02/06/2006 12 min #1110

Système de redistribution équitable

# Intro

Un projet concret fondé sur la juste redistribution des richesses et sur l'outil informatique qui permet la valorisation.

La musique est la première a avoir pu constater à quel point le système fondé sur l'appropriation marchandée des produits produisait de l'injustice.

Le révélateur en fut l'avènement de l'informatique qui, quoi qu'un outil incontournable pour la production musicale, est tout à la fois au niveau des utilisateurs, le moyen de dupliquer l'information numérique le plus gratuitement du monde.

Il en résulte une contradiction qui ne pourrait être résolue que si l'informatique devenait, par exemple, un outil réservé uniquement aux producteurs et non aux consommateurs, ce qui est pour le moins... trop tard, et très inique.
Donc une loi apparaît en toute logique pour interdire la recherche sur internet de titres, en soi pour empêcher la libre circulation de l'information, ce qui est n'est pas beaucoup moins injuste.

Historiquement l'utopie capitaliste imaginait que l'argent était un moyen diaphane et sans valeur intrinsèque pour permettre les échanges commerciaux.
Ainsi dans les rêves et dans l'imaginaire capitaliste l'argent est "un moyen" et non une fin en soit, un moyen conventionnel de s'approprier ce dont on a besoin le plus normalement du monde, comme par exemple les soins médicaux, la nourriture, etc...

Cette idée quoi que grotesque est l'utopie dans laquelle nous vivons ; et dès qu'Un vient expliquer que seul un très faible pourcentage de l'argent est réellement en circulation et que le reste est capitalisé, que l'économie est un projet qui a mal tourné, c'est difficile de le croire ! Même si 85% de la planète connaît de graves problèmes liés à ce système injuste !
Et même si ses habitants ont dévasté la plupart des ressources naturelles en moins d'un siècle !

Et dès qu'un autre propose une solution alternative il est le plus froidement du monde insulté, mis au rancart avec ses idées utopiques et dangereuses, comme l'histoire nous l'a souvent montré !

Il est certain que dans un contexte où l'argent est en surabondance, il serait plus aisé et plus pratique de se procurer par des voies conventionnelles des produits matériels autant que numériques selon les mêmes conditions commerciales, à savoir environ 20 euros par album, en toute conscience (=crédulité) que ce prix médian aura été établit "au plus juste" en raison de la libre concurrence !

# Partie historique

Quand il s'agissait de proposer un produit musical il devait toujours être formaté selon une convention propre à la production, c'est à dire limité dans le temps, et le plus souvent avec un nombre de morceaux musicaux limité lui aussi.

Que cela soit bien ou mal, ou étrange, importe peu, en tous cas cette forme de formatage est devenue culturelle.

La culture est si pesante qu'un CD vendu sur support gravé ne pourrait jamais prétendre être vendu 20 euros puisqu'on verrait bien alors qu'il n'aura coûté que 50 centimes ! Pourtant c'est aussi le cas des CD de couleur argentée, mais ça c'est plus difficile de le croire !

Et si on prétendait vendre cela sur internet à ce prix-là, ce serait la plus stupide de toutes les idées ! Il suffirait de le vendre une seule fois pour qu'il soit dupliqué à l'infini... sauf évidemment si une loi interdit le transport de données via internet !

Mais qu'à cela ne tienne bientôt Internet va changer et chaque ordinateur sera son propre provider, connecté aux autres via des réseaux privés étendus, reléguant ainsi les fournisseurs d'accès à des vieux souvenirs brocantesques.

Quoi qu'il advienne la libre circulation de l'information est insurpassable, c'est comme une volonté divine, s'y opposer est de l'ordre du sacrilège !

Pourtant les gens sont compréhensifs et s'imaginent bien payer "un peu" pour obtenir de la musique mais en attendant qu'un système soit convainquant et juste, et surtout que la preuve de cette justice ne soit pas un mensonge, c'est la libre distribution qui est préférée pour se remplir son Jukebox du nombre minimum de milliers de titres que ce dernier permet de collecter.

# Partie logistique

On va donc partir du paquet de 100 chansons pour faire une unité commerciale, paquet qui sera vendu 10 euros.

Mais ce prix n'est qu'un point de départ, ensuite il sera automatiquement calibré par les différents calculs à l'oeuvre pour faire fonctionner "le système".

Système qui, s'il fait ses preuves dans le domaine musical, pourra ensuite être adapté à d'autres domaines tels que la médecine, la nourriture, etc...
Bref c'est un système fondé sur la centralisation des moyens de production et la distribution équitablement calculée par informatique.

En lui-même le jukeboxe utilisateur est "propriétaire", une manière de dire que les titres se situent sur le serveur du fournisseur de musique, sur lequel l'utilisateur a un compte, compte qui permet de pointer vers des musiques qui y sont stockées.

