12/11/2007 3 min #12340

A propos des propos de Sarko : « je ne reculerai pas ».

Proposant aux gens de travailler plus pour pouvoir gagner ce qu'il leur était promis de gagner avant (la retraite, un rêve qui devient utopique), « les gens » font des grèves pour maniféster leur mécontentement ; malgré une lourde restriction de la liberté de la grève qui n'a soulevé que très peu de critiques, qui étaient très bonnes mais jamais relayées, ce qui justifient le caractère de « très peu ».

Et puis enfin l'argument massue est déballé, attention c'est vraiment très violent, les âmes sensibles peuvent être heurtées :

« Les Français m'ont élu, ils ne méconnaissaient pas mon programme, ils savaient ce qu'ils voulaient, je ne vais pas reculer devant quelques manifestations ».

Un nouvel usage du « très peu ».
En effet même s'il y avait de fortes grèves il imposerait de reconsidérer le seul avantage et la principale innovation de la France, qui est le principe d'état-providence, dont le démantèlement était planifié, certes, mais jamais franchement avoué, à part au travers de sous-entendus qu'il fallait entendre.

A lui, il paraît logique que les français aient voté contre leur propre intérêt, alors que justement le principal défaut de l'électorat a été de ne voter spécialement que pour son intérêt propre, et non pour l'intérêt commun, selon l'argument que les socialistes ont oublié de dire.
(même si « très peu » de remarques l'avaient fait remarquer).

Et moi je dis, venant du pays où tout marche bien et voyant ceci, que cela montre une fois de plus la tendance écervelée à dire ce qui chante, à faire ce qui arrange, et à ne jamais s'inquiéter de la logique ou de la morale de cet ensemble.

Ce « Vous l'avez voulu » ne sonne-t-il pas comme un « vous l'aurez voulu » ?

Ne s'agit-il pas de prétexter l'innocuité du seul fait de faire des manifestations ?
N'est-ce pas du cynisme ?

Le principe démocratique des 51% n'est valable que pour l'élection, mais après il y a d'autres règles, qui sont notamment le dialogue et la mise en rapport de faits contradictoires, comme par exemple notamment les nombreuses autres sources de revenu de l'état, ainsi que la comptabilité de sa défaillance.

Après l'élection, le président « de tous les français » quand ça l'arrange, devient aussi celui des 51% quand ça l'arrange aussi, se mettant en opposition avec les 49 restants, et sans jamais défaillir du trône de sa certitude à propos de ces chiffres accablants.

A quoi servaient les manifestation, avant, à l'époque où le seul fait de faire remarquer un illogisme projetait un sentiment de honte sur les politiciens ?

Il es certain que sans reconnaissance de l'argument contradictoire, et qu'en utilisant le fait que personne ne contredise leurs arguments fallacieux puisqu'ils ne veulent pas l'entendre, ils font de l'argument contradictoire une chose inexistante, et du leur un prétexte présenté comme rationnel.

Le message sous-jacent est encore plus violent que le premier, qui stipule seulement que le président fait ce qu'il veut quand il veut car c'est lui le patron. Il profite de l'occasion pour prévenir que désormais, manifester c'est aller contre la volonté populaire, ce qui justifiera certainement sa répression.

Il n'existe rien de plus totalitaire que de critiquer par le déni les arguments contradictoires.

-- Et après, comme prédit par la Loi, ceci servira de fondement pour la suite.
Le nouvel argument sera « Vous n'avez pas contesté la dernière fois, comment se ferait-il que ? »

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