071114

Le coût du cynisme

En ces temps de grève, que je souhaite voir aboutir de tout mon coeur en une victoire de l'intelligence, et en regrettant qu'il faille faire des grèves pour que cela soit le cas, il conviendra de comptabiliser l'argent qui aura été perdu.

De la même manière que les cyclones et catastrophes naturelles ou même invasions guerrières se chiffrent en milliards de dollars de perte, sans tenir compte de la matière vivante décimée car elle na aucun coût, on pourra s'amuser à comptabiliser le coût d'une grève dont le but est d'être le plus cher possible pour réussir à obtenir un dialogue avec les saintetés hiérarchiques.

Sicola Narkö s'est dit prêt à investir son honneur sur ce coup de poker, dont la valeur ne peut être estimée qu'en partant du coût de la grève.

Si la presse et les médias étatiques ont pour coutume de rendre les grévistes ensemble et dans leur individualité, responsables de ces débraillements, si on inclut ce à quoi ils répondent, on déduit que c'est à Sarkö qu'il faut imputer ces coûts et ces pertes.

Toute cette frustration que les plus égoïstes éprouvent à l'encontre des grévistes, devrait en réalité être comprise comme étant entièrement et uniquement de la faute du président qui prétend avoir suffisamment réfléchi à la question, muni de son seul cervelet.

Suivant un élan autant dialectique que limbique, le président des Sarkös vociféra, ou plutôt on peut dire ria au nez des travailleurs, éructa, « je ne reculerai pas » comme s'il s'agissait d'un recul que de tenir compte de l'opinion avisée des gens qui sont concernés et avisés.

Si simplement le président s'était abstenu de l'ouvrir d'une façon franchement prosélyte, en laissant entendre que de faire grève ne servait à rien contre ses raisons, qui sont supérieures, et accepté de participer à un exposé clair et public des données du problème, il n'y aurait pas eu de grève.

L'idée tant qu'à faire a été de transporter la conception selon laquelle le seul fait de faire grève était un vieux réflexe stupide et sans efficacité de toutes manières.
Alors que cette analyse aurait été effarante d'intelligence si elle était provenue du camp dénonciateur.

Contrairement à ce qui veut être fait croire, les grèves ne sont pas automatiques dans le sens où elles ont lieu par une sorte de tradition encombrante, non en dedans de la vérité les grèves sont automatiquement déclenchées quand une grosse connerie veut être faite.

Et que par une espèce de pudeur, le dialogue est impossible, et qu'au final les tenanciers du Power prétendent qu'en leur absence de capacité à comprendre de quoi parlent les dénonciateurs, leurs arguments n'arrivent pas à rivaliser avec les leurs?
Alors que le summum de la benoîterie méthodique stipule que toute intelligence n'est jamais le fruit d'une confrontation d'idées, mais seulement de ce que leur entente aura été judicieuse.

En fait ce que clame l'envoyé spécial Sarkö en direct du pays où tout est réglé d'avance comme sur du papier à musique, c'est ce en quoi on ne pourra jamais qualifier en aucune manière même en se forçant, ses actes d'intelligents, judicieux et fédérateurs.

Plutôt que de réglementer la manière de faire des grèves en alourdissant la procédure de sorte que, d'ailleurs, ça fasse perdre plus de temps à tout le monde, n'eût-il pas été plus judicieux, quoi qu'absolument original, d'initier une sorte de dialogue qui pourrait être qualifié de social ?
Ah oui pardon le nom a déjà été déposé pour tout autre chose.

Toute la discussion présentée comme un match de boxe par les médias étatiques serviles et sans état-d'âme, tend à mettre en avant le symbole de l'égalité qui est une des trois dents du coq français.
L'un dit que l'égalité est voulue férocement par les gens qui ont voté pour lui, et le parti dénonciateur ose prétendre que l'égalité est un principe complexe qui bénéficie de toute une ontologie basée sur des mesures précises et des rapports d'estimation.

Incapable d'entrer dans les détails de ces estimations, Sarkö balaye tout directement et propose que l'égalité doit être numérique.

Bien sûr ce discours est en arrière-plan on pourra même s'étonner de sa présence, si avant tout il est question d'argent, et d'impossibilité pour l'état de faire ce qu'il avait prévu de faire grâce à des politiques passées qui ont eu leur succès à l'époque ; ce qui est usuel.

On pourra même suspecter qu'en arrière pensée ne subsiste une sorte de détestation pour un électorat fraîchement converti au sarkozisme.

Mais si dès le départ dans la conversation entre un seul guerrier des valeurs numéraires contre tout un peuple qui fourni le travail, et qui montre bien que sans lui, l'autre n'est plus rien, on admet l'affirmation selon laquelle l'égalité n'a qu'à être numéraire pour tout être, indépendamment de toute discussion jugée alors stérile, si ceci est consenti par le peuple alors toute une chaîne de mécanismes psychiques afficiliés à cette stupide croyance de la supériorité numéraire sur l'intelligence, va être avalisée, créant des répercussions que les historiens ne manqueront pas de mieux évaluer.
Si jamais on juge le peuple décidément incapable du discernement le plus élémentaire, cela sera beaucoup plus grave que d'accuser une seule personne de cela.

A moins que l'histoire ne soit écrite par les frontistes de la simplicité mentale, décrivant les grévistes de cette époque comme le dernier bastion des bucoliques folkloriques « faisant toute la richesse de la France du passé, dont nous sommes fiers » , diront-ils sans s 'offusquer.

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