteurs, il y a

comme un ressac, ou un ressassement fluide et continu de la réflexion

(qui peut être contradictoire, et auto-dérisoire), faisant

apparaître peu à peu les points mentaux fixes et pathogènes,

dogmatiques et obsolètes, à l'oeuvre au sein de chaque individu (et

donc d'eux-mêmes). On épuise jamais tout à fait nos propres

préjugés, mais la répétition et la description ad nauseum des

mouvements de ces nèmes dans le contexte ou ils se meuvent peut

permettre une sorte de décantation, ou se dévoile leur vraie nature.

Ce n'est naturellement pas la seule méthode. Le monde est riche de

possibles. En ce sens, la période actuelle, bien que fort sombre, est

un fantastique laboratoire d'idées et d'échanges.

Bien à toi, et merci pour ces dialogues qui stimulent les neurones, et

surtout élargissent l'espace étriqué d'un poisson dans son bocal...

Thibaut

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