071110 15 min

Critique sévère de la politique, et distinction nécessaire entre ses deux fonctions

Louable ou pas : « peu importe ce qui compte est la méthode ».

La première impression quand on débarque sur terre est de se dire que les politiciens sont un boulet pour l'humanité. Sensément responsables de l'administration de la société, détenteurs d'un rôle de réconciliation chronique entre les oppositions légitimes, et ayant pour objectifs la résolution de problématiques et pour seuls moyens, la création et la mise à jour de lois, ainsi que la gestion indirecte des ressources, les politiciens font partie d'un champ d'étude qui est exclu de la vie civile des gens normaux, ce qu'anthropoliquement on peut nommer une société parallèle et sans plus trop de rapport avec ce qui l'a générée.
Et même pire, les politiciens sont responsables des guerres, de la famine et de la souffrance humaine, y compris au-delà des frontières qui sont les leurs, et sans aucune conscience du point auquel peut être crucial et vital, par exemple, de faire une étude sérieuse avant d'ouvrir la bouche.

Le tableau devient le plus sombre possible quand, à force d'accumuler son incompétence, la loi elle-même ne devient plus possible à respecter, et que l'état n'a plus d'autre avenir que de sombrer dans le totalitaire s'il veut subsister, consacrant toute son énergie à faire respecter la loi, (qui est sensée faire marcher la société) et à isoler 10% de sa population dans des prisons inhumaines.
Même à ce stade, les politiciens ne concèdent aucune erreur de leur part.

Je l'avais déjà montré auparavant, avec le recul historique ce sont les actes produits qu'on considérera comme étant les buts poursuivis par la politique, sans vraiment plus de distinction avec le fait qu'il puisse y avoir eu une inefficacité dans la poursuite de ces buts, puisqu'avec le recul, on considérera les discours politiciens comme évasifs et sciemment déroutants, et donc criminels.
Et qu'ils aient été de bonne foi, donc intelligents et machiavéliques, ou de bonne foi, donc complètement incompétents et inconséquents, ne fera pas de différence.

Je dis ça à une époque où il devient commun d'envisager que des artistes acteurs ou chanteurs deviennent le champ de recrutement le plus familier du monde politique. De la même façon que les stars sont épiques et historiques, le politiciens de toutes les envergures, le sont également, et dès lors, possèdent une responsabilité aux yeux dont l'histoire ne manquera pas de condamner le plus sévèrement possible la moindre erreur ; Bien plus qu'eux-mêmes ne condamnent leurs pères.
C'est pour dire que cette vocation, a tendance à échapper aux politiciens eux-mêmes, qui se contentent de la posture autoritaire ainsi acquise comme une médaille honorifique, qui les confortent (comme jamais personne n'a su le faire ?).

Pourtant les politiciens ne sont rien capables de mener à bien qui soit un succès probant, alors que des malheurs probants se multiplient comme une infection à une vitesse exponentielle, le système social humain réclamant avec force et nécessité que l'organisation soit rationnelle et donc sociale et collective.

C'est à dire que l'entente nécessaire à la gestion d'un système planétaire est intimement liée à la création de systèmes de communication fluides et illimités. Comme si ces « révolutions technologiques », étaient en fait attendues par la nature, qui dit que les gens se multiplient jusqu'à remplir l'espace disponible, avant même de savoir assez bien le définir.

Rien capables de mener à bien, mais occupés à des tâches plus faciles comme bien sûr l'élaboration de stratégies de guerre qui poussent au crime afin de justifier d'arriver fallacieusement comme des sauveurs pour s'accaparer, en retour de bonne grâce, les richesses des pays dits « sauvés ».
C'est vraiment le plan le plus sophistiqué que des politiciens aient pu concevoir.

C'est encore plus dommage que ne se mêle à la politique les anciennes idéologies liées à l'accaparement criminel des ressources d'autrui à ses dépends, alors qu'on sait depuis longtemps que le mal commis aux uns, fini toujours par revenir sur les premiers, au minimum par le biais de maladies nouvellement créées, comme une sorte de morale des choses et d'enseignement naturel de ce qu'est la justice ; comme une limite naturelle calibrant le niveau minimum d'intelligence collective requis par toute société humaine.
Même si c'est une catastrophe naturelle, ce retour des choses n'en sera un que si le mal a été commis, c'est donc seulement un problème de conscience que de mener à bien des politiques qui soient humaines, pensées sur un champ plus ample que le territoire local, ou le territoire économique – qui ont ceci de commun de se vouloir sélectifs.