Seul le flux audio est déplacé ce qui revient presque au même si l'utilisateur veut la dupliquer pour en devenir "propriétaire", il peut le faire car des outils d'enregistrement existent, mais dans ce contexte cela serait parfaitement inutile, si le jukeboxe utilisateur est "vitale", c'est à dire accessible en permanence depuis n'importe quel appareil.

Les ordinateurs comme les balladeurs ou tous les diffuseurs de musique se référeraient toujours au fichier situé sur le serveur, "en ligne", à l'image d'une radio.
Techniquement cela est permit.

D'autant plus que "la radio", "la télé", eux-mêmes ne seraient que des agrégateurs de flux distribués par ces regroupements, c'est à dire de simples clients, qui payent un prix lui-même au prorata de son auditoire.

Ainsi si TF1 veut diffuser Columbo, elle n'a pas à être propriétaire de ce titre, mais en revanche paye un prix de diffusion qui est inférieur à celui de l'appropriation du titre, et calibré sur l'auditoire qu'il aura eu lors de cette diffusion.
[Auditoire qui sera bien évidemment calculé précisément puisque les connexions à la chaîne par câble ou par TNT sont scrupuleusement répertoriées, contrairement aux audits de passé où on faisait une estimation toujours à la hausse par rapport à la vérité, ici l'auditoire aura intérêt à être à la baisse pour faire baisser le prix du flux.
Ainsi les annonceurs sur ces chaînes, en plus, bénéficieront de chiffres concrets.]

Mais revenons à notre serveur de flux.
L'intérêt d'avoir à se connecter au serveur pour écouter "sa" musique est qu'ainsi on obtient une audience ce qui est très important pour la comptabilité, et ainsi pour la rémunération des artistes, mais cela seulement dans un deuxième temps, puisque le premier temps est consacré à une égale distribution des recettes entre les auteurs.

Au sein d'un fournisseur de flux audio (ou vidéo) les auteurs sont affiliés au titre d'actionnaires de la société, selon le proprata de flux que leurs oeuvres génèrent.

Ainsi en 1986 Madonna est le principal actionnaire de la société mais en 1992 c'est U2 et en 2000 c'est Eminem et en 2006 c'est SonicYouth. (je dis ça au hasard ! LOL)

Ça n'apporte pas grand chose d'être le principal actionnaire d'une société, c'est juste pour la popularité et pour guider un peu les listes de programmation.

Mais surtout il y a une politique indélébile qui est le centre névralgique de ce genre de structure fondée essentiellement sur la juste répartition des richesses.

Le principe élémentaire d'une telle corporation est de permettre aux futurs célébriés en devenir de travailler sans popularité mais en y étant salariés selon un minima calculé.
Restera la question des conditions de leur admission, puisqu'à partir de ce moment ils seront rémunérés, ou bien au minimum auront la possibilité de faire la publicité de leur titres, et selon des étapes à franchir en terme d'audience, pourront accéder à des studios d'enregistrement par exemple...

# Partie mathématiques

Cela engendre un certain nombre de variables qu'il faut ajuster :

- le salaire minimum accordé à chaque artiste même sans flux généré.
- le nombre de ces artistes et les conditions de leur affiliation à la corporation.
- l'algorithme de rémunération au prorata des flux engendrés une fois l'ensemble des artistes rémunérés au tarif minimum obtenu par calcul soit par exemple 1000 euro par Groupe.
- l'algorithme indicateur du prix du paquet de 100 titres rattaché à chaque utilisateur.
- les diverses modalités de conditions d'agrégations d'utilisateurs pour les "médias" ("média" = intermédiaire)

# Partie orientée "Utilisateur"

Pour présenter un modèle qui fonctionne,
On va élaborer une configuration élémentaire :

- j'ai 10 000 utilisateurs qui ajoutent une package de 100 titres par mois à leur Jukebox.

100 titre vous paraît trop ? Pas à moi en tant qu'utilisateur, si j'ai 100 Go de musique piratée sur mon disque, dont beaucoup de vieilleries, ça fait 15 000 titres, et je ne suis qu'un parmi d'autres. ça fait 0,1 euro par titre, c'est un prix qui semble correct et capable de supporter l'ensemble du système... d'autant plus que ce ne sera pas la seule source de revenus.

Avec ce système la musique n'est pas sur mon disque dur, mais une seule fois sur un seul disque dure, ce qui représente l'économie d'un HD par le nombre d'utilisateurs, ce qui n'est pas rien.

Chaque fois que je veux un package de 100 titres je commets une transaction de 10 euros, par voie téléphonique ou par voie électronique, ce qui est une procédure conformiste.

