071009 11 min

l'inextinguible loi de la moquette trop courte

J'étais heureux d'entendre un mathématicien halluciné un jour à la télé, exprimer avec cette image le problème récurent sur lequel finissaient toujours par buter ses travaux, exactement le même que celui de n'importe quel autre scientifique en phase de recherche et découverte, parmi lesquels moi je évidemment :
- "On a une pièce avec un sol d'une surface X, produit des longueurs x et y, et une moquette, dont X la surface est la bonne, mais x et y ne coïncident jamais, quelque soit le sens où on la pose. Si bien que lorsqu'on "tire" la moquette pour faire coïncider au mieux trois bords, le quatrième, nécessairement, se démet."

Les limites du fonctionnalisme, sont des extrêmes qui exagèrent les défauts d'un système jusqu'à le rendre entièrement caduque et par voie de conséquence, le bloquer.

Dans nos sociétés occidentales, en raison d'une confusion dans les idées, les humains concentrent énormément 'attention à certains phénomènes, qui sont névralgiques (je veux dire qui ont l'air de contenir une grande part de vérité très saillante quoi qu'obscure) et sans le savoir, à chaque fois, négligent criminellement tout un pan dès lors abandonné de toute intelligence.

La façon qu'a l'humain d'être catégorique indique toujours avec précision là où une grosse erreur est occultée de fait.
Entre autres, parmi les croyances qui font fondement de la construction mentale, se trouvent « l'absolutisme de la vérité », des notions de supériorité intellectuelle morale ou sociale, (présentées comme très objectives), une notion d' « égalité » obtenue par superposition avec le concept de « standardisation », la recherche de pureté et de simplicité (devenant sous-produit du manichéisme), etc etc...
la croyance en les sondages par effet d'agglutinement à la masse...
etc...
autant de fondements erronés comme les données d'un problème.
Or (le but de la vie) c'est justement de résoudre le problème qui empêche le problème d'être correctement énoncé.
Et finalement toute l'agitation politique mondiale est stérile si on s'enquérit de la vision selon laquelle, c'est le problème qui est mal posé, c'est pour ça que même en le résolvant le mieux du monde, on ne fait qu'accroître sa taille.

Je peux prouver scientifiquement qu'il en est ainsi, et d'ailleurs la narration de cette preuve fera mieux voir la stupidité de la chose, qui par certains aspects, est une erreur omniprésente dans le quotidien.

L'intérêt de tout Système est de fonctionner conventionnellement.

Les conventions adoptées sont au début de tout, ignorantes des vraies causes, mais seulement topiques, on établit des conventions de principe, par exemple le système métrique, des équivalences (argent) des estimations (qualifications), etc etc... et ensuite on assemble ces fonctions, découvrant alors le contradictoire de leurs sous-jacences.

Mais cet instinct est le moins mauvais, car une fois muni de connaissance des fonctionnements, on en arrive également à établir des conventions qui sont presque les mêmes, de sorte que leurs assemblages soient également conventionnels.
(on appréciera toujours le côté « naturel » de toute technologie arrivée à son summum).

Toute la science, toute la civilisation, toute la pensée humaine, n'est fondée que sur des conventions, elles-mêmes fondées sur d'autres, à un niveau tel que ça prend le nom de "convictions".

Ce sont ceux-là, les points fixes qui font que la moquette coïncide avec les murs. Et donc aussi ceux-là qui font les "trous", nommés aussi "failles du système".

C'est surtout en étudiant les failles qu'on en apprend le plus sur la justesse des conventions donnant lieu, par ailleurs, aux certitudes sur lesquelles on se base pour observer ces mêmes failles.

Pour étudier un système de façon endogène, ne regarder que ce que la convention produit de conventionnel, est non suffisamment instructif sur la topologie du système, et un très mauvais indicateur de « ce qu'il faut améliorer ».
(de façon exogène, en anthropologie par exemple, on n'en est qu'au stade où on doit découvrir ces conventions en observant le résultat du système. Et bêtement, on partira du principe que le système produisait ce qu'il voulait obtenir.)

