071110 12 min

Tenants et aboutissants de l'autoritarisme

Demain les principes qui servent aujourd'hui à la survie seront caduques.
On s'en rend mieux compte si on observe le présent.

Comme c'était le cas pour hier, la psychologie sociale est encore très compromise par des réflexes qui tiennent à des modes de vie qui sont passés. Ce qui permettait de se dépatouiller parmi les arnaques, ce qui permettait de faire des argumentaires commerciaux, faisaient la principale caractéristique sexuelle de l'homme, tandis qu'aujourd'hui ce qui lui est demandé, ce qui semble devoir faire une Humain, serait plutôt sa compassion et son engagement.

Si on remonte plus loin, l'autoritarisme qui fut jadis une caractéristique de virilité, car le fruit d'un dynamisme supérieur à celui qui, tout autant incapable de s'exprimer, préférait battre en retraite pour réfléchir, et même si ça a peut-être contribué à ce que la communication ait besoin de devenir devenir meilleure, au bout du compte une fois cette oeuvre accomplie, l'autoritarisme se range désormais dans la classe des psychopathologies.

On considérera que la capacité à se faire entendre ne tient plus au volume sonore vocal, ni à la pression morale exercée, qui est une violence silencieuse mais douloureuse, mais à l'astucieuse organisation des idées, à la brillance et la clairvoyance des conceptions, et à l'originalité des adaptation trouvées pour s'assurer d'avoir été compris par son ou ses interlocuteurs.
C'est l'incapacité à accéder à cette deuxième étape évolutive qui contraint l'apparition de la première.
Car dans un monde rationnel si un message ne passe pas, il ne faut pas que ce soit de la faute à la communication, si on ne veut pas avoir à remettre en cause une idée qui aurait pu être la bonne, bêtement.
Par contre dans le monde actuel l'erreur elle vient de partout à la fois, les conceptions sont délirantes, et la transmission des idées est assourdissante. Et par-dessus ça ce sont les gens de couleur de peau facile à repérer qui sont accusés d'être le problème.

Or forcément du coup dans un tel contexte, l'autoritaire est celui qui essaie de faire passer une idée par un trou trop petit, et qui force comme une brute pour qu'elle soit entendue, n'ayant pas consacré plus d'une seconde à sa conception ; Et étant à cent milles lieux d'envisager un jour de revoir ses conceptions.

On considérera comme de la violence, le fait de forcer quelqu'un à agir au détriment de sa propre volonté pour une raison qui n'aura même plus voulue être transmise ni partagée.
On considérera également comme de la violence l'aristocratie qui consiste à utiliser la présence virtuelle de gens communs comme témoins de ce que doit être le bon sens, en lieu et place de ce qui devrait naître de la simple concertation - voilà encore un terme psychique antipsychopathologique.

Alors que, figurez-vous, toute la construction sociale est complètement fondue dans la pratique utilitaire qui consiste à « gagner sa vie », où ce qui est « obligatoire » prédomine dans la vie de l'humain, de 17 à 63 ans comme dit la pub, du gars qui est content d'avoir passé sa vie dans une entreprise à but lucratif qui ne lui a donné que de quoi vivre au jour le jour, et qui n'a servi à pas grand chose. Un des derniers gars au monde à pouvoir toucher sa retraite complète, d'ailleurs.
Mais ça va il semble fier de lui. Il n'a fait aucun calcul sur le rendement ou la pollution produite, sur les richesses brûlées, il a sa retraite alors il est content de lui.

Une vie entière à remplir des obligations péremptoires, c'est une forme de violence aliénante, puisque ce dont a besoin le prochain stade évolutif de la neurocorticale humaine, se situe justement hélàs dans le temps libre pour penser et philosopher, se construire et se trouver.

C'est une fois établies les règles d'usage que, par la seule évolution culturelle, ces mêmes règles deviennent une violence.
Il ne faut donc pas s'étonner.
Même le bouddhisme, enfin toutes les religions, ne sont plus que des reliquats de pratiques artificielles, rituelles, ne laissant aucune place à la spiritualité dans le sens de l'échange enrichissant des idées. Tout semble déjà enrichi et statufié. C'est un peu cette image que j'ai de la société occidentale contemporaine, elle se croit un monde parfait où les délits les plus minimes ou dus à la psychopathologie sociale, paraissent scandaleux.

Il faut au contraire observer toutes les dérives qui peuvent découler de ces rituels établis, la plupart des sortes de crime en fait, quand ces processus deviennent le ferment de nouvelles constructions psychologiques, spécialement dédicacées à cette activité tyrannique, et que finalement la raison se renverse, et qu'il ne s'agit plus de s'adapter à un contexte, mais de forcer le contexte à devenir comme ce que sa psychologie a besoin qu'elle soit, c'est à dire autoritaire et péremptoire.

