#nddl : La démocratie contre-révolutionnaire

160627 10 min
1. La démocratie utilisée contre l'intérêt général
2. Le fond de commerce du capitalisme : le prix à payer pour les peuples
3. Solutions et perspectives

La démocratie telle qu'est existe est souvent dénoncée comme insuffisante pour l'étroitesse des choix qu'elle propose, qui sont très en-deçà des enjeux et des urgences de notre temps. On parle de "démocratie réelle" quand on désire que ces choix eux-mêmes soient le fruit d'un débat démocratique. Le plus souvent il s'agit d'élire un représentant, du peuple, mais qui en fait est un représentant d'intérêts financiers voire pire, d'idéologies sur lesquelles ces intérêts veulent se fonder.
Parmi celles-là, il y a :
- la "droititude" (et non droiture), qui exprime avec cynisme la sévérité et la dureté de propos fondés sur un "bon sens" complètement orienté vers les intérêts financiers, n'offrant pour seule perspective que la soumission volontaire à une hiérarchie.
A son extrême on a une couche encore plus profonde de la psychologie, basée sur la peur et l'angoisse d'une mauvaise redistribution des richesses, pensant de façon insensée que le confort mental individuel mérite d'asservir et d'humilier les autres peuples.
- la gauche libérale s'évertue à décorer le capitalisme de motivations présentées comme altruistes, ne faisant finalement que reprendre l'optimisme américain qui désigne toute crise ou tout malheur comme une "opportunité".
A son extrême on trouve la volonté de fédérer des niches politiques par le biais de formulations issues du marketing et destinée finalement à ne rien faire d'autre que les polariser et les anesthésier.

Dans tous les cas, nous avons affaire avec autant de formes possibles de la cécité mentale, voire de la folie.
En amont, notre civilisation a toujours poussé les hommes à faire les mauvais choix, puis à institutionnaliser cette façon de faire les mauvais choix. En effet, le principe même du commerce et de l'argent, servaient à mettre en relation des peuplades éloignées, mais ne permet pas une répartition des richesses qui soit rationnelle. La "réalité" est évaluée au moyen d'outils "la valeur" qui sont impropres et de ce fait, les choix commis ne prennent pas en compte la vraie réalité.

La démocratie est utilisée en fin de compte pour laisser la fine intuition populaire trancher sur des questions qui sont indécidables. Mais dans le cas de Notre-Dames-des-Landes les arguments en faveur et en défaveur sont très concrets. Par exemple dans un tribunal quand on a obtenu les preuves suffisantes le juge exerce sa sentence de façon impartiale. Dans ce cas le choix en revient à la raison.

Les arguments en faveur de l'implantation d'un aéroport sont les intérêts financiers que pourront en retirer les banques, l'industrie et l'état. Si les gens ont voté Pour c'est dans l'espoir de rattraper les miettes qui tomberont de ces transactions phénoménales, dans des emplois pénibles à durée limitée, ou dans les petits commerces qui ne seront pas déjà couverts par la propre galerie marchande de l'aéroport.

Le dynamisme commercial qui est promit n'est qu'un petit pourboire laissé pour le service rendu. Et je ne parle même pas du mépris qui sera asséné à ceux qui ont accepté de vendre leur bien le plus précieux, la beauté de leur pays, contre ces quelques pièces.
On va convertir un lieu naturel où s'épanouit la vie depuis des millénaires en un lieu atterrant, bruyant, polluant, hideux, sur le parking desquels les jeunes traîneront dans l'espoir de dealer.

En en face de cela les arguments ne manquent pas. Ils appartiennent à différents ordres de grandeur.

- Premièrement il y a longtemps que le capitalisme a fini de prouver son inanité. La recherche du profit à court terme se fait toujours au détriment du bien commun à long terme. Ceci n'étant pas possible à exprimer en terme financier, on considère que ça n'a aucune valeur. En effet quel investisseur chercherait à rentabiliser sur une période supérieure à cent ans ?
Ce nouveau projet semble être parmi les derniers de ceux d'une époque déjà révolue, comme si on s'acharnait encore une fois, consciemment inutilement, à appliquer une méthode dépréciée.

