L'échelle sociale évolutive

160319 14 min
J'ai participé à un concours sur mon paquet de Frosties "Devenez président de la république" mais hélas ma candidature n'a pas été retenue. J'y avais mis tout mon petit cœur.

En premier je me présente comme candidat blanc, pour dire en gros "Dav, le président qui fera tout ce qu'on lui dit de faire". Est-ce si différent de ce qu'on a l'habitude de voir ? Je n'en suis pas si sûr.
L'idée est de servir de proxy du peuple dans le gouvernement. Le peuple lui, voterai de façon constante, quotidienne, les mille et une décisions qui seraient proposées.
Et surtout des propositions, j'en ai des paquets.

Bon, à part le chapitre où je divulgue l'existence, la présence, et la négociation avec différents extraterrestres, il y a tout un chapitre consistant à conjurer le sort qui nous berne d'élections en élections.
Il se passe que la démocratie, les institutions, le gouvernement, le fait même qu'il y ait un président, sont des reliques préhistoriques.
Ce qu'on nomme l'Etat est un jeu puéril qui consiste à imiter ce que devrait vraiment être un état. Il en est de même pour la loi, la justice ou la démocratie.
Le fait d'infiltrer le gouvernement est un acte de réappropriation du pouvoir, ou enfin, de relégitimisation du pouvoir, dans le but dans un faire un bon usage.

Le terme crucial est la légitimité. Un état ne peut exister que s'il est désiré par le peuple qui s'unit sous son égide.
"Un état qui ne garantit pas la justice n'a point de constitution". (DDH 1789 art. 16)
Mais surtout un état, un régime, ou une civilisation qui fonctionne sans son peuple (ou contre lui) n'a aucune légitimité.
De facto, la légitimité d'un état n'a que la consistance des personnes qui désirent en dépendre.

Et la question centrale avant tout est celle du libéralisme. La politique, les lois, les règles, leurs raisons et leurs fondement sont très contradictoires, tel un mouvement brownien. Il en résulte que l'évolution de la civilisation se trouve dans une impasse. Par exemple le thème de la décentralisation du pouvoir (datant d'il y a deux siècles) à amené les initiatives capitalistes à fleurir pour au final les conduire à centraliser leur pouvoir.
A tous les niveaux les concepts sont tellement enchevêtrés que les mots perdent leur sens, et quand la communication devient impossible, c'est la guerre.

Beaucoup de gens sont de très bonne volonté et consacrent leur énergie à un monde meilleur, mais tout cela se passe sous l'égide d'un capitalisme qui a pour principal effet de trier les activités profitable au capitalisme de celles qui s'y opposent. Et, outre la bonté humaine en général, le principal vecteur qui s'oppose au capitalisme est l'état lui-même, avec sa prérogative de construire des biens et services publics.

En effet ce sont les investisseurs qui décident de ce qui doit exister, en mesure de ce que ça leur rapporte, directement ou indirectement. Par exemple une école de commerce qui formate des jeunes à prôner l'égoïsme a plus de valeur qu'un jardin de permaculture en pleine ville qui donne des fruits gratuits à tous les passants.
La douleur, la souffrance, la misère et les guerres sont des fonds de commerce. Les humains des produits, et ce qui ne rapporte rien, est maudit, abandonné ou détruit.

Le capitalisme n'a cure du bien public, son but est d'utiliser n'importe quel moyen pour extraire le maximum de bénéfices, l'alimentation, la santé, les biens courants sont calibrés pour être vendus le plus cher possible au plus de monde possible, tout en coûtant le moins cher possible. Peu importe si en-dessous du seuil de rentabilité, il reste 50% de la population mondiale qui n'accède à rien. Ils n'ont aucune valeur, et on recourbe leur haine les uns sur les autres.

Et enfin les états sont des vassaux de ce capitalisme, dont ils récupèrent des miettes qu'ils réinvestissent dans des guerres au service de l'industrie, qui s'accapare des terres, des richesses, pour en faire des porte-clefs à l'effigie de Mickey, qu'on offre et qu'on jette à la mer juste après.

