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Le gouvernement citoyen

Le gouvernement citoyen

L'essentiel des analystes est beaucoup trop penché sur la politique et l'actualité délitée par les médias oligarchiques.
En un sens le Système, qui s'exprime par la voix de gens qui le défendent à un niveau ou à un autre, passe son temps à subjuguer les foules.

D'une certaine manière on pourrait penser qu'un système parfait et juste serait silencieux car il n'aurait pas à infléchir les opinions pour mieux fonctionner. D'une autre manière, on peut considérer qu'il s'échine à faire diversion sur des sujets névrotiques pendant qu'il continue discrètement la partie inavouable de son activité, qui consiste à tout consommer, tout détruire, la nature, parmi laquelle les animaux, parmi lesquels les humains.

C'est une machine de guerre implacable qui conduit l'humanité vers son abîme. Et tous ces politiciens et leurs commentateurs sont emprisonnés dans des sujets de discussion aussi stériles qu'inutiles, dès lors qu'on s'échappe un peu du paradigme du Système, à savoir le désir d'argent.

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Les sujets qui devraient vraiment faire l'actualité devraient provenir de ces sources intarissables de citoyens qui réclament justice, et plantent les graines de solutions. Si chacun y prêtait attention dans l'espoir de résoudre ces problèmes, les choses avanceraient plus vite.

Ces politiciens et ces institutions sont à la traîne dans l'évolution du système social, ils n'en sont pas les avant-gardes ou ceux qui choisissent le chemin de cette évolution. A l'avant-garde se trouvent les gens qui, détachés de ce bruit de fond perpétuel et oppressant, pensent et agissent en écoutant leur conscience. Cet endroit se trouve aux confins du système, dans ses retranchements oubliés, dans des endroits aussi infimes que disparates. C'est là que naît l'avenir.

On s'interroge et s'angoisse sur le fait de devoir choisir des élus parmi une branche d'une dizaine de personnes (des oligarques), dont seulement deux ou trois semblent potables, comme s'il n'y avait personne d'autre de plus compétent, plus apte et plus prometteur, parmi toute une population composée de millions d'individus. Quelle insulte !

Et malgré toutes ces forces en présence les citoyens ont beaucoup de mal à se fédérer, d'autant plus que dès que le succès les gagne, deux freins entrent en jeu : d'une part le pouvoir les déconnecte de la réalité, et d'autre part ils se font à la fois infiltrer par des perturbateurs et à la fois ils sont sans cesse attaqués pour être détruits ou démoralisés. La politique est un milieu très hostile, comme radioactif. Il faut une combinaison étanche pour s'en approcher. Et un pince-nez.

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Pendant ce temps dans la réalité, qui n'est mesurable avec aucun outil d'analyse cohérent, et qui donc, ne peut jamais être prise en compte dans les décisions soumises à une pression de rationalité très exigüe, le monde se meure.

Est-ce un drame de la vieillesse (de la civilisation) contre lequel on ne peut rien ? En tous cas il semble que les industries soient déterminées à exercer leur art de la mafia de la façon la plus vigoureuse possible et le plus longtemps possible, comme dans un baroud d'honneur.

Les problèmes de notre temps sont ceux que seul notre temps peuvent résoudre. Ce sont des problèmes à grande échelle, des règles d'unification des peuples, ce sur quoi tout le monde ne peut que s'entendre, de façon unanime.

On ne parle plus de démocratie à 50% des 50% qui votent, mais d'unanimité absolue. On ne veut plus que le pourcentage de famine baisse, on veut l'éradiquer absolument et définitivement. On ne veut pas économiser 8% sur l'émission de gaz à effets de serre, on n'en veut absolument aucun !

La nature fonctionne par amortissement, et le temps que la nature mettra à absorber nos dégâts, ainsi que la croissance des conséquences, ne feront qu'augmenter même si on arrêtait tout aujourd'hui, avant de se restabiliser à nouveau, dans cinquante ans.

La question de trouver un autre modèle de société est plus que vital pour l'humanité, il est urgent. Oh et de toutes façon elle survivra, grâce à ceux qui vivent à l'écart du monde et qui repeupleront la Terre. Mais qu'en est-il du défi que l'humanité doit relever, face à ce cataclysme récurrent qu'est la fin des civilisations ? Allons-nous enfin véritablement évoluer ?