- Deuxièmement on parle du soucis écologique, de l'écosystème, du fait que les organismes sont liés entre eux, du fait que les plantes sont toutes rares et uniques, et qu'elles recèlent des solutions pour nos problèmes y compris ceux qu'on n'a pas encore. Il s'agit d'une réserve de vie et de potentialité.
Et au-delà de l'intérêt qu'on peut en tirer, il y a le simple fait de la beauté de la nature. Cet argument simple de la sphère émotionnelle conditionne le mental (et la morale) des peuples qui y vivent, et demeure la seule promesse tangible d'un monde meilleur.
En réalité si notre civilisation était aussi évoluée qu'elle se le croit, elle ne construirait plus rien en surface pour ne pas abimer les paysages, et se contenterait de consommer ce qu'elle produit elle-même, sans laisser aucun impact sur l'écologie, sur laquelle elle n'a aucun droit, si ce n'est celui de l'admirer et de s'instruire avec elle.

Troisièmement il y a une multitude d'arguments logiques, tangibles et suffisants :
- ne répond pas aux besoins.
- l'aéroport de Nantes est très suffisant, non saturé, et peut être amélioré à moindre coût.
- ne créera pas les 3000 emplois promis.
- disparition de 900 hectares de terres agricoles et de 200 emplois liés à ces terres.
- impossibilité de nourrir tout le monde à l'avenir.
- au rythme de 20 millions d'hectares urbanisés par an dans le monde, ce sont toutes les terres arables qui seront consommées : il faut bien commencer à savoir quand s'arrêter.
- les zones humides sont riches en biodiversité et sont protégées par des règlementations internationales.
- l'assèchement des sols sont des facteurs aggravants des inondations.
- l'UE a déjà un contentieux avec la France pour son non-respect de l'environnement.
- la pollution sonore (qui nuit aux habitations et fait fuir les animaux).
- l'argent public ferait mieux d'être dépensé dans l'intérêt général.
- consultation locale pour un projet national, information déficiente.

youtube.com

L'accumulation de ces arguments joue en défaveur de la partie liée au pouvoir (l'argent c'est le pouvoir), ainsi dressé contre les peuples. Ainsi confier la décision de trancher sur l'intérêt accordé à ces arguments lors d'un vote dit "démocratique" (et volontairement limité à une périphérie de gens mal informés - car il y a fort à croire qu'ils ne seraient pas capables de citer un seul de ces arguments) est un contre-emploi de la démocratie.

Prêt à jouer "quitte ou double", le pouvoir a joué la carte de la blanche vertu pour asseoir son autoritarisme.
Si le vote avait été négatif, Vinci aurait récupéré sa mise, plus des intérêts, à hauteur d'un tiers du coût de l'aéroport. "La banque gagne toujours". Mais pour cette fois l'autorité peut s'exercer avec l'aval des peuples à qui on confisque leur bien le plus précieux.

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2. Si on prend une perspective plus large, c'est du capitalisme dont nous parlons. Après tout nous faisons face à des pratiques héritées d'une époque où on croyait les ressources naturelles illimitées, et dont on pouvait tirer profit. Je passe sur les questions de sa logique interne, comme le fait que la création de monnaie soit interdite alors qu'il suffise d'arracher une pomme à un arbre pour la convertir en argent. Avec le capitalisme c'est toute la psychologie humaine qui a été endoctrinée à croire que les choses et les gens autour d'eux étaient des consommables, sans jamais avoir à se soucier d'être des créateurs. On a créé toute une population de consommateurs hébétés à qui on inculque des idées pré-conçues via les médias.

La plus important à savoir est que tous les bénéfices retirés par les multinationales, quand ils consistent à empoisonner la terre, la mer, l'air, à décimer des espèces animales sauvages et raser des forêts tropicales ancestrales, puis enfin à standardiser les espèces céréales voire à les modifier génétiquement de sorte à les rendre infertiles (de sorte à procéder à de la vente forcée), toutes ces manœuvres qui rapportent de l'argent on un coût. Et ce coût, ce sont les peuples qui en paient le prix. Le moins souvent de façon visible et mesurable, car ça se passe dans des pays dont nous n'avons aucune nouvelles dans nos médias, ou parce qu'il faut attendre quelques générations avant de pouvoir sous-peser la gravité de la situation, parfois devenue irréversible.

