15/09/2007 17 min #11005

Réfléchir sur notre avenir : Pour un socialisme du XXle siècle

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Depuis la fin de la décennie 1990, le mouvement altermondialiste a permis de transformer la conscience collective au niveau mondial, qui est passé de l’idée qu’il n’y a pas d’alternatives au marché capitaliste, comme le disait Madame Thatcher, à celle d’un autre monde est possible. Ce fut une des fonctions importantes des Forums sociaux, à l’échelle mondiale, continentale, nationale ou thématique. Il s’agit d’un processus qui doit encore s’approfondir, aussi bien par son élargissement géographique à l’ensemble des continents, sa pénétration sectorielle dans l’ensemble des milieux sociaux et son approfondissement théorique sur les origines et les effets du néolibéralisme.

mercredi 12 septembre 2007 par François Houtart

Il est cependant indispensable de passer de l’étape de la conscience collective à celle de la construction d’acteurs collectifs. Les Forums ont eu un rôle dans ce domaine, par l’appui à la constitution de réseaux, tels que Via Campesina regroupant plus de 100 mouvements paysans à travers le monde et l’on peut espérer qu’ils permettront de passer à une étape suivante, celle de réseaux de réseaux intersectoriels c’est-à-dire la collaboration entre divers secteurs pour des objectifs communs.

La nécessité d’une action politique, appuyée par les mouvements sociaux est également une étape indispensable pour la promotion des changements réels, dépassant l’étape de la construction de la conscience collective. En Amérique latine, des progrès importants ont été réalisés pour passer de la résistance à la mise en route d’alternatives.

L’utilisation du concept socialisme du 21e siècle part du constat de l’ambivalence de la notion même de socialisme. Dans l’opinion générale, la confusion est grande : s’agit-il du stalinisme, de Polpot, de la social-démocratie, de la troisième voie, de la quatrième internationale ? D’où la nécessité de définir d’abord un contenu : de quoi s’agit-il quand nous parlons du post-capitalisme ou du socialisme du 21e siècle ? Cela signifie, évidemment, une prise de distance vis-à-vis des diverses formes du socialisme du 20e siècle.

De toute façon, le point de départ est d’abord la délégitimation du capitalisme comme système mondial d’organisation de l’économie. Ce dernier, dans sa forme néolibérale, aboutit à des effets tellement destructeurs, aussi bien de la nature, que des sociétés humaines, que l’on ne peut plus poser le problème en termes de lutte contre des abus et des excès, sinon en termes de transformation de la logique qui préside à son organisation. C’est sur cette base, que nous pouvons penser le socialisme du 21e siècle.

1. Les axes fondateurs du socialisme du 21e siècle

Les quatre axes sur lesquels se fonde un renouveau du socialisme correspondent aux éléments fondamentaux de l’existence humaine. Ils sont indivisibles et reliés entre eux. Il s’agit de l’utilisation durable des ressources naturelles, de la priorité de la valeur d’usage sur la valeur d’échange, de la généralisation de la démocratie et de l’interculturalité.

1. L’utilisation durable des ressources naturelles

Au cours des derniers mois, nous avons assisté à une véritable éruption de la conscience que l’utilisation indiscriminée des ressources de la nature ne permettait plus la continuité de la vie physique et biologique. Non seulement, l’humanité est confrontée à l’épuisement de certaines richesses naturelles, mais également à la destruction de ressources essentielles à sa vie, telles que les sols, l’eau, l’air, l’atmosphère, le climat. Les sociétés les plus industriellement développées consomment de trois ou quatre fois les possibilités théoriques de renouvellement de la planète.

Le rétablissement d’un équilibre dans l’utilisation des ressources naturelles est donc devenu une question de survie. Par ailleurs, les ressources non renouvelables, notamment dans le domaine de l’énergie, ne peuvent plus être livrées à la seule logique de l’accumulation de capital et doivent pouvoir être gérées collectivement, pour contribuer de manière rationnelle au bien commun de l’humanité.

