09/06/2006 10 min #1204

Fondation internationale pour la démocratie (IED)

Appel de la Fondation internationale pour la démocratie (IED) Renversant les codes de la communication politique et de la bienséance, quelques-uns des plus célébres universitaires états-uniens lancent un appel à la communauté internationale : la démocratie est en péril chez eux, ils ont besoin de soutien étranger. Les USA ne peuvent plus aider personne, ce sont désormais eux qui ont besoin d’assistance.

Le 8 juin 06 à 11:20, thibaut a écrit :

5 mai 2006

Nouvellement créée, la Fondation internationale pour la démocratie

compte parmi ses membres fondateurs l’historien Howard Zinn, Munmia

Abu-Jamal, l’essayiste Gore Vidal, Barabara Foley la présidente de

l’Union des comités universitaires progressistes, Michael Parenti,

l’ancien président de l’Association internationale de sociologie

Immanuel Wallerstein, l’avocat Michael Ratner, le géographe David

Harvey, et deux douzaines d’autres universitaires progressistes,

avocats et citoyens engagés parmi les plus connus des États-Unis.

Préambule

Question

Comment le pays qui vient de se faire voler deux élections

présidentielles aime-t-il se nommer ?

Réponse

« La plus grande démocratie du monde. »

Question

Quel nom le gouvernement illégitime de ce pays donne-t-il à sa

politique de mise sous contrôle états-unien des peuples du monde

entier – quel qu’en soit le prix pour eux et pour l’environnement –

par une combinaison de moyens militaires, économiques et culturels ?

Réponse

« Democratic nation building » – « la reconstruction nationale

démocratique » et « la promotion de la démocratie ».

Question

Quel nom le Gouvernement des États-Unis a-t-il donné à l’organisation

qu’il a créée pour déstabiliser les gouvernements étrangers qu’il

désapprouve (y compris Haïti et le Venezuela dont les présidents ont

été élus par un scrutin sincère) ?

Réponse

« The NATIONAL Endowment for Democracy » (N.E.D.) – la Fondation

NATIONALE pour la démocratie.

N’est-ce pas là la meilleure illustration de l’ancienne maxime de La

Rochefoucauld, selon laquelle « l’hypocrisie est l’hommage que le

vice rend à la vertu » ? Dans un monde où n’existe pas de plus haute

vertu que la démocratie, le Gouvernement états-unien, en faisant

parade de ses vices les plus affreux sous la bannière de la «

démocratie », pense avoir réussi un coup très astucieux. À nous de

nous montrer plus intelligents, et de voir cette hypocrisie et les

vices criminels qu’elle sert pour ce qu’ils sont. Et de lutter contre

eux. Nous tous, ensemble.

L’Appel

À l’aide ! Au secours ! Il y a le feu dans la maison et nous sommes

tous à l’intérieur. Devant cet incendie, le Gouvernement des États- Unis et les organisations qu’il subventionne, telle la Fondation

nationale pour la démocratie (N.E.D.), réagissent … en y jetant de

l’huile.

Ils appellent cela « la reconstruction nationale démocratique » – bel

euphémisme en vérité pour désigner les guerres continuelles, le

pillage des biens communs, l’explosion des inégalités économiques,

les atteintes aux libertés civiles (y compris l’introduction de la

torture), la dégradation croissante et la destruction sans vergogne

de notre environnement naturel derrière la vitrine du « libre-échange

» et la promesse (rarement tenue) d’élections « libres ». Hors des

États-Unis, les gens, par milliards, veulent que cette folie

s’arrête, mais que peuvent-ils faire ? Notre organisation, nouvelle

et indépendante, l’International Endowment for Democracy (I.E.D.) –

la Fondation internationale pour la démocratie –, pense que cette

folie ne s’arrêtera que si la politique de reconstruction nationale

démocratique ou « democratic nation building » (la chose réelle et

non la soif du pétrole) est appliquée aux États-Unis eux-mêmes, parce

qu’ils sont le pays le plus responsable de ces effroyables

développements mondiaux, et nous croyons que tous les individus, où

qu’ils se trouvent, peuvent jouer un rôle dans l’accomplissement de

cette tâche.

En résumé : si des groupes comme le National Endowment for Democracy

(N.E.D.) utilisent l’argent du Gouvernement états-unien (d’où

l’adjectif « NATIONAL ») – plus une forte dose d’hypocrisie – pour

saper la démocratie à l’étranger, l’International Endowment for

Democracy (I.E.D.) espère utiliser l’argent venant de l’étranger

(d’où l’adjectif « INTERNATIONAL ») pour essayer de construire une

démocratie réelle dans le pays qui en a le plus besoin, les U.S.A.

Nous appelons donc la communauté internationale à envoyer des

observateurs pour superviser le déroulement des élections aux États- Unis. Y a-t-il encore quelqu’un dans le monde, hors des U.S.A., qui

ne reconnaisse pas la nécessité de tels obsevateurs ?

Ce n’est pas qu’il y ait moins de démocratie en Amérique que partout

ailleurs – bien des pays sont dans une situation plus défavorable à

cet égard –, mais c’est que le déficit de démocratie dont souffre

notre pays fait peser une menace plus grande sur « la vie, la liberté

et la poursuite du bonheur » dans le monde que les pratiques de

n’importe quel autre gouvernement. En tant que victimes des

politiques destructrices de leur propre gouvernement, les États- uniens, dans leur grande majorité, n’ont aucun intérêt à les soutenir

et en changeraient au plus vite si la démocratie fonctionnait comme

on nous le raconte. S’ils ne le font pas , c’est qu’ils ne le peuvent

pas, parce que les lois, les élections, les médias, les écoles, tous

les moyens qui rendraient possibles de tels changements ont été

détournés de leur mission (par la manipulation partisane et

systématique de l’opinion et, de plus en plus, par la répression pure

et simple), rendus inaccessibles (par la culture de l’ignorance) et,

surtout, achetés à grand renfort de dollars ou même, « si nécessaire

», volés (comme les deux dernières élections présidentielles). Qui

peut douter que dans le monde entier les gens ont le plus grand

intérêt à la démocratisation des États-Unis ?

