06/11/2007 4 min #12189

Les nouveaux mouvements sociaux en Amérique Latine

::export from newsnet in Latina by w4lk date: 05/11/07

L'Amérique Latine après des décennies d'oppression, d'abus et d'exploitation, a articulé de nouvelles formes de participation, générant des mouvements sociaux qui avec les mobilisations et luttes ont causé des changements transcendantaux dans toute la carte politique, économique et sociale de la région.

AUTEUR: Juan Roberto TORRES PELÁEZ
Traduit par Gérard Jugant, révisé par Fausto Giudice

De cette manière, dans des conditions très adverses créées par des décennies de néolibéralisme, se mènent des luttes sous des modèles de structures inédites et créatives. C’est ainsi par exemple qu’ en Bolivie une relation novatrice entre les courants sociaux s'articule, ce qui ouvre à de nouvelles formes d'organisation politique, comme l'est le Mouvement Vers le Socialisme (MAS), dont les membres appartiennent aux diverses formes d'auto-organisation de la société bolivienne (cocaleros, communautés locales, coordination de l'eau de Cochabamba, entre autres), rompant ainsi avec le modèle partidaire et d'État colonial qui légitima l'exclusion de presque 70% de la population aux racines indigènes.

Au Venezuela la lutte sociale s'est faite à partir des communautés marginalisées des grandes villes, organisées en comités de santé, comités de terres urbaines, tables de l'eau et les conseils communaux, expression maximale du pouvoir populaire, entre autres; ces derniers ont servi de centre pour articuler la lutte sociale, laquelle est soutenue par le gouvernement.

Les nouveaux mouvements sociaux critiquent aussi le modèle dans lequel le capitalisme développe ses relations humaines, tout comme ils remettent en question les vices et erreurs que le socialisme réel avait implanté en Europe. Cela est survenu dans la mesure où ils ont commencé à identifier de nouvelles formes d'oppression et d'exploitation qui vont au-delà des rapports de production, comme les assymétries sociales, la surconsommation, l'environnement, les problèmes de genre, y compris la manière dont est utilisé le temps libre, entre autres, qui se sont transformés en cibles de la critique, qui cherche à démolir les paradigmes et à construire des alternatives, comme le socialisme du XXIe siècle au Venezuela et le capitalisme andin en Bolivie.

Ces processus possèdent comme caractéristique principale l'amplitude de leurs luttes, qui recouvrent le social, le politique et le culturel, ce qui se traduit dans la recherche de nouvelles formes d'organisation de la société, comme la démocratie participative et protagonique qui ouvre les portes du pouvoir de manière équitable aux larges majorités de la société, rompant le modèle d'élites représentatives qui avait fonctionné comme unique alternative démocratique.

Entre les gouvernements progressistes et les mouvements sociaux se crée une interaction dialectique de coïncidences et de contradictions; la première se produit quand l'opposition cherche à saboter et à en finir avec le processus politique, ce qui génère une réaction qui porte des mesures de forme conjointe entre le gouvernement et le peuple, approfondissant les changements obtenus; la seconde est le produit du sabotage de la révolution par la bureaucratie et la corruption, entre autres, situation qui oblige à la mobilisation populaire pour arrêter ces facteurs de déstabilisation propres au processus de changement.

La majorité de ces mouvements sont étroitement liés aux gouvernements progressistes, les deux jouant un rôle fondamental dans la mise en oeuvre et la défense de politiques de transfert de pouvoir au peuple, avec comme finalité que ce dernier assume en définitive l'hégémonie des processus révolutionnaires.

tlaxcala.es

 commentaire