Tout cela signifie une nouvelle philosophie du rapport entre les êtres humains et la nature. Il s’agit de passer de la notion d’exploitation à celle de symbiose. C’est donc le contraire de l’idée du progrès sans fin, la nature étant inépuisable, selon l’héritage du siècle des Lumières. Cela signifie également de retrouver certaines des valeurs portées par la pensée des sociétés précapitalistes, notamment l’unité fondamentale qui existe entre l’humanité et le monde naturel, de même que la solidarité comme base de la construction sociale. Cette référence doit évidemment se faire en tenant compte du progrès réel d’une pensée analytique replaçant les causalités et les mécanismes dans le champ physique ou social et dépassant ainsi une pensée mythique, identifiant le symbole à la réalité. Une telle perspective signifie aussi une prise de distance vis-à-vis du socialisme du 20e siècle, fort influencé par la pensée scientiste et par une vision linéaire du progrès.

La fin du 20e siècle a été marquée par une critique de la modernité, qui s’est traduite dans les sciences sociales entre autres sous l’influence de nouvelles orientations des sciences naturelles. Ce fut notamment l’introduction des concepts de complexité (Prigogine) et d’incertitude, manifestant le rôle du hasard et de l’aléatoire, aussi bien dans les sciences physiques que biologiques.

Parmi les perspectives philosophiques et sociales, Edgar Morin a développé une critique, évitant le post-modernisme radical qui nie l’existence de systèmes et de structures pour privilégier l’histoire immédiate construite par les individus, dans la ligne des « petits récits », opposés aux « grands récits », c’est-à-dire les théories explicatives. Cet auteur reconnaît la réalité de l’aléatoire et de l’incertitude en sciences sociales, tout en affirmant l’existence d’un paradigme fondamental que l’on rencontre aussi bien dans le monde physique, biologique et anthropologique, c’est-à-dire le passage constant du désordre à l’auto-réorganisation, ou la continuité de la vie.

Or, selon Edgar Morin, ce qui est en jeu aujourd’hui c’est la possibilité même de la réorganisation. L’activité humaine produit des effets irréversibles, qui ont des conséquences catastrophiques sur le contexte naturel et sur les groupes humains eux-mêmes. Le sociologue et philosophe français arrive même à des conclusions très pessimistes, estimant qu’il est probablement déjà trop tard. Il n’est cependant pas nécessaire d’arriver à un tel extrême, pour prendre conscience de la nécessité d’une réaction radicale. Cela pose évidemment un problème éthique : la nécessité d’assurer les processus de réorganisation dans les différents domaines. Il s’agit de la vie elle-même, comme l’a bien montré Enrique Dussel dans son ouvrage : L’éthique de la Libération . C’est ce qu’ont compris aussi un certain nombre d’intellectuels, lorsqu’ils ont mis en route à Mexico en 2004, initiatives : Pour la Défense de l’Humanité.

2. Donner la priorité à la valeur d’usage sur la valeur d’échange

Ces concepts ont été élaborés par Marx et sont passés dans le langage commun. La valeur d’usage est celle qu’ont des produits ou des services pour l’utilisation des personnes et la valeur d’échange est celle que ces éléments acquièrent quand ils entrent dans le marché. Or, la caractéristique du capitalisme est de privilégier la valeur d’échange, comme moteur du développement économique. C’est logique, car seule la valeur d’échange permet de faire du profit et donc de mettre en route un processus d’accumulation.

Il en résulte une naturalisation du marché, qui n’est plus considéré comme un rapport social. La priorité du marché devient un dogme, dont tout le reste découle automatiquement. Le marché, ou la loi de la valeur, impose sa logique à l’ensemble des rapports humains collectifs et à tous les des secteurs d’activité. Sa loi s’applique y compris dans des secteurs tels que la santé, l’éducation, le sport, la culture. Une telle logique exclut d’autres paramètres, notamment de type qualitatif, telle que la qualité de la vie ou encore ce qu’on appelle des externalités, c’est-à-dire tout ce qui précède ou qui suit le rapport marchand et qui permet à un ensemble de coûts de ne pas être comptabilisés. Donner la priorité à la valeur d’usage signifie donc privilégier l’être humain sur le capital. Une telle priorité comporte une série de conséquences. On peut en citer un certain nombre.