Alors oui, ce ne l'était pas avant (quand fut inventé l'eugénisme) mais ça le devient à force d'y avoir cru, ça peut devenir génétique si des gens ont des dérives autoritaires ou violentes, ce serait le prix payé par la violence subie dans les générations passées, quand l'autoritarisme continuait d'exister par la force alors que le niveau cortical était devenu trop puissant pour supporter ce qui est incompris et illogique.

Car ça, et les modifications génétiques que les scientifiques fous font par amusement, font que le principal danger pour l'humanité, la principale alarme qui devrait s'allumer à la place du réchauffement du CO2 (si j'ai bien compris...) se trouve être le non soin apporté à notre génome.

Dans la catégorie de ce qui est inconséquent et criminel, on ne peut pas faire pire... alors que jusqu'à récemment, ceci n'a jamais été un soucis pour quiconque.
Aura-t-il seulement fallu qu'on découvre ce qu'est l'ADN ? Ou bien cette découverte était-elle inéluctable ? (voilà des question théologiques par exemple)
Et dans ce cas, ne pêche-t-on pas en ne faisant pas les découvertes qu'on était sensés faire ?

Or ce soin, cette attention d'un nouveau stade de complexité, ne peut être prodigué sur un ordre péremptoire du type « guéris ou je te tue ».

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Le peuple semble ne pas pouvoir ni vouloir ni même savoir devoir lutter contre l'émergence d'un état totalitaire et dictatorial.

De nombreux mécanismes s'entraident dans cette évolution, et il suffirait d'avoir assez d'énergie pour lutter contre un seul d'entre eux pour que cette chaîne se brise.
Pourtant le fatalisme, ou du moins une sorte de soumission aux événements qu'on peut aisément comprendre si par exemple on se dit que ce genre de chose arrive cycliquement et régulièrement, voire même, à la mode américaine* (capitalisme, dents longues et optimisme déraisonné) a tendance à laisser faire ces processus qui en plus de cela, ont des avantages au niveau de la défense immunitaire psychologique, en soutient à la déficience de sens critique.

*La réalité du désir : L'optimisme chronique étasunien.

C'est à dire que l'autoritarisme apporte, et est rendu utile, par la recherche de confort intellectuel, qui entraîne une baisse du sens critique.
Il est bon de noter en passant que ce sont bel et bien, avant d'accuser l'ADN, les comportements de la société et les paroles autoritaires, qui impriment dans des cerveaux où cela est très douloureux, des comportements violents et péremptoires.

Une des conditions psychologiques majeures de l'apparition de l'acceptation de la soumission inconditionnelle à une autorité injuste, immorale, et en tous cas qu'on est pas en droit ou en position de pouvoir évaluer soi-même, se nomme tenez-vous bien, l'habituation à l'incompris.
Ce sera à peu près tout ce qui sauvera celui dont la neurocorticale trop puissante, est constamment brimé par des moins malins que lui.

Je pense à cela puisque dès le plus bas âge, l'enfant devant la télé voit défiler des circonstances sonores et visuelles, qu'il prend l'habitude de ne pas avoir à traiter, et à laisser filer comme une chose raisonnable qui existe hors de lui et qu'il n'a pas besoin de devoir saisir.

Il doit sûrement avoir déjà été démontré quelque part à quel point il peut être nuisible pour le développement du cerveau d'un jeune enfant, d'avoir à être constamment débordé par les événements ; tout comme son inverse le serait autant, c'est à dire l'absence de toute stimulation intellectuelle.

De la même façon que la privation de sommeil empêche les fonctions vitale de se remettre à fonctionner assez bien (et de la même manière que de couper son sommeil le matin sans terminer son cycle naturel réduit très sensiblement les capacités intellectuelles pendant toute la journée), l'habituation à l'incompris peut très bien agir comme des micro-traumatismes successifs, qui tous accumulés font l'effet d'un seul et énorme traumatisme, qui aurait mené à l'incapacité à s'exprimer correctement, ce qui est une terrible souffrance.

Dans une simple phrase d'un journal d'actualité, je vais prendre le seul à peu près regardable, celui de Arte, on peut trouver une dizaine de points à remettre en cause, et dont il faut résoudre tous les sous-entendus. Cette messe habituelle tend à répéter tous les soirs les mêmes sornettes, les mêmes allusions – tiens voilà un terme psychique important qui permettrait d'attaquer en justice les propagateurs de mensonges par « allusion » désinformative – et fait passer toujours le même message, aussi un exemple sur une seule phrase pourra-t-il être assez symbolique de l'ensemble de cette diffusion informative et neuroprogrammante ; contrairement à ce qu'ils veulent faire croire de l'information qu'ils diffusent.
« Aujourd'hui on ne sait plus qui combat qui, au Pakistan ».
Noon, on ne sait pas qui accuser, dans les deux cas on risque de se faire démonter.
Ils ne reçoivent pas d'ordre on plus, ils sont sensés savoir qui accuser normalement.
Car tout ce qui compte c'est d'accuser, pour résoudre les coups sur la tête que reçoivent les gens de l'état totalitaire.