Tout ce que l'étude produit comme résultat pour résoudre ces dysfonctionnements et réduire la taille de la faille, ne se nomme jamais autrement que la redéfinition des conventions.
On sait, en mathématiques, qu'il ne s'agit aucunement de changer la nature, la taille de la moquette à poser, que cela serait de la tricherie.
(On suppose bien d'ailleurs, que la liberté mathématique dont on profite pour réussir à faire coïncider deux ou trois côtés, renferme en elle-même énormément d'autres possibilités.)

Cela doit faire dire en passant, combien l'inculture de la connaissance des fonctionnement est responsable des comportements qui visent à vouloir modifier la réalité pour qu'elle corresponde à l'idée qu'on veut pouvoir s'en faire.
Cette tricherie peut se nommer du nazisme, mais à des niveaux moindre on obtient ces comportements qui font que (c'est la mode à la télé) des gens abîment des oeuvres d'art antique en raison du fait qu'ils ne les aiment pas.

Non le mathématicien est beaucoup plus paresseux, il ne va pas changer les objets qui servent son étude pour qu'elle soit prouvée, non seulement parce que le phénomène ne serait pas répétable (une personne répliquant la méthode arriverait à un échec - et peut-être serait frustrée) et surtout, en plus de l'objet, le modèle et le calcul seraient également à revoir.

Or, le même résultat sera obtenu uniquement en modifiant le modèle, et en faisant le calcul qui en découle, ce qui est une bien moindre dépense d'énergie.

Le lecteur en passant, peut divaguer en extrapolant que le système capitaliste, aura cette tendance malveillante et ignarde à inciter à la transformation de ce dont il est "système", les gens, leur vie, ou leur non vie, en fonction de ses intérêts : nous sommes exactement en train de parcourir la même "Loi" (inflexible et universelle) : ne pas vouloir revenir en arrière nous renvoie dans un lointain passé.

Un jour je me suis lancé dans l'écriture d'une application (de répartition équitable) en fait c'était la deuxième écriture sur le même modèle, la deuxième fois je pensais que je n'y étais pas allé assez "fort", or justement, j'ai renforcé les défauts du système.
Je me suis dis, tant qu'à faire, faisons des fonctions très génériques, depuis la toute base de la construction du langage.
Que ça puisse me resservir par ailleurs.
(aujourd'hui c'est bon j'en ai plein)

En fait, des fonctions avec des noms automatiques, non dénombrés, impersonnelles.
Entre autres, tout simplement, la fabrication d'un table, qui distribue dans chaque case comme un donneur de cartes, les valeurs d'un tableau.

Eh bien rien que cette fonction, qui en appelle une autre qui fait chaque ligne, quoi que d'apparence très commode même pour le lecteur non averti, est en fait exactement le genre d'erreur à ne pas faire.

Bien sûr un tel compilateur sera utile, très utile, un peu trop utile justement.
Parce qu'avant d'avoir le "tableau" (de données) prêt à être composé dans un "tableau" (de mise en forme graphique), il y aura eu de nombreux traitements avant. Or ces traitements, pourraient, auraient dû se faire par des fonctions additionnelles, mais alors, on aurait observé que dans l'écriture c'étaient "presque" les mêmes que le compilateur. Ce sont d'autres compilateurs. Donc du coup pourquoi ne pas ajouter un simple "calluserfuncarray" - une fonction nommée postérieurement - et dans la foulé de la composition, faire les transformations ?

Et puis une autre transformation s'impose d'elle-même, la variation selon des circonstances très voisines, par exemple, du nombre de colonnes.
Et là on se retrouve à devoir mettre un tableau avec une colonne "de trop" dans une structure de tableau que tout depuis le début aura indiqué de la manière la plus stricte et la plus impitoyablement "logique", le nombre de colonnes qu'il devait obtenir.