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Il ne faut pas avoir peur, du moins pas plus des dictatures que de leurs conséquences. Il ne faut pas attendre des profiteurs qu'ils soient les meneurs qu'ils prétendent être.
Il faut prendre le taureau par les cornes et devenir maître de notre destin collectif.

Qu'est-ce qui est maître de notre destin collectif aujourd'hui ? De quelle organisation sociale pouvons-nous réellement nous targuer d'appartenir ? Quelle est la promesse faite aux futures générations ? Voulons-nous qu'ils nous voient comme des gens qu'il vaut mieux oublier ?

Le destin de l'humanité, et sa perception d'elle-même est en jeu. Il faut que l'humanité se voit comme victorieuse des défis qu'elle découvre sur la route de son évolution. Ces aléas sont naturels, il ne faut pas les éluder mais se les avouer, s'y attaquer et les surmonter.

Rien dans la vie ne s'obtient de par un dû, comme si c'étaient des choses qu'on consomme. Le meilleur de l'humain s'exprime quand il devient maître de la situation et qu'il obtient le contrôle de sa destinée. Quand il peut mesurer lui-même les effets de son action et s'en satisfaire.

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Je veux dire en un mot que les politiciens véreux n'ont que l'importance qu'on leur donne. La civilisation a fondé un organe de contrôle tombé entre les mains de malfrats. Mais si on s'en détache une seconde on peut réévaluer ce que devrait être cet organe de contrôle. Il ne peut être dictatorial, ou contraignant. Il ne doit l'être qu'avec ce qui est un facteur de nuisance pour le système, et c'est au système lui-même de faire que ces exceptions soient les moindres.

Dans sa forme idéale un gouvernement ne fait qu'émettre des recommandations que les citoyens sont libres de suivre ou pas, et la légitimité de ce gouvernement doit provenir de la qualité des résultats obtenus par le fait d'avoir librement consenti à respecter les choix qu'il propose.

Ce doit être un organe de conseil, conscient de ses limites et reposant sur l'intelligence des citoyens pour juger de leur pertinence, afin qu'il retire de ces expériences les moyens de prodiguer des conseils encore meilleurs ensuite.

La respectabilité et l'écoute qu'on peut concéder à un gouvernement ne peut provenir que de la qualité du service qu'il rend à l'humanité. Il doit lui-même présenter les résultats qui découlent de ses choix et s'auto-critiquer avec vigueur. Dans la Grèce antique on disait que le législateur devait avancer dans la crainte du Ciel.

Mais au final ce qu'on nomme abruptement des "lois", d'une part, ne sont que des règlements temporels et non des formules scientifiques inéluctables, et d'autre part ne doivent être que des lignes directrices, et les citoyens doivent en être les rouages, en prouvant par le non-respect de ces recommandations les progrès que le gouvernement a encore à faire.

Même si le gouvernement obtenait, grâce à une IA avancée, un résultat de 100% de pertinence, et des résultats probants promis à tous les coups, de sorte qu'on puisse s'y fier les yeux fermés, il serait encore demandé aux citoyens de veiller aux cas de figure qui ne sont pas couverts par ces modèles prédictifs. Un gouvernement n'est pas respectable s'il ce qu'il propose est accepté sans aucun esprit critique.

Qui sait, peut-être faudra-t-il intégrer le désir des humains de consacrer plus de temps à la méditation et à la pratique d'activités ludiques destinées prévenir des maladies. Mais en tous cas la décision viendra des citoyens eux-mêmes, et ensuite seulement, avec le temps, le gouvernement pourra émettre les directives qui correspondent à ces attentes.

En somme un gouvernement idéal est au service des peuples. Il est bien intentionné mais pas à l'abri de commettre des erreurs. Il ne peut désirer que les gens paient le prix de ses erreurs, surtout sans avoir eu leur mot à dire.

Ce gouvernement que nous avons aujourd'hui est absolument tout le contraire d'un gouvernement légitime. Il n'est qu'un trône du moyen-âge sorti d'un musée sur lequel des imbéciles se battent pour s'asseoir et se sentir ivres de puissance, en affligeant de la souffrance gratuite et dans la plus grande impunité.

Alors voir ces cerveaux de citoyens obnubilés par ce cirque immonde et improductif me semble être un sacré gâchis d'énergie et de temps.
C'est aussi une insulte à l'intelligence (et à l'humanité) que de reléguer les citoyens au rang de commentateurs d'un spectacle télévisé contre lequel ils ne peuvent rien faire d'autre que des blagues stupides.