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Pas loin est l'idée de tout reconstruire en partant de zéro, sauf que ça constitue un abandon, un mépris pour notre histoire. On pourrait aussi bien laisser les puissants parler dans le vide, mais ce qu'on veut c'est qu'ils se taisent. Et à y regarder de plus près, ce dont on a besoin porte les mêmes noms que ce qui existe déjà, un état, une politique, une économie, des institutions fondées sur le bien commun et les biens publics, la propriété publique, et des services publics.
Ce qu'on veut c'est juste que ces mots soient nobles.

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La solution la plus évidente et immédiate est de nationaliser d'urgence la plus grande partie de la production des biens et services vitaux, tels que l'alimentation, l'eau, l'électricité, les routes, les immeubles, et les biens courants.
Rien n'interdit d'annuler la propriété de ces productions et de les rendre au peuple, c'est à dire au final à ses consommateurs.

Et sinon, rien n'empêche non plus de créer directement ces unités de production, sous une marque blanche.
Pour moi c'est un rêve de longue date que l'alimentation et les biens courants soient fabriqués avec un esprit universel, qu'ils soient un summum de technologie, de connaissance, de réponse aux besoins, et qu'il n'y ait pas trente-six (mille) modèles pour le moindre objet. Si pense au temps consacré par les consommateurs à choisir leur achat, et à se faire arnaquer, et à l'énergie pour fabriquer des choses redondantes mais toutes de mauvaise qualité, je pense que cela produirait un gain phénoménal si on pouvait avoir confiance en ce qui est produit par une industrie publique, dont tous les aspects (impact écologique, recyclage, durée de vie, sécurité...) ont été mesurés et discutés en public, et peuvent évoluer rapidement.

Qui plus est, le prix à la vente de ces biens n'aurait pas pour but de générer le maximum de bénéfices, mais seulement ceux qu'il faut au maintient fonctionnel. Si on fait rapidement le calcul, sans but lucratif et sans actionnaires, il est clair que les prix diminueront de façon drastique. Même en tenant compte du gain probant de qualité.

Ce qui compte dans la valeur d'un objet, c'est son efficacité. L'alimentation doit être nutritive, les meubles et immeubles doivent êtres solides et fiables. Mieux un objet est pensé, moins il coûte à grande échelle.
Espérons produire le même effet en pensant un système social fiable et juste.

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Un état industriel n'aurait plus besoin des impôts.
Cela mérite le détour d'y penser, car c'est une activité très énergivore en temps et en argent. Pas seulement côté fonctionnaires, mais surtout côté citoyens, condamnés chaque année à une dose de stress et d'angoisse qui sont inacceptables. L'état a largement les moyens de se passer de cette antiquité.
Et surtout, on part du principe que l'état, quoi qu'il fasse, puisque c'est sur décision du peuple, doit disposer de tous les moyens possibles pour accomplir ce à quoi il est enjoint de faire.

En résumé, une industrie publique :
- est l'assurance de la qualité, de l'expérience et du savoir-faire, et du respect des normes écologiques
- seraient bien moins cher à la vente (presque le prix coûtant)
- les bénéfices extraits permettraient d'abolir les impôts.
- libère un gain de temps (phénoménal) au plus de monde possible.

Le thème du gain de temps à l'échelle sociale est encore loin d'être terminé.
Pour cela au préalable il faut saisir l'idée selon laquelle, ce qu'on veut rendre publique, ne sont que les industries à grande échelle. Il ne faut pas que les artisans se sentent concernés par le désir d'abolir le capitalisme, ou par sa critique. Le rôle de l'état doit être de faciliter la vie des commerçants, et là aussi de leur faire gagner le maximum de temps, de les accompagner dans leur activité, et non d'en tirer profit jusqu'à ce qu'ils crèvent.

A mon avis les emplois doivent être centralisés et les rémunérations conclues, versées par l'état lui-même. L'état doit également être un fournisseur de biens et services, et s'assurer lui-même de leur comptabilité.
Le but encore une fois est de libérer du temps (et des soucis) aux entrepreneurs pour qu'ils se consacrent le mieux possible à leur métier. L'état doit être un partenaire, une sorte d'associé sur qui repose les tâches secondaires et automatiques. (Le reste des dispositions pour rendre cela faisable est possible à déduire facilement, je ne m'étends pas).

