Les défis de la psychologie collective

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Un exemple qui me sert d'introduction, c'est quand sous le règne du roi Sarkozy, on apprenais qu'il avait décidé unanimement tout seul que tout le monde dans l'univers devait, chaque matin, chanter un poème imposé par lui. Alors il ordonna aux écoles de lire ce poème aux élèves à la rentrée des classes, pour qu'ils se rendent bien compte à quel point ils sont des merdes.

C'est là que j'ai compris où était le problème. Et depuis, ce problème n'ayant pas été résolu, se répand comme un poison dans la psychopolitique. La psychologie politique c'est l'ensemble des règles du conformisme qui affèrent à ce milieu professionnel extrêmement éloigné de la réalité humaine, un peu comme le milieu professionnel des vendeurs de pneus ou des vendeurs d'asticots. Ou n'importe quel autre. De toutes façon tous les milieux sont disjoints, mis à part grâce aux feuilleton télé, leur seule culture commune, où d'ailleurs se conforment des légions entières d'idées-poison.

Lorsqu'à eu lieu le référendum pour Notre-Dames-des-Landes, les gens qui regardaient la télé ont voté sur commande pour l'idée-contre-poison qui leur semblait la plus efficace, celle qui consiste à générer de l'emploi, de l'activité, du mouvement, de la vie donc de l'argent. Ils ont voté Pour l'éradication et le bétonnage du biotope protégé par la loi. Ils ont voté contre la loi, et sans le savoir, contre la morale. et après l'autre abruti de VRP est arrivé tout content à l'idée d'exterminer les opposants à la violation de la loi, comme si défendre le peuple était tout d'un coup devenu sa vocation.

Mais on ne peut pas leur reprocher. On ne peut jamais reprocher au simple citoyen de ne pas être un expert sur les questions dont sa propre survie dépend. En effet, cet espace aurait pu servir, après le crash économique, à assurer leur subsistance alimentaire, mais au lieu de cela, ils devront faire des dizaines kilomètres en vélo pour aller chercher des boîtes de conserve périmées.

Non, on ne peut pas leur imputer des choses qu'ils ne savent pas et qu'on leur dissimule.
Par contre on peut s'interroger sur le fait d'utiliser la démocratie comme une arme contre le bien commun.

Le point commun entre ces deux événements, c'est à quel point nous sommes loin d'une société, d'une civilisation fonctionnelle. Les décisions sont prises du haut vers le bas. De même, l'économie est perçue dans l'imaginaire pour, et est sensé fonctionner comme cela. Ce n'était pas le cas au début mais on s'y est habitués. On attend des multinationales qu'elles déverses leurs centimes sur les peuples pour qu'ils se battent comme des pigeons en essayant d'en attraper le plus possible. Les banques prêtent aux riches, qui eux prennent le risque d'investir dans des activités prouvées comme étant lucratives (ils avalisent l'existant), les entreprises achètent du petit matériel de bureau et des petits esclaves au même prix, qui eux-mêmes obtiennent ainsi le droit d'acheter à manger et de regarder la télé, qui leur insuffle des idées-poison afin de leur faire tenir le choc.
Telle une fontaine de jouissance, dont la plus basse bassine récupère tout ce qui déborde des bassines situées au-dessus. (Sauf qu'en fait la richesse c'est le temps et l'énergie au travail, et qu'elle ne cesse de grimper plus qu'elle ne descend. Là notre allégorie devient inadaptée).

Comment décrire cette idée de façon limpide ?
La démocratie devrait rien n'être d'autre qu'une émanation du peuple, et non pas un rituel routinier ou parfois exceptionnel, posé pour certaines questions mineures, mais éludé sur les questions majeures (comme l'adhésion aux partenariats commerciaux internationaux).
On a assez de moyens pour faire qu'une question démocratique soit proposée et lancée, par le peuple lui-même, et non par leurs gouvernants (qui étaient sensés être leurs représentants mais qui sont des petits barons en fait).

De la même manière qu'une coutume ne peut apparaître qu'avec l'envie emplie de bonne humeur de tout un groupe social, et cette humeur se répandre dans de plus grands cercles, toutes les décisions, dans une démocratie, devraient prendre racine dans le peuple lui-même.

Ce dont il est question au fond c'est de toute une mentalité et tout un état d'esprit, qu'il faut cultiver, car il a tendance à se faire étouffer par les idée-poison de la psychopolitique. Celle-ci ne cesse, en effet, d'asséner des concepts d'obéissance, de soumission, de satisfaction devant l'autorité, d'amour du pouvoir, de respect de la force, etc... Ce sont toujours des idées allant du haut vers le bas.