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Je pense qu'il est temps que se conforme un gouvernement des citoyens du Monde, auquel chacun serait libre de contribuer.
Du moins, si c'est un souhait personnel, c'est avant tout un besoin que je détecte, et éventuellement une prédiction de ce arrivera un jour.

Tel un cabinet de consultants gratuit et émettant des directives issues reposant sur des analyses poussées, d'ordre aussi bien scientifique que philosophique, il se positionnerait seulement comme un organe d'émission de recommandations.

Les citoyens seraient parfaitement libres de respecter ou non ces "lois" ou directives, et des études permettraient de montrer leur pertinence ou leur utilité. Qui sait, cela peut être très gratifiant d'avoir évité de brûler des forêts grâce à des solutions qui ne coûtent rien de plus.

C'est dans cet esprit que doit fonctionner un gouvernement, en devenant un label de confiance, et en plaçant la citoyenneté au centre du décisionnel.
En procédant de la sorte il ne créerait aucune interférence avec l'ancien gouvernement, puisqu'il ne fait que prodiguer des conseils. Sauf s'il devenait une sorte de conseil de la résistance pour lutter contre la tyrannie des dictatures financières, mais même là il ne ferait que mettre en œuvre le plus fameux des articles des droits de l'homme :

Art. 16. Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution.

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Plusieurs autres articles de la déclaration des droits de l'homme de 1789 font état de la place du citoyen dans la constitution d'un état (ce qui a été discrètement oblitéré dans celles de 1948) :

Art. 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression.

Art. 6. La Loi est l'expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation.

Art. 14. Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement

Dans cet esprit, on a établit qu'un gouvernement n'a rien de quelque chose qui doit forcer les gens à faire ou à subir ce qu'ils ne veulent pas. S'il émane des citoyens, ce n'est pas grâce à une élection tous les 6 ans, mais grâce à une remise en cause constante de chacun de ces choix. Dès lors ils ne peuvent être présentés que comme des recommandations, des lignes directrices.

Les gouvernements de la dictature financière se présentent comme des directeurs d'un plus haut niveau hiérarchique, qui ordonnent, mais un vrai gouvernement légal aux yeux des droits de l'homme se présente comme ce sur quoi les citoyens peuvent reposer pour faire admettre la justesse de leurs choix. Pour un tel gouvernement citoyen, "ce qui est directeur" est avant tout la responsabilité de prescrire les choix qui soient les meilleurs garants du bien commun, et notamment tout ce qui peut permettre la mise en œuvre des droits de l'homme.

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Pour conclure, il ne faut plus écouter ces politiciens au service de la finance, ni même faire de commentaires négatifs, qui ne servent qu'à polariser ceux qui sont encore sous hypnose. Leurs lois, doivent être possibles à deviner, le "nul n'est sensé ignorer la loi" doit s'appliquer, de sorte qu'on ne puisse deviner celles qui sont aberrantes.

Y compris les actualités émises par les médias oligarchiques, il ne faut pas les lire, tout comme on ne peut pas croire la télévision, tant leurs névroses sont vérolées et piégées.

Qu'ils fassent ce qu'ils veulent, les peuples sont protégés par les droits de l'homme, qui prédominent. Ce sont les seules lois à connaître. On n'a pas besoin d'eux et ils ne servent à rien de profitable.

S'ils se contentaient de prodiguer des recommandations au lieu de loi accompagnées de leur oppression, personne ne les écouterait. Eh bien dans cet état de faits, dans ce contexte où c'est toute la civilisation qui est menacée par des institutions délirantes et anachroniques, il vaut mieux construire, et savoir vers qui se tourner.

C'est dans cette optique que devrait sûrement apparaître, un jour prochain, un gouvernement citoyen, international, capable d'agir comme un phare dans la nuit pour guider l'humanité vers l'avenir qui l'attend.

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Le plus souvent j'ai pu constater combien peu de personnes étaient prêtes à croire le genre de solution qui remette en cause le Système. Il est en effet très rare de pouvoir aborder ces sujets sans se heurter à une forme d'incompréhension, en particulier dès lors qu'on envisage un système sans argent.

Pourtant quand un système entre en rupture (ce qui se produit actuellement), on na va pas critiquer les pièces qui le constitue ou accuser les impondérables qui ont empêché de le faire marcher "correctement".