070908 8 min

Le bien-pensant

Le sarkozisme ou le mensonge érigé en système

D'une part, ça va même plus loin, d'autre part les apparences sont produites par le cerveau de celui qui observe. Il faut s'approprier cela pour ne pas en être accusable.

Le mensonge d'état, la capacité à détourner le sens des mots complètement à l'inverse de ce qu'ils veulent dire pour signifier ce qui les arrange, en faisant entendre ce qui arrange le public, même s'il y a une rupture entre ces deux sens, est la manifestation d'une rupture intérieure (autrement dit un traumatisme) qui se joue au niveau du sens. Une Comédie.
Aller jusqu'à dire, que par exemple la TVA est "juste" car proportionnelle aux prix, et que donc si on achète plus on paye plus (autrement dit : arrêtez de réfléchir, c'est un ordre !) est sensé faire preuve d'une bonne foi emplie d'insouciance, d'une assurance telle que l'évidence la plus basse ne pourra pas tenir une seconde face à l'argumentation proposée.
C'est l'impression qui veut être donnée. Si on répond Oui mais non car il faudrait encore que les taxes soient proportionnelles aux revenus pour être "justes", ce sera comme si on voulait parler d'autre chose, faire dévier la conversation sur un autre problème qui n'a rien à voir, et faire tomber "le sujet" dans un piège.
Il apparaîtra immédiatement que c'était "normal" qu'il n'ai pas pensé que le sens des mots qu'il employait pouvaient avoir un sens contraire.
En effet, dès lors qu'on pose une problématique il arrive souvent qu'il faille étendre son domaine d'analyse pour qu'elle soit plus "juste".
Le calcul proposé par la politique est (très topique et significatif avec cet exemple) une addition mentale (que je décris ici : "plus = plus donc système = juste") à partir d'une rhétorique.
ET C'EST TOUT, pour ce qui concerne la réflexion.
C'est exactement ce comportement aristocrate, inconséquent et prétentieux, fondé sur des concepts obscurs et meubles (si meubles qu'à la fin ils s'entre-tuent), que nous passons notre année à disséquer et rendre mieux visible et donc évitable, quitte à ce que l'ennemi se serve de notre analyse.
Ici Einstein a introduit la relativité à une chose anciennement considérée comme extérieure et sans valeur, et donc on peut aller plus loin, que la conclusion de réflexion proposée avec la force de l'évidence du scientifique débutant. Beaucoup plus loin.
Être capable de prendre en compte un élément crucial dans une réflexion, ou ne pas être capable de prendre en compte un élément crucial dans la réflexion, telle est la question.
L'incapacité a pour conséquence un omnubilsme et colérique des incapacités des autres.
La dislocation de sens, thème de Orwell, est au coeur du mécanisme de dé construction psychologique (nommée démence). On pourra même être surpris que des voies littéraires amènent aussi loi sur une piste empruntée par la psychologie bien des décennies après. (Voies littéraires qui ne pourraient pas être aussi puissantes en empruntant une pensée Orwellien, ahaha).
Au travers de ces divers tours de passe-passe rhétorique il est question au final d'inculquer aux peuples la méthode qu'eux-mêmes utilisent dans leur réflexion, à savoir fonder la réflexion (d'une durée de 0.00001 seconde) sur la dialectique, et non l'inverse, qui prend beaucoup plus de temps.
Pour eux l'entendement est déjà tout écrit, et ils se basent dessus. Il leur apparaît frivole et naïf de vouloir se confronter à ce qui dirige la pensée qui es la leur.
Ce qui est vraiment utopiste et criminellement angélique chez lez sarkoziens en général (les aristocrates et ceux qui aimeraient l'être) cet évangélisme, se fonde sur la croyance aveugle selon laquelle les mots utilisés ont une signification unique et permanente, valable pour tous, tant ils sont étonnés de l'immanence procurée par des concepts qui sonnent bien à leur yeux. Ayant constaté que seuls ceux de leur clan comprennent ces mots de la même manière, ils estiment que ceux qui ne comprennent pas ou refusent de comprendre le sens des mots qu'ils utilisent font preuve d'une mauvaise foi répugnante.
La raison psychologique à ce blocage, cet arrêt dans la recherche de sens à ce qui "convenu" dans leurs propres cercles, est tout simplement l'incapacité en terme d'énergie intellectuelle à creuser davantage la question.
Et si jamais ils le font, 1 ce ne sera que pour répondre à une nouvelle mode, et 2 ce nouveau "paradogme" conservera les mêmes propriétés tribales que les précédents.
Il faut dire que la réflexion sur l'équité des impôts pourrait être très dynamique grâce à ce qu'on sait faire aujourd'hui en informatique, et à la capacité de tout savoir et tout mesurer en temps réel. On devrait s'empresser de développer ces algorithmes qui sont le centre de la politique que je défends.
Mais ce n'est pas grave car de toutes manières une bien meilleure idée finira par naître de toute cette arnaque publique qui fait perdre tant d'énergie et de temps à tellement de monde. Celle de constituer une société civile à laquelle les adhérants souscriraient pour obtenir une répartition équitable. Et ainsi se soustraire au système, en créant un état associatif.
Car ce qui manque cruellement au peuple (quand on sait que la lacune est au centre du psychisme des politiciens) c'est un état, un gouvernement, et une gestion des ressources publiques. Projet qui reste encore à cogiter (désirer).