Donc on a un revenu, dans ces conditions, de 10 000 * 10 euros par mois soit = 100 000 euros par mois.

- Sur ma banque de données je distribue les titres de 100 groupes de musique qui acceptent ces conditions de distribution de leur titres, et par la même occasion ça permet de protéger leur oeuvre si elle ne l'es pas déjà (je dis cela parce qu'aux Etats-Unis il n'y a pas de SACEM comme en France!).
Donc leur oeuvre est dédiée à la distribution par flux et protégée contre toute forme d'appropriation, autre que "par les oreilles" !

- Déjà avec ce principe et uniquement avec l'orientation "utilisateurs" on sait qu'on a 100 000 euros par mois à diviser entre 100 groupes, soit 1000 euros par groupe.
Cela, indépendamment de toute comptabilité des Audimats mais ça entrera en compte plus tard.

# Partie orienté Médias

Le Média redirige le flux acheté à un prix relatif vers son auditoire.
Ce prix relatif est un peu comme pour les utilisateurs qui payent 10 euros par package de 100 titres => ici le Média reverse 10 euros par package de 100 auditeurs, pour une redirection de type Vidéo, et 10 euros par package de 1000 auditeurs pour une redirection de type Audio.

Donc si TF1 renvoie un épisode de Columbo qui s'est affilié comme un des fournisseurs de flux, il rapportera à peu près la même prix qu'une simple pub TV soit 10 000 euros, soit le fruit d'un auditoire de 100 000 téléspectateurs.

Je prends l'exemple d'une télé mais c'est pareil pour une radio, une radio renverrai le même genre de chiffre d'affaire, à savoir l'équivalent de ce qui lui rapporte 1 publicité pour un temps de diffusion égal au temps qui s'écoule entre deux séries de spots publicitaires...

# Partie Redistribution

Maintenant que faire de ces 100 000 euros de la part des utilisateurs en 1 mois et de ces autres 100 000 euros de la part Média qui sont le CA du fournisseur de flux ?

Mes calculs sont loin d'être calibrés sur quoi que ce soit de tangible mais malgré d'être carrément très en-dessous de la réalité objective, ils suffisent à expliquer comment cela doit être géré ensuite, car toute la crédibilité d'une telle entreprise tient à la transparence des calculs de redistribution, en d'autres termes à son honnêteté.

Nous avons 100 groupes musicaux.
On a établit que ce sont chacun des fournisseurs au fournisseur de flux, c'est à dire pas des employés.
Je ne sais pas si cela est mieux ou moins bien par exemple si ça va obliger à faire qu'il y ait peu de musiciens dans chaque groupe, mais c'est mieux et plus pratique de comptabiliser "un groupe" plutôt que 5 personnes par groupe.

Donc si on arrive à renvoyer un "minimum syndical!" de 1000 euros par groupe quoi qu'il advienne, quel que soit son audimat, ce sera déjà pas mal.

Cela représente avec cet exemple 100 000 euros.
Restent 100 000 euros, une fois qu'on est à peu près sûr que chacun a reçu de quoi permettre de continuer à travailler et à faire de la musique.

Je n'ai pas compté nom plus de "frais de fonctionnement" parce que honnêtement, un programme, quoi qu'il doivent être maintenu en vie par des techniciens comme pour toute mécanique, ça compte comme "1 groupe" de musique (avec un audimat maximum!).

C'est sur cette somme résiduelle qu'on va échelonner selon un algorithme la redistribution, faisant émerger par la mathématique le sentiment de Justice.

Sur 100 groupes musicaux, voici comment sont répartis les audimats :

- On crée l'objet mathématique qui s'appelle le POINT qui est le seuil théorique d'audimat, qui est le rapport au nombre de groupes musicaux en tout :
soit 100 groupes que divisent 100 (%) soit 1% ; dont 1 Point (seuil médium) c'est dans notre cas 1% d'audience.

- 20 n'ont aucun audimat, ils ont été embauchés parce qu'ils étaient "prometteurs", donc ils ont deux ans pour obtenir un audimat qui justifie leur adhésion, équivalent à un dixième du seuil médium soit 0,1 Point.
- 20 ont entre 0,1 et 0,5 Point:
- 20 ont entre 0,5 et 1Pt;
- 20 ont entre 1 et 5 points
- 20 ont plus de 5 points d'audience, soit 5 fois plus d'audience que le minimum qu'ils doivent générer par rapport aux autres.

On attribuera donc ces 100 K.Euros en points médium, dont 1 point = 10 000 euros.

==> Tout simplement l'audimat crée le prorata de rémunération

# Avec le temps...

Ensuite le cumul de succès au cours des années donne droit + devoir au groupe de participer à la sélection des artistes inclus dans la corporation. Ils deviennent en quelque sorte des Directeurs Artistiques.

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