Là où on en est les politiciens restent et veulent garder la puissance que transporte leur grade hiérarchique sur une échelle militaire héritée des anciens usages, car dans la pratique c'est le principal moteur connu qui permet d'obtenir de leurs subordonnés qu'il se mettent au travail et fasse devenir réalité ce qu'ils supposent qui devrait être.
Alors que normalement, pour que les gens travaillent bien, il faut qu'ils aient simplement envie, emplis de réflexion et de lucidité, de travailler, il faut que ça sorte d'eux, et non que ce ne soit une tâche diaphane et automatique, que n'importe qui pourrait faire, parmi lesquels des robots ou des menaces.
Mais cette nuance semble encore hors de portée de l'utilitarisme humain sur lequel compte le politicien.

Donc nous voilà au centre de la discussion, il y a deux tendances antagoniques chez la junte politique, une qui a besoin d'un autoritarisme auquel la meilleure réponse possible ne peut provenir que d'un conditionnement par la violence et la crainte des représailles, ce qui en soi s'exprime par une forme d'auto-congratulation aristocratique ayant pour principal caractère le reniement de tout défaut ou de toute capacité à faire des erreurs, et d'autre part un courant opposé qui monte depuis en bas, et descend depuis en haut, les comprime, courant qui tend à résoudre la distance qui séparent les niveaux hiérarchiques, et qui font des politiciens des travailleurs comme des employés qualifiés, décompléxés car niant l'avoir été, créant ainsi les conditions d'une meilleure communication et d'un plus fin ajustement dans la réalisation des objectifs, et donc d'une meilleure efficacité, que par la joie de la science, on pourra définir comme étant proportionnelle à l'écoute.

Il faut dire que la méthode de réalisation des objectifs, dans l'ordre historique, commence par un ordre péremptoire immédiatement exécuté, et quand ça grandit en complexité, l'ordre péremptoire est non seulement improductif mais carrément nuisible par son inconséquence, à cause de ce que seuls ceux qui pratiquent réellement la mise en oeuvre peuvent savoir, dits « les professionnels ».

Ceci en passant, exprime le mouvement normal des hiérarchies, qui est de pousser vers le haut les plus compétents, et de faire retourner à la case départ ceux qui, en raison d'avoir été déconnectés trop longtemps des réalités du terrain, finissent par devenir nuisibles plutôt qu'autre chose.
Mais tout en restant de bons conseils grâce à leur expérience, ce qui fait naître le principe de la fonction honorifique, c'est à dire désintéréssée.

D'ailleurs c'est comme ça qu'on se rend compte que la faiblesse du salaire du président de la république est proportionnelle à l'honorifique de sa posture... et à quel point la décision initiale était judicieuse, si tant est qu'elle était sensée mettre l'accent sur le désintéressement qu'est celui qui possède l'autorité morale.

Dans ce double mouvement où s'accrochent les anciens rituels militaires comme d'avoir des horaires mécaniques, des coupes de cheveux et des costumes conformes, un discours conventionnel et distant, une autorité jamais contestée sans autre raison que la confiance grégaire en la masse qui fait pareil, et où l'inconséquence risque à chaque fois de se mesurer d'une manière toute aussi aristocratique, c'est à dire en étant visibles aux yeux du monde sans possibilité de se débiner, qui est une double-pression de leurs supérieurs et de leurs subordonnés, les politiciens sont actuellement dans une crise d'identité, et probablement à terme, enclins à prendre une pente de dérésponsabilisation ou d'une espèce de fatalisme, puis de cynisme.

Ce qui se passe :
C'est qu'à un moment il convient de créer une distinction salvatrice qui pourra soulager les tâches, en désignant clairement ce qui doit avoir attrait à une chose, ou ce qui doit avoir attrait à une toute autre chose.