Si la valeur d’usage est prédominante, on allongera la durée de vie des produits, ce qui, selon Wim Dierckxsens comporte de nombreux avantages. En effet, pour accélérer la rotation du capital et contribuer à l’accumulation, la vie des produits a été réduite. Leur allongement permettrait d’utiliser moins de matières premières et moins d’énergie, de produire moins de déchets et donc de mieux protéger l’environnement naturel. Il permettrait aussi de diminuer l’influence du capital financier.

La même logique permettrait d’accepter des prix différentiels pour les mêmes produits, industriels ou agricoles, selon les régions du monde. Actuellement, la loi du marché exige que l’on s’aligne mondialement sur les prix les plus bas, notamment en agriculture, c’est-à-dire ceux des régions qui pratiquent une agriculture productiviste de type capitaliste (souvent également subsidiée et donc entrant dans une politique de dumping). En effet, des arguments liés à la valeur d’usage peuvent justifier des prix différents, qui contredisent le dogme du marché. Pourquoi faut-il que le riz ait le même prix aux Etats-Unis ou à Sri Lanka, si dans ce dernier pays le riz fait partie de l’histoire et de la culture et si sa production est une exigence pour la souveraineté alimentaire. De telles considérations n’entrent pas dans la logique du marché, mais bien dans celle de la valeur d’usage.

On pourra aussi relocaliser les productions et éviter de nombreux coûts de transport, qui sont dommageables pour l’environnement et provoquent dans de nombreux endroits du monde une congestion des voies communication et même une paralysation des routes et autoroutes.

Valoriser la valeur d’usage permettra également de favoriser l’agriculture paysanne, elle-même pourvoyeuse d’un emploi important. Si nous prenons le secteur des services, on se rend compte que l’éducation sera redéfinie prioritairement en fonction des personnes et non pas du marché et que la production de médicaments devra s’effectuer en rapport avec les maladies existantes dans l’ensemble de l’univers et non pas en fonction de la rentabilité de leur vente.

Prioriser la valeur d’usage signifie donc se centrer sur la vie humaine. Il sera impossible de laisser pour compte 20 ou 30% de la population mondiale vivant dans l’indigence, parce qu’elles constituent des « foules inutiles », ne contribuant pas à produire une valeur ajoutée et n’ayant pas de pouvoir d’achat. Elle permettra aussi de ne pas vulnérabiliser le reste des populations, en dehors des privilégiés, car ce sont les besoins humains qui deviennent le moteur de l’économie. Inévitablement cela signifie également l’établissement de mécanismes de redistributions de la richesse et la généralisation de la sécurité d’existence.

Une telle perspective exige évidemment une nouvelle philosophie de l’économie. On ne peut plus définir l’économie simplement comme une activité produisant de la valeur ajoutée, mais on devra revenir à sa définition fondamentale qui est de produire la base matérielle nécessaire à la vie physique, culturelle et spirituelle de tous les êtres humains dans l’ensemble de l’univers. Finalement cela débouche sur une éthique de la vie, c’est-à-dire la nécessité d’assurer la base vitale pour tous. Dans une certaine mesure le socialisme avait réalisé ce changement de perspectives, mais il fut rapidement submergé par le désir d’entrer en compétition avec le capitalisme.

3. Généralisation de la démocratie

Généraliser la démocratie s’adresse à l’ensemble des secteurs des rapports humains. Evidemment, le premier champ d’application est le politique. La démocratie représentative est nettement déficitaire et elle a atteint un point de non crédibilité dans bien des régions du monde aujourd’hui. Cela se manifeste notamment par un haut degré d’abstentions, là où le vote n’est pas obligatoire. Il est donc indispensable de compléter la représentation par d’autres mécanismes, qu’on appelle aujourd’hui participatifs. Même si le concept est devenu flou et ambigu, à cause d’utilisations abusives, le contenu reste fondamental. Il s’agit d’étendre l’espace de la responsabilité du citoyen.

