14/06/2006 5 min #1242

Présentation de l’expérience de monnaie sociale de St-Denis, Pantin, Drancy

* Titre : Présentation de l’expérience de monnaie sociale de St-Denis,

Pantin, Drancy**

par Joel Seguin

Lieu : à l’ouest de la Seine-St-Denis (93) St-Denis, Pantin, Drancy

Nom de la monnaie : le Tram

Nombre de personnes : 35

Date de début : décembre 98

Détails : au bout de 2 ans ½ d’existence du SEL, il n’y avait presque plus

d’échanges, car ceux qui étaient en négatif n’osaient plus dépenser, et

ceux qui étaient en positif, dormaient sur un matelas de Trams ! Il fallait

relancer les échanges comme à St Quentin en Yvelines

; Armand Tardella nous a expliqué : pour que le SEL fonctionne bien, il

faut que les gens soient en positif (parce que le système bancaire les a

habitué comme cela, un compte négatif et c’est la peur de manquer, le

scrupule à s’endetter aussi). Pour cela on a mis 1000 Trams sur le compte

de chacun ainsi que de chaque arrivant, de plus on rémunère tous les petits

travaux administratifs pour le SEL et même les venues aux réunions ! Pour

qu’il n’y ait pas inflation, pour que le Tram conserve toujours son crédit,

nous reprenons une partie de ce qu’on donne mais tout en conservant un

nombre de comptes en positifs bien supérieurs aux comptes en négatifs, nous

prélevons chaque mois une contribution solidaire du système de 5 % à ceux

qui ont fait des échanges et de 10 % à ceux qui n’en ont pas fait, sur les

seuls soldes positifs, afin bien sûr de les dynamiser ; normalement on

devait récupérer tout en 2 ans en

fait comme on en redonne beaucoup, chacun a en moyenne 1000 T mais

quelle importance !

Certains étaient contre cette incitation financière qui ressemble trop à ce

qu’on connaît dans le système des impôts et des avoirs fiscaux ; mais

personne n’est producteur chez nous pas de jardinier, pas d’artisans, et

c’est trop difficile ; tout le monde a pu voir que les résultats sont là

, les échanges sont nombreux, ce qui n’empêche pas de les activer par des

méthodes naturelles (les tuteurs pour les nouveaux , des médiateurs pour

les échanges de savoirs, de services, de prêts). Et même si dans les autres

SELS les échanges sont nombreux, il n’y a rien à perdre à

adopter la monnaie fondante, au contraire puisqu’elle multiplie les

échanges par 3 environ

De plus elle est pédagogique comme l’explique ce texte que nous faisons

lire à tous les arrivants :

POURQUOI UN S.E.L A MONNAIE FONDANTE ? (extrait)

Que dirions-nous, si nous étions dans une société où pour mesurer les

marchandises que l’on veut échanger, les balances, les règles graduées,

étaient détenues par des banquiers dans des coffres ?

Les échanges deviendraient impossibles sauf pour ceux qui acceptent de

donner une partie de leurs marchandises aux banquiers pour louer les

appareils de mesure.

On dirait que c’est une société injuste et inefficace à créer de

l’activité, qui favorise l’opulence des uns grâce à la misère d’un nombre

toujours plus grand d’autres.

C’est pourtant dans cette société où nous sommes ; il suffit pour s’en

rendre compte de remplacer le mot balance ou règle graduée par : « argent

portant intérêt ».

L’argent qui était au départ, un fluide à la disposition de tous pour

faciliter les échanges, est devenu peu à peu une richesse en soi, dont il

faut organiser l’arnaque de la rareté pour voir son prix augmenter et

s’enrichir sur le dos des autres.

On nous dit que les causes de la crise, c’est les étrangers, le travail

des femmes, les charges sociales les délocalisations, la non-compétitivité

des entreprises. Tout cela permet de cacher la vérité ; le mal est ailleurs

et plus profond : c’est l’argent qui prend de la valeur quand il repose sur

des comptes et qui provoque l’inactivité des gens.

Dans les SELs, les comptes débiteurs ne sont pas pénalisés (pas d’agios)

car ces personnes ont étés solidaires des autres en créant de l’activité.

Les comptes créditeurs ne reçoivent pas

d’intérêts ; mais n’y étant pas incités, l’expérience montre que ces

personnes accumulent et ne dépensent pas. Cette monnaie locale statique

bloque les échanges.

Puisque le mal vient de l’argent portant intérêts, faisons le contraire (on

ne détruit vraiment que ce que l’on remplace), le S.E.L peut alors se

donner un autre but :

-Etre un laboratoire économique de la monnaie fondante.

Depuis 1935 existe en Suisse un réseau Wir où 60000 entreprises échangent,

sans argent, avec l’accord des banques ; en France, les entreprises

échangent grâce au compte crédit-fournisseur sans argent ; il faudrait

associer ce genre de réseau ou de mécanisme avec la monnaie

fondante, car nos S.E.L ne peuvent faire de la production de grande série ;

il faut intéresser les commerçants et les artisans.

En définitive, l’argent spéculatif favorise l’individualisme et la

concentration des richesses, alors que l’argent fondant favorise la

solidarité et la répartition équitable.

http://money.socioeco.org/archives/2001-02/msg00006.html

http://money.socioeco.org/

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