Et là on arrive au double-rôle du politicien, historiquement il a encore un peu besoin de se la jouer autoritaire afin de plaire à la télévision, de conforter les vieux réactionnaires qui sont les électeurs les plus nombreux, ou même plus gentiment dit, d'incarner une personne morale, presque comme une autorité religieuse qui a pour principale fonction de résoudre les questionnements légitimes des fidèles croyants, mais non pas sur le plan de la religion, mais en politique, sur le plan de la loi et des bonnes moeurs.
Ce sont des choses assez abstraites mais tant que le peuple a besoin de ce genre de repère les politiciens sont tout-à-fait d'accord pour tenir ce rôle qui est, par tradition plus que par raison : honorifique.

« Normalement » une telle sagesse aurait pour fonction de tempérer les ardeurs, en prodiguant des conseils que l'expérience par la suite des expériences passées, n'ont jamais cessées de justifier.
Et « normalement » derechef ce qui désignerait cette personne se manifesterait de façon visible et relativement communément admise, de sorte que les personnes les plus aimées accèdent à ce poste, sans autre attente de leur part qu'il commettent les analyses qui sont les leurs, afin qu'ils soient écoutés par l'autre pan de la politique.

C'est vrai que dans le même temps que les politiciens se mettent aux Jeans, et récupèrent maladroitement des expressions de djeuns, il ont encore envie de faire partie de la haute société bourgeoise, aux côté des gens célèbres grâce à leur talent artistique inéstimable, qui en retour, sont autorisés à donner leur avis sur la politique – et à être mieux écoutés - et de peser beaucoup dans la fonction honorifique de ce que doit être un politicien.
C'est à dire que le travail idéologique de la politique, est pour moitié entre les mains des artistes, ce qui est amusant, comme une forme primitive de démocratie.
Cela dit dès que ça dérange, il suffira de sortir la carte « ah mais il faut savoir plein de choses avant de juger, chacun son métier hein ! ».

Et mais aussi voilà la deuxième vraie fonction de la politique, (et la raison pour laquelle la distinction entre les deux est nécessaire) celle de la raison et du calcul.
Et c'est sur ce point précis que la critique est la plus cinglante. De l'avis de n'importe qui n'ayant pas été accoutumé au discours politique, et n'étant pas assez impliqué dans le temps historique, ou ayant été à l'abri de l'influence néfaste involontaire des distorsions psychotiques de la société occidentale capitaliste (ayant pour tout horizon moi d'abord), c'est à dire les gens les plus en marge du système, seront plus aisément capables de sous-peser ce qui est rationnel en politique et ce qui ne l'est pas, que les concernés.

Ce fonctionnaire-là, peut-être mieux payé et plus durable, avant d'être éligible passerait avec succès des concours psychotechniques-et-psychoaffectif, au minimum me dis-je, afin de vérifier que ce que le vote populaire ne pourrait pas savoir : son niveau de psychopathologie, qui est variable selon les gens, et difficile à détecter quand on connaît mal les gens.

Car l'autre fonction du politicien, qui consiste à calculer, projeter, tester faire approuver avant de mettre en oeuvre, est tellement bâclée, qu'à nouveau c'est amusant, cette fonction est partagée avec les couches populaires les plus rudimentaires : puisqu'ils sont tout autant capables de faire les calculs qui leur sont proposés

C'est quand on en arrive là que l'air de la révolution gronde, et le champ révolutionnaire un peu sanglant de la Marseillaise, soudain, prend un tournure un peu moins conformiste.
Les gens se rendent bien compte que le niveau d'intelligence des politiciens est égal au leur, alors qu'eux, sont de petites gens (dont la grandeur est de ne pas vouloir être autre chose).

En effet, dans la méthode, la compréhension des systèmes, la connaissance de ce qui se passe dans le monde, la culture léguée par les esprits les plus brillants, ou même pas léguée, donnée gratuitement sur internet chaque jour, une fois armés de ces bases, il devient possible à n'importe qui de pouvoir estimer l'impact prévisible d'une politique, que le politicien refusera de prendre en compte.
Et même si on se trompe par une sorte d'égoïsme, ce ne sera pas méchant, seulement un manque de connaissance, qui promet à son tour une solution encore meilleure que celle espérée une fois en possession de ce qu'il y a à savoir, si le politicien veut bien prodiguer quelques explications sur ce qui le contraint.