Il y a de nombreuses formules possibles, depuis celle bien connue du budget participatif, tel qu’il a été initié à Porto Alegre, jusqu’au contrôle régulier des élus par les électeurs, via des processus de reddition de comptes ou même des référendums. Cela suppose aussi la suppression des lobbys, celle de la prédominance de l’argent pour pouvoir être un candidat à des postes publics et bien entendu la transparence des processus de composition des listes électorales et des mécanismes de fonctionnement des partis.

Mais ce n’est pas seulement dans le champ politique que la démocratie doit pouvoir se généraliser. Il s’agit de tous les lieux de construction des rapports sociaux, depuis les rapports de genre, qui doivent se baser sur l’égalité, jusqu’au fonctionnement même des mouvements sociaux et finalement les rapports de production. Rien n’est plus antidémocratique que le rapport de production capitaliste et cela se manifeste depuis l’entreprise jusqu’aux organismes financiers internationaux. Partout c’est la même logique qui domine, celle de la prévalence de la valeur d’échange et donc du pouvoir de décision quasi exclusif du capital. Un procédé démocratique ne pourra plus lier la décision économique à la propriété privée du moyen de production. Il y a évidemment de nombreuses manières d’envisager le processus démocratique et qui ne sont pas nécessairement liées à la nationalisation de tous les secteurs. Des formes coopératives, des associations de producteurs, la propriété de communautés locales sont autant de manières différentes d’assurer un fonctionnement démocratique.

Une fois de plus, c’est une nouvelle approche philosophique qui est nécessaire. La démocratie se caractérise par la dialectique entre la créativité et l’organisation. Elle exclut ou relativise fortement l’avant-gardisme. Elle considère l’ensemble des droits humains comme une possibilité de participation, sans ignorer que le premier droit de l’homme est celui du droit à la vie. Une telle philosophie recrée également la centralité du sujet individuel et collectif.

La dimension éthique de ce troisième axe concerne le respect de la démocratie à l’intérieur de chacun des systèmes des rapports sociaux, que ce soit des partis politiques, des entreprises, des mouvements sociaux, et de toutes les institutions culturelles.

Ce fut un des défauts du socialisme du 20e siècle d’avoir développé un système interne très hiérarchisé, devenu de moins en moins démocratique avec l’évolution même de la construction des régimes socialistes.

4. Le quatrième axe concerne l’interculturalité.

Il s’agit de la participation de toutes les cultures, les savoirs, les philosophies, les religions à la construction du « nouveau monde possible ». Il s’agit donc d’aller à l’encontre de l’imposition culturelle de l’Occident, pas seulement sur le plan économique, avec l’imposition du modèle capitaliste, mais également sur le plan des valeurs. L’interculturalité ne peut évidemment se penser qu’en intégrant les trois autres axes décrits plus haut, leur unité étant indispensable. Il ne serait pas question d’accepter une philosophie véhiculant des principes racistes ou une religion prônant l’infériorité des femmes. Dans le cadre de ces quatre grands principes, il s’agit donc du respect des cosmos-visions ou des manières de lire la réalité en permettant à toutes les richesses culturelles de contribuer au bien commun, sans être réduites à un isolement constitutif de ghettos. Une telle position exige évidemment une philosophie de l’interculturalité comme dynamique culturelle, c’est-à-dire une conception ouverte de la culture et de ses possibilités de transformation. Cela suppose également une conception laïque de l’Etat comme garantie de la participation interculturelle. Enfin, l’éthique dans ce domaine se traduira par respect mutuel, dialogue, collaboration dans de nombreuses initiatives sociales et culturelles.

II. Les niveaux des alternatives

Pour l’ensemble des quatre axes dont nous avons parlé, il existe des niveaux divers de construction des alternatives, depuis l’utopie ou le long terme jusqu’au court terme.