Il ne reste que souffrance, pauvreté, privation de liberté, et finalement à l'échelle globale on constate que l'évolution de l'espèce humaine elle-même est menacée, car au fond elle a été empêchée d'évoluer sur le plan spirituel et sur le plan social, alors qu'en même temps elle se voyait confier des technologies puissantes, utilisées finalement que pour mieux les asservir et les avilir.

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3. Aussitôt que le vote pour l'acceptation du bétonnage de l'écosystème de Notre-Dames-des-Landes, une heure après, Valls en colère postillonnait que les zadistes étaient désormais des criminels et qu'ils devaient immédiatement se rendre à la police pour répondre de leur crime, que le scrutin avait rendu manifeste. Oh mais quel bon défendeur du bien des peuples !

Les perspectives d'avenir du capitalisme déclinant sont plus graves que tout ce que tout le monde peut imaginer. Nous parlons de fin de la civilisation. Nous n'en parlons pas à l'échelle de cent ans ou vingt ans, mais pour l'année 2020.
Je dois préserver mes sources mais j'ai cette déclaration à faire, et noté quelques faits qui le montre.
Le site deagle.com prévoit que la population française va passer de 65 à 45 millions d'habitants d'ici 2026. Pareil dans tous les pays du monde. En incluant les grandes masses de migrants. Une base militaire s'est implantée en plein Paris avec pour prérogative principale l'autonomie énergétique et alimentaire. Le terme de "calamité publique" a été introduit dans la constitution par le président Hollande le 10 février 2010. C'est un terme qui incorpore la fermeture des banques, bien au-delà des causes terroristes dont il était question pour instaurer un état d'urgence. Les politiciens qui ne sont pas des marionnettes, sont parfaitement informés de ceci et certains ont sûrement déjà prit ses disposition pour survivre à la guerre civile mondiale. La situation économique va constamment se dégrader jusqu'à ce qu'un des domino tombe, entrainant tous les autres. Ce collapse est attendu et prédit par beaucoup d'analystes. Toute la circulation de biens, énergie et d'information sera stoppée, et les villes vont devenir des champs de ruines.

C'est dans ce contexte que nous parlons et agissons aujourd'hui. Nous savons, et nous savons qu'ils savent.
Le seul moyen de survire dans la deuxième décennie de ce siècle reposera sur les capacité agricoles locales.
Et ce Valls qui grimace le sait pertinemment ! Ainsi que ces industriels. Ce qu'ils veulent c'est tirer autant de profits que possible tant qu'ils le peuvent encore. Ils exercent leur raison d'être jusqu'à la mort. Et cette mort interviendra très prochainement, hélas.

C'est pourquoi j'enjoins les personnes qui le peuvent à tout faire pour empêcher, saborder, et retarder le plus possible le projet de bretonnisation de l'écosystème vital. Il faut revenir et insister sur la règlementation internationale à propos de la biodiversité, les risques d'inondation, et le respect de l'environnement. En plus de l'inutilité du projet et ses conséquences néfastes.

Vous n'avez que deux ans à tenir, autant qu'il en faut pour retarder une expulsion après la fin du paiement d'un loyer. Après cela l'économie n'aura plus les moyens de poursuivre son projet et devra se rétracter vers d'autres priorités.

Il serait possible de faire une pétition pour demander à ceux qui ont voté "Oui" qu'ils changent d'avis, de façon à renverser l'issue du scrutin. En effet, ils est parfaitement légitime d'admettre ne pas avoir eu les informations suffisantes pour faire son choix. A la vue de ces arguments dont ils n'ont pas tenu compte, ils ont le droit d'exprimer leur désaccord.
C'est à mon avis la solution la plus pacifique légitime.

Je les enjoins à protéger leur espace naturel, leur "pays", la beauté de leur pays, et leurs moyens de subsistance ainsi que celle de leurs enfants.