Et que dire des banques et des assurances ? Elles ne servent à rien d'autre que pomper du fric à tout le monde sans servir à rien. Le rôle des assurances, n'appartient qu'à l'état lui-même ; C'est dans ce but que l'état-providence a été pensé et conçu. Les banques - à l'heure où on craint l'abandon de la monnaie papier - ne devraient consister qu'en une une base de donnée étatique qui contiendrait les comptes de tout le monde, sans que cela n'occupe autant de monde et autant de ressources, et sans que cela ne coûte quoi que ce soit (ou le minimum).

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En fait vous l'aurez remarqué, il s'agit d'aller à contre-courant.
Tous les gouvernements sous l'égide capitaliste veulent occuper le plus de temps possible les gens. Tout est fait pour nécessiter le plus de monde possible. La moindre radis dans une assiette nécessite l'intervention de dizaines de personnes, des véhicules, des avions, des banquiers, des assureurs, des installations gigantesques... Au final on observe que le capitalisme a pour principale conséquence de multiplier les acteurs qui se situent d'un bout à l'autre d'une chaîne de production. A chaque fois qu'un acteur s'intercale dans une chaîne de fabrication, il en tire profit, et le prix final augmente d'autant. Il en résulte une somme phénoménale de choses inutiles, mais instaurées par divers moyens tels que le chantage, la manipulation, la force...

Même pour chercher un travail de nos jours, il faut d'abord séduire des crétins qui ne connaissent rien dont le job consiste à faire correspondre les besoins et les postulants. Comme si le langage était d'assez bonne qualité pour permettre cela...

Rien que le chapitre sur la joie au travail permettrait de se perdre sur la nature des relations humaines. Pour qu'un esprit collaboratif puisse naître il faut être volontaire, émotionnellement attaché à ce qu'on fait, et pro-actif dans son état d'esprit, c'est à dire à la fois libre dans le besoin d'être attentif aux autres.

C'est pour obtenir une bonne gestion de l'énergie que nous parlons de la structuration d'un système non-injuste. C'est ainsi qu'on en arrive à orienter notre énergie vers des buts civilisationnels, à un plus haut degrés d'organisation. Le simple terme de l'efficacité peut devenir le plus haut degrés du génie humain, s'il concerne simultanément l'échelle individuelle et l'échelle collective. Il n'a pas de réelle valeur si à l'échelle collective, ce qu'on fait ne sert à rien. Or c'est précisément cela qu'il faut combattre, l'inanité d'un système qui ère sans but, consume le monde sans raison, d'une façon dantesquement démente et irrationnelle.

Les humains naissent et meurent condamnés à un esclavage qui ne leur octroie qu'une heure de liberté par jour, une fois tous les devoirs accomplis. Et cette heure est insuffisante pour s'intéresser au bien commun, pourtant c'est de cela dont un système réellement démocratique a besoin. Je dirais ceci, un peu de la même manière que l'état capitaliste tend à interdire les lectures qui le déshonorent, là où il est sensé s'enrichir de la pluralité. (voir la liste des 1207 sites élus comme "conspirationnistes").

Pourtant c'est la démarche inverse qui est la bonne, en ayant une observation claire et objective de la réalité, elle doit correspondre à des attentes bien intentionnées.

Si on veut effectivement que les citoyens aient la liberté de contribuer, coopérer, travailler à des projets de lois, implicitement ça veut dire qu'ils ont le temps pour le faire. ça veut donc dire que leurs soucis quotidiens sont réglés, et qu'ils ont l'esprit tranquille. C'est tout l'intérêt du terme de l'organisation.

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En réalité il n'y a aucune objection à ce que tous les biens de la vie courante soient gratuits. La seule limite est celle de la quantité ou la disponibilité. Le système économique antique n'a finalement qu'un intérêt, que l'informatique peut aisément résoudre, c'est de savoir localiser et énumérer les besoins.

C'est étrange quand on y pense, que l'absence d'argent puisse interdire des actions humaines d'une importance capitale. Quelle société peut dire à des pompiers ou des médecins qu'ils ne disposent pas de tous les moyens existants pour faire leur métier ? C'est comme le principe de propriété privée, sensée garantir la propriété, elle produit à l'échelle sociale son inverse, on se retrouve dépossédés de tout. Y compris de la nature, des espaces verts. Y compris de l'information, y compris de l'ADN. Y compris la santé, le savoir, la liberté, et notre humanité.