L’utopie est ce qui n’existe pas aujourd’hui mais pourrait exister demain. Il ne s’agit donc pas de l’équivalent de l’illusoire. Dans le concret, cela veut dire : quelle société voulons-nous construire, ce qui est à redéfinir constamment, quelle entreprise, quelle agriculture, quelle éducation, quelle santé, etc. ?

Le moyen terme est une deuxième dimension, c’est-à-dire ce qui prendra du temps à se réaliser, soit pour des raisons techniques, soit pour des motifs culturels, soit à cause de la résistance même du système existant. Enfin, le court terme est l’ensemble des régulations possibles, comme petits pas dans un processus global et non pas comme une fin en soi. Il s’agit de solutions immédiates pour sauver des vies ou de solutions intermédiaires dans un projet plus global.

III. Les stratégies

Les stratégies à développer pour construire des alternatives en fonction des quatre paradigmes de ce que pourrait être le socialisme du 21e siècle se décline en plusieurs étapes. Il est toujours indispensable de délégitimer le capitalisme, car les convictions en ce domaine sont loin d’être universelles. La construction d’une conscience collective s’adressant non seulement aux effets, mais à la cause est la première étape nécessaire.

Mais il faut évidemment dépasser le niveau de la conscience collective, certainement accrue grâce aux Forums sociaux, pour déboucher sur des acteurs collectifs. Le néolibéralisme individualise les acteurs et favorise les objectifs ou les responsabilités purement individuelles. Un pas important dans la construction d’acteurs collectifs a été celui de la réalisation de réseaux sectoriels : les mouvements ouvriers, les mouvements paysans, les mouvements des femmes, les organisations des droits de l’homme, les mouvements écologistes, etc. Là aussi les Forums sociaux ont été un adjuvant important. Il faudra passer à un niveau supérieur, en organisant des réseaux de réseaux, sur des points précis permettant une transversalité dans la poursuite d’objectifs communs.

D’un point de vue stratégique, pour que les projets se transforment en réalité, il faut passer des résistances à l’offensive. L’articulation entre les mouvements sociaux et les acteurs politiques est par conséquent indispensable. C’est en Amérique latine qu’on assiste à un début de réalis

ation dans ce sens, qui au niveau des différents pays et au niveau du continent est en train de porter ses fruits. Tout cela nous amène à mettre l’accent sur la nécessité de la théorie en rapport avec l’action. Cette dimension est nécessaire afin de ne pas perdre la vision globale des objectifs et de ne pas tomber dans ce que Rosa Luxembourg appelait déjà les acquis particuliers, qui peuvent contribuer à la reproduction du système, s’ils ne sont pas remis en perspective par rapport aux objectifs globaux. La construction de la théorie n’est pas évidemment un travail purement académique, mais il ne peut être que le fruit de tous les « intellectuels organiques », c’est-à-dire tous ceux qui sont capables de prendre une distance vis-à-vis de l’immédiat.

Conclusion

Construire le socialisme du 21e siècle est certes une initiative nouvelle, qui bénéficie des expériences qui ont été faites, aussi bien que des nouvelles sensibilités véhiculées par les mouvements sociaux de la génération contemporaine, qui ont mis l’accent sur des valeurs et des aspects qualitatifs de la vie, de même que sur la démocratie comme moyen et pas seulement comme but. Mais en même temps, il s’agit d’une construction dans la continuité, car il y eut une pensée et des pratiques accumulées, qui sont riches d’enseignement. Même si le socialisme du 19e siècle ou celui du 20e siècle n’ont pas répondu aux espérances de ceux qui l’avaient construit, certains acquis théoriques et pratiques sont indéniables. Il s’agit donc de les discerner en fonction des nouvelles perspectives.

C’est dans une telle perspective que le socialisme du 21e siècle peut susciter des espérances et des enthousiasmes, allant bien au-delà des calculs mesquins de l’ ????. Il vaut donc la peine de poursuivre une lutte qui débouche sur la construction d’alternatives et de développer la pensée critique nécessaire à cet égard.

François HOUTART est secrétaire général du Forum mondial des alternatives et président du CETRI à Louvain-la-neuve

alternatives-international.net

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