C’est ici un événement probablement sans précédent : des États-uniens

qui demandent l’aide des gens d’autres pays. Cependant, nombreux

doivent être ceux qui, recevant cet appel hors des États-Unis, se

demandent : « Pourquoi devrions-nous aider les États-uniens à faire

les changements qui sont nécessaires dans leur pays ? N’avons-nous

pas assez à faire dans notre propre pays ? » Pour répondre à cette

question, le mieux est d’en poser une autre : Quel lecteur vivant

hors de la capitale de son pays pense que c’est gaspiller son temps

et son argent que d’essayer d’influencer la politique de son

gouvernement, lequel siège dans la capitale ? Puisque c’est là le

lieu du pouvoir politique… Eh bien, en cette période de domination de

l’impérialisme militaire, économique et culturel des États-Unis,

Washington est devenue la capitale réelle de votre pays, car c’est là

que sont prises nombre des décisions les plus destructrices qui

affectent votre vie. Cela aurait donc du sens, du point de vue

politique, que de consacrer une partie de votre temps, de votre

énergie et de votre argent pour aider à la réalisation des

changements que vous souhaiteriez voir à Washington. S’il y a la

moindre chance…

En ce moment de l’histoire, ce sont ceux d’entre nous qui vivent aux

États-Unis qui sont le mieux placés pour affronter notre oppresseur

commun. Par conséquent, lourde est notre responsabilité, alors que

nos forces sont limitées. Aussi imparfait qu’ait pu être le processus

démocratique dans le passé, sa fragilisation par le gouvernement

actuel constitue une menace grandissante pour les opposants, mais

nous fournit par là même une bannière de ralliement sur un terrain où

nos dirigeants sont extrêmement vulnérables. Témoin la débauche

d’hypocrisie qui se manifeste au sein du Gouvernement, et qui prouve

assez que la démocratie demeure la vertu favorite du peuple états- unien. C’est sur cette question fondamentale de la démocratie, avec

ses larges implications sur la politique du gouvernement aux U.S.A.

et dans le monde, que nous avons besoin de votre aide.

De nombreux groupes aux États-Unis essaient de défendre ce qui reste

de notre démocratie en voie de disparition et/ou essaient d’en

construire une meilleure et plus égalitaire. Mais la plupart de ces

groupes sont petits et manquent de moyens. La Fondation

internationale pour la démocratie (I.E.D. – International Endowment

for Democracy) veut donner à toutes et à tous dans le monde

l’occasion de participer à cette lutte cruciale en nous faisant un

don (aussi modeste soit-il). Mis à part nos frais minimes de

fonctionnement (aucun des membres du comité de direction de l’I.E.D.

ne reçoit de rémunération), tout l’argent reçu sera distribué aux

groupes actifs. Aussi étrange que cela paraisse, grâce à ce geste de

solidarité, les gens de par le monde peuvent à présent s’aider eux- mêmes en nous aidant à les aider. Cela n’est peut-être pas aussi

étrange après tout.

Les personnes qui voudront bien contribuer à ce projet doivent savoir

également que nous ne donnerons pas d’argent aux partis politiques et

que nous n’en accepterons d’aucun gouvernement étranger ni d’aucune

organisation engagée dans des formes violentes d’activité politique.

Aux lecteurs états-uniens, qui n’ont pas eu besoin de nos conseils

pour donner de l’argent à leurs organisations progressistes

préférées, nous demandons simplement de continuer à le faire (O.K.,

faites-en un peu plus), mais s’il vous plaît envoyez cet appel à vos

amis et à vos connaissances, en particulier à celles et ceux qui

viennent de l’étranger. (Mais si vous souhaitez manifester votre

soutien à cette initiative par un don, nous l’accepterons bien entendu.)

Le succès de notre projet dépend de notre capacité à toucher des

millions de personnes dans le monde entier. Par conséquent… si vous

approuvez notre initiative et si vous pensez qu’elle pourrait avoir

du poids, nous vous prions d’envoyer cet appel (lié à notre site

internet) à toutes les personnes rattachées à votre carnet d’adresses

e-mail, à tous les sites et blogs que vous visitez, ainsi qu’à toutes

les listes de discussion et toutes les organisations dont vous faites

partie, en particulier hors des U.S.A. Et, s’il vous plaît, n’oubliez

pas vos contacts dans les médias. L’organisation MoveOn est supposée

avoir contacté ainsi entre dix et vingt millions d’États-uniens pour

le soutien d’Howard Dean lors des primaires pour l’élection

présidentielle de 2004, mais notre projet est peut-être le premier à

recourir à cette méthode à l’échelle mondiale. Et c’est certainement

la première tentative d’utilisation d’internet en vue d’engager le

monde entier à promouvoir la démocratisation dont les États-Unis ont

si grand besoin. Seuls la nature extrêmement grave de notre problème

et le fait qu’il se joue à l’échelle planétaire rendent cette

approche particulièrement appropriée. La nouvelle technologie

d’internet est ce qui la rend possible. Mais la réussite de ce projet

dépend tout de même avant tout de votre aide.

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