A l'heure où on se demande ce qui ne va pas dans nos têtes pour ne pas être capables de s'extraire d'un monde auto-destructeur, qui vire à la démence complète, où les gens s'entretuent soudainement sans raison, il est peut-être raisonnable d'interroger ce genre d'idée-poison.

Non, on ne peut pas commander aux autres. Non on ne peut pas décider pour les autres. On ne peut pas forcer un égal à faire comme soi (même au prétexte de cette égalité, ce qui serait du sophisme).
Non, on ne peut pas "donner des ordres" à un employé. On ne peut que lui demander de faire un travail, mais ensuite c'est à lui de choisir comment il le fait, s'il le fait bien, et il est assez grand pour demander conseil s'il en a besoin. Avoir confiance en les autres, c'est les rendre responsables. Ne pas interférer dans la vie des gens, c'est leur garantir la Liberté promise dans les Droits de l'Homme. Ne pas, sans cesse, se croire le plus fort et le plus malin, ne pas rabaisser les autres, ne pas laisser entendre qu'ils sont débiles au détour d'un conseil présenté comme "judicieux" alors qu'il relève d'un QI improbablement faible, c'est être pacifique.
Ne pas s'imaginer, ou tirer des conclusions hâtives complètement débiles tout en les reprochant aux autres, c'est faire preuve d'intelligence.

Je crois que l'humanité a besoin de quelques leçons de civisme et de savoir-vivre. Les gens ont besoin de se relaxer, d'ouvrir leurs épaules, et d'observer attentivement les choses autour d'eux. Ils doivent apprendre à être contents de ce qu'ils ont.

Aujourd'hui nos politiciens ne font même plus la différence entre s'exprimer bourré dans un bar tard le soir et s'exprimer en public. On dit aux enfants "ne dis pas de gros mots" mais les politiciens à la télé ne s'en privent pas. Non seulement ils en disent, mais ce qui est grave c'est pas de les dire, mais de les dire en public. On devrait dire aux enfants "ne dis pas de gros-mots... en public", et il comprendra aussitôt "Pourquoi" on lui dit cela. Ce ne sera plus un ordre abrupte que personne n'écoute, mais un conseil judicieux. Et peut-être qu'ensuite, sur internet, les gens aussi sauront faire la différence entre s'exprimer auprès de proches, et s'exprimer publiquement. Les propos qu'on tient peuvent tellement vite être déformés selon l'immense variété de perceptions. Si on veut un peu de civisme, on devrait conseiller à ceux qui s'expriment en public, de toujours le faire.. en chantant, de façon poétique, en préparant bien son discours, en ne faisant pas de faute d'orthographe, en se relisant, en y mettant du cœur, bref en étant respectueux de ses auditeurs. Cela paraît peu, mais c'est ici que commence une civilisation qui tient debout. C'est ainsi seulement qu'on peut débattre de façon dépassionnée et efficace.

Quand quelque chose nous chiffonne, par exemple le fait de tomber sur quelqu'un empli d'idées-poison, très négatif et de mauvaise foi, on ne répond pas, tout simplement. On reste digne. On n'entre pas dans son jeu. On ne se fait pas bêtement piéger par des propos qu'il ne cessera jamais de retourner négativement, parce que chez lui c'est un réflex.

Si on procède de la sorte, franchement, combien de politiciens aberrants qui polluent notre vie tomberaient dans l'oubli en quelques semaines ? Et si à l'inverse on élisait ceux qui, après avoir débattu avec le plus de monde possible, avaient obtenu le plus d'avis favorables, est-ce que nos "dirigeants" ne seraient pas plus responsables, et rationnels ?
Evidemment, l'oligarchie actuelle est extrêmement loin de l'avis du public. Non seulement ils ne veulent rien avoir à faire avec ceux gueux incultes, mais en plus ceux-ci sont réellement devenus infréquentables. C'est comme ça qu'on va tomber en dictature.

On vous dit toute l'année que la révolution ne se fera que dans la tête des gens, avant de se faire effectivement dans la réalité. Une fois que l'organisation sociale sera capable de s'organiser rationnellement, et efficacement, de discuter rapidement sans se faire piéger par la rhétorique ou le combat d'idées-poison,... une fois que les gens cesseront de se comporter comme des derniers de la classe qui chahutent au détriment du prof dont l'autorité ne les impressionnent plus, alors on commencera à faire grimper les échelons de la société aux idées salvatrices qui, elles seules, éviteront que l'humanité ne sombre encore une fois dans un nouvel âge médiéval de 500 ans d'obscurantisme.
Parce que c'est ça l'enjeu actuel.
Et je vous prie de croire, pour avoir vaguement discutaillé avec eux, qu'aucun extra-terrestre ne viendra nous sauver. Si nous voulons être fiers et dignes, nous devons relever les défis lancés par notre propre psychologie collective. C'est la seule issue vers l'avenir !