Ce sera un bon exercice facilement renouvelable, dont on peut faire des blogs entiers si on veut rigoler tout en rendant service à la nation. D'ailleurs je tiendrai à m'essayer aussi sur l'émission de canal+ La Matinale, qui représente un cran au-dessus dans le déni de la faute de soi, de la décomplexion, - ah tiens le mot est souligné il doit y avoir une faute – et de la joyeuse innocence qui frôle presque parfois la dénonciation de l'autoritaire, mais le moins possible quand même car trop de gens regardent, comme disait Coluche.

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Ce sera intéressant pour eux car ils ont envie et besoin de savoir ce qui ne va pas, pourquoi ils n'arrivent pas à atteindre le recul voulu pour se situer vraiment, et non illusoirement, « hors des médias », qui est la matière première de leur production.

Il faut sur ce point ajouter que la position de l'émission dans l'horaire de la journée, à 7 heures du mat (juste après le sketch des mires et juste après 1 heure d'Euronews) en fait comme le firmeware de toute la télévision, le tout premier truc qui s'allume pour ensuite allumer le reste. De sa petite journée.
En effet il serait difficile de passer du silence nocturne à la fête avec des trompettes, sauf sur M6 où là il faut déjà être assez réveillé et à la fois vidé de toute pensée réflective pour supporter ça. Ouais jeune, ça doit être ça.
Si bien que le matin, a lieu la transition, entre le monde réel et le monde de la télé, en passant par cette antichambre qui prévient de ce qu'il s'y passe. c'est un peu comme ça que je vois cette émission, qui profite tout au long de l'année du levé du soleil, à un moment ou à un autre de l'émission.
A cause de cet emplacement horaire, qui est le prime-time de la radio, et qui donc retire un peu de pression en terme de nombre de téléspectateurs, l'émission peut se présenter comme un présentateur des activités médiatiques, ce qui se passe sur les chaînes, ce que l'actu des télés donne à analyser, ce que l'actu va vous ressasser toute la journée en résumé répété 3 fois, un petit coup de zapping, un coup d'oeil sur la culture et sur les choses qui se passe dans les 10Km à la ronde des bureaux de Boulogne, ce qu'il y a à la télé ce soir, tout cela donne une posture semi-extérieure au monde de la télé, mais assez dedans quand même.
Partant de là, le présentateur débonnaire a toujours l'air surpris quand apparaît une critique classique des médias, sans vraiment chercher à les défendre non plus, étant donnée la posture semi-extérieure.
De même la journaliste politique sait judicieusement tirer profiter de ce relâchage d'épaules pour instaurer (si c'est possible) une ambiance informelle à des questions assez pointues, alors que ça aurait pu être l'inverse, ahaha.
Cela dit les invités politiques, sortant de l'âge de pierre sont presque flattés de passer à la télé, et essaient avant tout de sauver la face, comme seul et unique mot d'ordre, qui l'aura bercé tout le long du trajet depuis le réveil jusqu'aux studios : « ne rien lâcher, tout contrer, ne pas se laisser faire même si ce sont des félicitations » et il répète ça 100 fois jusqu'à ce que ce soit reflex.
Parfois de bonnes questions apparaissent, mais sans danger puisque jamais une bonne question se sera écoutée, ni considérée et vraiment jamais honnêtement abordée car à peine comprise. Dans ces moments-là, l'interviewé connaît la consigne, parler 20 secondes à dire de la merde permet de dévaster le temps restant pour que l'interviewer n'ai plus à la reposer. Et même s'il le fait, au bout de trois fois ils passent forcément à autre chose, pressés par leur petit timing.
La seule raison pour laquelle ces politiciens se ridiculisent ainsi est qu'ils n'ont aucune conscience de ce qui fait leur ridicule.
Ce ne sont que des automates pré-programmés, alignés sur la fréquence de l'idéologie dominante appliquée à leurs occupations, comme s'ils avaient trouvé la recette universelle à tous les problèmes et qu'ils n'avaient qu'à l'appliquer aveuglément, en toute confiance, et avec un franc succès.
Insultant au passage de pauvres crétins tous ceux qui ne font pas comme eux.

Même positionné comme présentateurs de ce qu'il y a à la télé et dans le reste de la culture en général, - ce qui au passage en dit long sur le filtre cognitif à l'oeuvre sur ce qui est important ou pas, et sur la manière dont les médias se sentent affiliés avec « la culture » - cette émission est peut-être celle où le combat entre l'autoritarisme et le mouvement psychosocial qui consiste à soulager ses doutes en tant que méthode de guérison d'une psychopathologie héritée culturellement, est parmi les plus désaliénantes ; enfin seulement comparativement à ce qu'il y a sur les autres chaînes de télévision hertzienne, qui est une ancienne méthode de transmission de données, pour ceux qui ne suivaient pas.

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