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La deuxième remarque est pour l'acceptation dont, en fait, il est question dans la description de l'impression renvoyée par une dictature rhétorique et fulgurante.
Le peuple semble bien aimer cela, dans le principe, se dédouaner de toute réflexion et de tous conflits, et laisser cela aux politiciens. Qu'ils fassent leur vie, de toutes façon toute leur agitation n'a jamais eu d'impact sur le vent qui souffle dans une ruelle vide un dimanche après-midi.
Ils n'ont jamais laissé aucun souvenir et n'ont aucune place dans le souvenir du bon vieux temps.
Ils sont aussi inefficaces que bruyants, et moins stériles que nuisibles. Il vaut toujours mieux les éviter, c'est comme la police.
La seule influence qu'ils n'ont jamais eu sur les gens qui les entoure consiste en une pression psychologique chronique due à la sainteté de leur grade, leur autorisant à dire n'importe quelle bêtise sans jamais, depuis l'enfance, n'avoir souffert de la moindre contradiction. Dans leurs cercles la contradiction est synonyme d'affront pour prendre la place de l'autre, comme chez les cow-boys dans les bars, prêts à entrer en duel pour la moindre contrariété.
Leur monde de la politesse surfacée de chrome ne souffre pas de contradiction ou de réflexion, seul ce qui est fédérateur et typologique de leur cercle leur saute aux yeux comme une vérité universelle, à laquelle ne pas souscrire justifie la non appartenance à leur cercle.
Cette aristocratie existe depuis longtemps comme une jet-set qui a des centaines d'années d'expérience dans la recherche du superflu et de l'euphorique.
Anthropologiquement il a toujours été inclus dans leur discours que "le monde les écoutait" "qu'est-ce que les gens vont en dire", etc... Cela provient certainement d'une branche fanatique religieuse, où la foi était telle pendant tellement de générations, que tout devait être sous-pesé dix fois avant d'être déclamé, au risque d'une violent punition à peine prévisible.
Cela découle directement du moyen-âge, où l'école enseignait dans toute sa rudesse la scolastique et la sclérose intellectuelle qui va avec, ensuite mutée dans les temps modernes en divers dictats sociaux.
Ensuite ce sont des courants artistiques populaires qui ont, par un de ces fameux retournements, inventé un principe de super-aristocratie comédienne, lorsque celle-ci a rencontré le chemin des Arts. Avec la télévision, et cela est d'une prime importance pour l'anthropologie des sociétés occidentales (qui subissent une mutation structurelle passant pas une déconstruction regrettable et souhaitable à la fois) est apparu le phénomène de starification de certaines personnes, brillantes et éternelles comme les étoiles. Alors la super-aristocratie explosait, et désormais on n'était plus "soucieux" de ce que "le monde" répondrait si par hasard on se montrait original.
Mais par contre entre temps « le monde » est devenu « vraiment le monde tout entier », c'est à dire que n'importe qui peut quasiment avoir accès, un jour ou l'autre, à « ce qui a été dit » et le juger depuis ce point de vue.
Et par un phénomène de re-récupération, très étrange à observer, en raison de la structure socio-économique (qui est délirante d'injustice) la néo-aristocratie s'est vue définie par un nouveau mode de reconnaissance mutuelle, la quantité de tune disponible sur le compte, qui constitue un paradigme qui fait voir certaines choses et en occulte d'autres, et particulièrement, « ce que pense vraiment le monde ».
Deux courants se sont rencontrés, les riches propriétaires qui n'étaient pas des stars pour autant, et les stars qui n'étaient pas des aristocrates pour autant (dont Doc Gynéco ahaha), qui se retrouvent affiliés par un caractère commun, le pognon et le désir de pognon.
Ce sont les politiciens, qui disposaient du pouvoir mais pas d'argent (eh oui puisque l'argent est un bien de consommation appartenant à des entreprises privées - j'avais bien dit que c'était délirant) qui ont été très content de créer ce super-cercle avec d'une part, les super-riches qui veulent être aimés, et les "stars" qui possèdent une fructueuse baguette magique capable de valoriser n'importe quel bien de consommation.
Et dans le même temps "la télévision" a joué un rôle de plate-forme (de plateau) pour recevoir ces mondes si différents qui se ressemblent, en ayant vraiment une foi pleine et entière en ce concept d'universalisme télévisible, et en étant très fiers d'eux-mêmes.
Alors que ce n'était qu'une comédie symbolique et manichéenne de ce que le monde devrait avoir à souffrir, à savoir l'union des peuples, qui elle-même conduit à une toute autre manière de penser le monde que ce à quoi "le bien-pensant" n'est capable d'accéder.

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