Et là encore, une deuxième fois, je dois introduire une nouvelle exception, parfaitement légitime car les choses ne sont jamais aussi simples qu'on le croit, à ma "fonction magique qui fait tout".
Et finalement à force de vouloir catégoriser les fonctions selon des principes strictes et génériques, théoriques (la théorie c'est : "on a toujours besoin de composer un tableau, quel que soit le niveau du traitement), et aussi à force de vouloir "purifier" (il n'y a pas d'autre terme) le code en créant des fonctions uniques, et donc peu nombreuses et donc économiques, on en arrive à une extrémité où on a une fonction majeure, bonne à tout faire, mais seulement dans des conditions extrêmement conventionnées
.
Et dès lors qu'on a besoin de faire une chose extravagante, comme un dessin dans le tableur, des traitements plus nombreux (trois, quatre fois la même fonction est appelée pour des raisons différentes) on produit alors le contraire de l'économie qu'on souhaitait, et ce de toutes parts :
- plusieurs passes sont nécessaires pour obtenir un résultat qu'une fonction propriétaire aurait résolu d'un seul coup ;
- l'ensemble du développement étant promis à être jonché de cas exceptionnels, la fameuse fonction qui devait "être unique", être "générique", "servir à tout", finalement s'accroît incessamment des conditionnements qui lui permettent de gérer ces "exceptions", arrivée à notre connaissance par la découverte empirique découlant de l'addition de Temps.

Et non seulement elle ne cesse d'être modifiée, adaptée, compliquée, sophistiquée, mais à chaque fois qu'elle l'est, elle l'est de façon parfaitement inutile pour la plus grande majorité des usages.
Si la vingtième fonctionnalité que je veux rajouter à mon logiciel, implique, comme toujours, la création d'une ligne de code en plus pour ne pas interférer avec les autres usages de la fonction, cela signifie bien que 19 fois où la fonction est appelée, cette ligne de code est un interrupteur ouvert, un noeud supplémentaire dans le déroulement, parfaitement inutile, un peut comme un checkpoint.

Et vu comme cette topologie déteint sur toute la structure, à la fin c'est ingérable, très conventionné et très limitatif, c'est à dire « le non beurre et le non argent du non-beurre ».

De là à s'imaginer une psychologie qui, comme un disque rayé, recommence toujours la même erreur qui consisterait à 'créer des interrupteurs ouverts pour le plaisir de freiner les déroulements', il n'y a qu'un pas, franchi par l'aliénation.

Cette notion est très importante, très présente dans la psychologie sociale des politiciens (ceci est une restriction de la psychologie sociale en général) : cela arrive très souvent, quand on impose une vérification d'affiliation par ADN à un système d'immigration, le législateur, qui double sa compétence par celle d'un présentateur de TV, ne manque pas d'affirmer que "pour l'usage commun, cet interrupteur supplémentaire reste ouvert de façon conventionnelle, et n'obstrue aucunement le déroulement de la logique habituelle".

C'est très intéressant comme c'est pernicieux.
Mais alors, se demande le programmeur qui a un certain sens de la logique : à quelle fonction cet interrupteur fait-il référence ?
(après ils disent que c'est normal de vouloir savoir qui va là).
(et sans le dire mais tout en le faisant, ils clament une nouvelle restriction, selon laquelle, bien évidemment, le modèle familial qui est convenu dans cette partie du monde ne peut pas supporter - sûrement administrativement - un autre modèle familial incluant les cousins, oncles, et amis précieux par exemple).

L'anthropologue, un peu largué, se demandera en observant cet interrupteur, et en observant ses conséquences historiques, si la réelle fonction n'était plutôt de creuser de la douleur morale aux gens afin de les soumettre progressivement à un totalitarisme (pour lui passé).

La solution que chacun aura compris, est de découper la jolie moquette.
L'instinct sera de la découper là où elle dépasse, et après d'ajuster les petits bouts où il y a des trous, ce qui peut être nommé "résultat par approximation".
Une autre manière, est de composer le motif géométrique qui permet à la fois homogénéité des morceaux (des quanta) et le parfait remplissage de la surface.
A un certain niveau il faut vraiment faire preuve de sens artistique, et produire des formes baroques.
Je crois que c'est ça qu'on a découvert récemment sur les façades des mosquées les plus anciennes, dont la tradition des vitraux s'est ensuite vue importée dans les églises catholiques : des motifs géométriques mais non répétitifs.

En terme de programmation, il s'agira également de savoir jouer avec les alliages de fonctions communes et d'adaptations locales, faire preuve de souplesse et d'ingéniosité.
Eh oui souvent l'humain de l'ère préinformatique croit qu'il est plus économique de s'abstenir de réfléchir et d'appliquer des règles conventionnelles de façon aveugle, alors qu'il n'en est rien.

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