C'est de là que vient le sentiment de démocratie – ce n'est qu'un sentiment – si les couches de gens viennent pallier les incompétences des politiciens, du moins mettent la pression pour le faire, puisque c'est leur peau qui est en jeu dans les mauvais calculs des politiciens.
(est-ce bien est-ce mal, je sais pas je décris)

Les fonctions honorifiques et méthodiques devraient constituer un bureau de réflexion qui soumettrait ses conclusions à l'approbation populaire, quitte à naviguer aveuglément.
Mais au moins la partie honorifique, aurait pour charge de philosopher sur les objectifs à long terme, tandis que les méthodiques, auraient pour charge les réalisations immédiates les plus urgentes, sans que le fonctionnaire n'ai à se servir de pression morale pour forcer à faire ce qui est préjudiciable, ni que la partie honorifique ne se serve de son pouvoir comme d'une arme pour faire passer ses idées.

-

En méthodologie et étude de la systémique, on sait que les découvertes que la résolution de problématiques apportent, sont si salvatrices, que pour certains c'en est même devenu une drogue.

Alors que pour le politicien contemporain, accéder à ce niveau d'intelligence est interdit pour la seule raison que les relations avec les autres sont trop superficielles pour en espérer une écoute attentive et compassionnelle, sérieuse et patiente, ou au moins amicale.

Ce qui est extraordinairement alarmant dans la société d'aujourd'hui, c'est comment la précipitation à but lucratif, une règle qu'on s'est imposée à nous-mêmes, a été érigée en un dogme reléguant à ce qui est carrément critiquable, le simple fait de faire des démonstrations trop longues.

-

Il y a beaucoup d'avantages à ce qu'apporte Sarko, même le plus véhéments des critiques comme moi peut l'affirmer, il décante, même si c'est de façon psychotique, des usages qui sont autant de barrages à la fluidité et à la réactivité, qui sont vitales.
Et comme c'était obligatoire que l'attention populaire ne focalise que là-dessus, au moins ça sera déjà ça de fait pour la suite.
Cela est très positif et préfigure ce que doit être la politique dans une société bien plus dynamique car interconnectée, que d'antan.

De la même manière que de pauvres crétins inconséquents essaient de nouvelles méthodes éducatives sur le modèle de la distraction du type Disneyworld, imprégnant les enfants du monde de Disney, - et de son inconséquence - on peut dire que c'est au moins une bonne chose que la prise de conscience de l'abrutissement du système pédagogique fasse apparaître en réaction, de nouvelles méthodes, mêmes si elles sont délirantes (ce qui est logique puisque ces éducateurs ont eux-même été éduqués comme des abrutis).

Ce que l'ignorance candide fait comme principale erreur, est de ne pas tenir compte des raisons de ce qui existe, et de ne pas considérer à leur juste valeur la raison de la plupart des constructions sociales : de ne pas savoir exactement quoi critiquer, et de détruire ce qui est précieux par mégarde.

Le manque d'expérience dans la conception logicielle empêche de surpasser le fait que dès qu'on touche à quelque chose dans un système, on tire sur un nombre incalculables de fils, et que donc il faut toujours opérer minutieusement.
Ignorant absolument cela, les politiciens contemporains en sont encore à un âge de pierre, où ils saccagent tout sans faire exprès, avant peut-être de reculer en criant au diable.

Par exemple tout le système administratif comptable et administratif, est hérité depuis la nuit des temps car c'est une fonction indubitable dans la vie organisée d'une société.
Mais à notre époque les crétins fraîchement nés sont prêts à affirmer, sous prétexte de démontrer leur « dynamisme », que ceci n'étant pas rentable, c'est un poids lourd dont il faut se passer.
Ils sont prêts à affirmer sans retour possible, que pour sauver l'état il faut le démanteler, afin qu'il soit rentable, oubliant seulement que le ramassage des ordures, le fait qu'il y ait forcément des enfants et des vieux non actifs, mais qu'il faut nourrir quand même, ou l'éducation, la médecine, ne sont pas rentables non plus. L'éclairage public n'est pas rentable. Etc...
Ne voyant même pas qu'eux non plus, ne sont pas « rentables ».

Et ainsi on court à la catastrophe, de la même manière que les tentatives abrutissantes d'éducation courront à des échecs cuisants et redoutables.

Ce qui est louable au moins, c'est d'essayer.

-

Et ainsi arrive l'idée d'essayer un autre système social, fondé sur la mise en commun des biens de production et une répartition équitable et mesurée, permise par l'informatique, qui fasse concurrence au système capitaliste, juste pour voir, ce serait sympa.

_8119