Pratiquer le commerce n'est pas fonctionnel si l'humanité veut prendre en main son destin.
Je me dis souvent, sous le joug des puissants, pourquoi les commerçant continuent-ils de vendre des produits aux 1% des plus riches du monde, ceux qui possèdent "50% de la planète". Ils ne possèdent pas les humains. Leur argent n'a que la valeur de ce que les pauvres veulent bien leur vendre. On peut faire une loi pour ça, une exception à celle, considérée comme un crime plus grave que le meurtre, du "refus de vente".
Ce qu'on veut c'est que l'argent sale, le crime organisé, la vol de masse ne soit finalement pas récompensé par l'accès à des biens fabriqués par des gens honnêtes.

Que se passerait-il ? Ils seraient prêts à céder toutes leurs possession contre un morceau de pain. Oh je ne dis pas cela par méchanceté, le monde que nous fabriquons veut pour tous ce qui ne revient qu'à eux : l'assurance d'avoir une habitation et de quoi vivre dignement, quoi qu'il arrive, jusqu'à la fin de leur vie. Pour cela les peuples doivent disposer de tous moyens dont ils ont besoin pour accomplir leur contribution.

Et la motivation à contribuer, sera grande, j'ose même dire que l'amour de la patrie, tous ceux qui s'en vantent n'ont pas expérimenté celle dont je parle.
Quand on vient au monde, on s'attend à ce que les générations antérieures aient au moins pensé à leur descendance. Les habitants de la Terre ne sont jamais propriétaires, seulement locataires, des passagers éphémères qui viennent picorer sur l'arbre fécond de la Terre Mère.
C'est normal que l'humain, intelligent, soit capable d'anticiper et préparer son avenir évolutif.

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Il y a tout un monde qui nous attend, toute une histoire à écrire, dont les pages sont plus fantastiques et palpitantes les unes que les autres. L'humanité doit sortir de l'ornière dans laquelle elle s'est embourbée et en tirer les conséquences. De nombreuses erreurs ont été faites, et aussi infimes soient-elles, quand elles prennent de l'ampleur, elles nous submergent. Quand elles deviennent des caricatures risibles, il est déjà trop tard pour en rire.

Les gens, en milieu professionnel et politique, sont devenus fous. Ils cumulent les tares et les excès. Leurs schémas comportementaux sont modelés par leur système nerveux fortement instable, et le calmant que leur cerveau leur injecte, les plonge dans un sentiment de supériorité, proportionnel à leur médiocrité.
C'est par cette mécanique qu'on vit dans l'illusion pendant que la plaie s'infecte. C'est comme ça qu'on assiste, impuissants, à l'effondrement d'une civilisation.

L'histoire qui suivra dépend de ce qui peut être fait aujourd'hui. C'est toujours le bon moment pour planter un arbre.
Une fois débarrassée de ses chaînes, un nouveau chapitre évolutif attend l'humanité. Elle va voyager dans l'espace, découvrir son environnement, perfectionner ses relations et s'intégrer dans un système plus vaste.
Elle va rendre sa noblesse à la dimension affective, ce qui débloquera de nombreux pans de la science, et de sa conscience d'elle même. Elle découvrira les lois intimes du cosmos, et apprendra à se comprendre elle-même avec toujours plus de perfection et de grâce.

Elle éduquera ses enfants dans un esprit de bonté et de grandeur d'âme. Toutes les maladies, physiques et mentales, seront soignées ou évitées, de manière préventive. Les hommes ne seront plus omnubulés par des questions irrationnelles, telle que la mort, la peur, la soumission. C'est cela, la promesse d'une compréhension plus vaste du monde et de ses lois.
C'est en ouvrant les yeux qu'on accède au contrôle de son destin.

A l'heure actuelle, il n'y a aucun défi plus intéressant, puissant et déterminant que celui qui consiste à reprendre le pouvoir, et obtenir une certaine maîtrise de notre évolution en tant qu'être humains.
C'est tout un paradigme à intégrer, que de ne plus considérer les choses à l'échelle individuelle et statique, mais à l'échelle sociale et évolutive.