070905 8 min

L'activation des symboles - un interrupteur juste à côté du coeur : la bombe humaine

«Tout peut s'accomplir si tu concentres ton esprit »

Ceci était une publicité. Enfin un message publicitaire. N'y voyez aucune malice, nous sommes altruistes. Nous disons des choses douces à entendre pour vendre, il n'y a aucun mal.

Étant donné le puissant canal de transport d'informations que constitue la publicité, il serait surprenant qu'il soit pur à 100% de tout machiavélisme.
L'intoxication de la pureté du message par d'autres messages additionnels, plus idéologiques, ne peut pas être égal à zéro.

Sachant que le canal de transport d'idées nommée "l'Information" est presque à 100% infecté, il serait surprenant que le canal de la publicité le soit à seulement 1%, par exemple.

Le deuxième niveau de lecture consiste à cumuler divers messages qui sont dans la même veine, les "dépasse-toi toi-même" et les autres "Parce que tu le vaut bien" (celle-là est mythique - il existe un très bon article quelque part à ce sujet qui explique à quel point l'insulte implicite est grande).
En fait chaque message consiste en la transmission d'un symbole auquel est affecté une auréole somatique d'affectivité.
L'objet-symbole, le "toi" au centre du concept de dépassement, est un sous-produit du cerveau décoré avec des guirlandes clignotantes pour le rendre plus joli.

Comment le dire autrement ? Le message est un objet, cet objet est représenté par un symbole, le symbole est un "toi" (qui est moi), et ce dont "il" est symbolique, est une constellation de sentiments exacerbés de jouissance.

Décompacter cela permet, notons-le, de finalement ne décrire que ce qu'il y a dans la tête de l'auteur de ce nouveau dogme publicitaire. (on ne dit plus un slogan)

Cumulé à d'autres symboles ainsi implantés dans les cerveaux des gens naïfs (dont 100% y compris leurs auteurs qui croient en ce qu'ils disent), nous pouvons construire de cette manière un véritable alphabet idéologique, faits de symboles, activables très facilement dès qu'on évoque la dimension spirituelle de la publicité, en l'occurrence dans notre exemple, un sentiment de supériorité et de sagesse propre à pouvoir ensuite donner des leçons.

On rencontrera souvent cette émotion dans la politique, dans les discours de Sarkozy, qu'on appellera par convention "le sujet" (émetteur et activateur des symboles implantés, couramment aussi dénommé "le maître".)

Que ce soit dans son discours en Afrique pour dire que les Africains sont à côté de la plaque mais qu'on veut bien les aider s'ils s'aident eux-mêmes,
Que ce soit auprès des professeurs pour leur inculquer la conscience tranquille d'avoir oppressé psychologiquement des enfants en étant radicaux avec eux ;
Que ce soit pour rasséréner la populasse sur le fait qu'une fusion GDF-Suez est la seule option qui nous sauvera tous (concentre-toi... et tout devient possible) ;
Et des milliers d'autres, il est toujours question du même sujet, un obscurantisme idéologique, un chant de guerre, répété sous toutes les formes, afin qu'à chaque fois qu'il réapparaît d'une nouvelle manière, il semble confirmé par les précédentes douceurs publicitaires enregistrées.

Et cela encore n'est qu'un symbole, cultivé soigneusement, qui s'ajoute et se rend logique avec la présence d'autres symboles passés, et dont le couple permet d'envisager quels seront les futurs symboles dictés, comme les mots d'une phrase.
Pour détecter assez tôt la phrase qui va être prononcée, ce n'est possible que si on l'a déjà entendue, et c'est sur ce point que la diffusion de l'inculture, par la saturation neuronale avec des suspenses haletants à la télé, est très précieuse pour le pouvoir en place.

Si je parle de "chants de guerre" c'est en prévision de ce que sera cette phrase, cette succession de symboles tous mis ensembles, qui un jour risque d'être prononcée, avec pour effet immédiat qu'une grande masse de la populasse s'élance éperdument dans une guerre qui lui semblera à ce moment-là, hautement légitime, et touchant à sa dignité intime.

Juste une activation pour lancer des robots pré-programmés, ailleurs, loin de là où autrement, ils auraient fini par déranger l'état en place.

--

le sarkofanatisme, drogue hallucinogène

Après un discours à un public convaincu et naïf (le public est toujours naïf - malheureusement) un commentaire passe à la télé :
"Ah oui ça nous a fait de bien ! Un discours comme celui-là ça nous requinque !".
Il faut dire qu'entre-temps le président élu, sur 100 jours de travail, en a passé la moitié en vacances, donc ils commençaient à se poser des questions.

Et j'aimerais dire que j'ai ainsi réalisé une des plus belles prouesses dans le domaine de la psychologie, où pour une des premières fois, nous avons pu prévoir un comportement, précédé d'une pathologie précisément disséquée.

En effet la dépendance érotomane est due à l'habituation à la réflexion inconsciente induite par le discours raciste et patriotique, dénué de problèmes de conscience du sujet, qui émet, mais auquel on ne peut rien dire, comme s'il était une personne morale.

Nous sommes dans le cas du syndrome de Stockholmes, quand la victime est devenue capable d'admettre sa dépendance au sujet, ou qu'après avoir été assénés, les coups deviennent demandés, car cru mérités.

Cette réflexion subconsciente induite, aucun autre mécanisme que la stimulation des symboles précisément ordonnés ne peut la provoquer.

Elle possède l'avantage, comme tout virus possède un avantage, de commander au cerveau de produire des calmants neurochimiques.

Et ce avec une efficacité qui ne peut être égalée qu'en cas de dépassement de la force avec laquelle elle est renvoyée par la stimulation, qui a la charge, elle, de devenir de plus en plus puissante (pour obtenir un effet égal).

Quand les gens seront en manque d'activateurs, si Sarko euh le sujet disparaissait, ils en seraient réduits à s'entre-stimuler entre eux mais de façon chroniquement insatisfaisante.
Autant dire que le mal, le virus psychologique, a déjà été instillé, et qu'il aura des effets néfastes bien après la décomposition inéluctable du corps du sujet (un jour).

C'est d'autant plus dommage que cet impact n'est pas l'esprit du sujet, son esprit on ne le connaît pas vraiment, mais ce virus lui, existait bien avant, et ne demandait qu'à être réactivé au moyen du premier inculte venu, ayant un grand pouvoir de dictateur, enfin je veux dire, d'orateur.
Comme Hitler. Lui aussi c'était un bon orateur. Les gens en étaient très contents. Ils étaient de tout coeur avec lui. Ils le vénéraient. Ils étaient prêts à tous les sacrifices pour apaiser sa colère.

Normalement la Nature avait bien fait les choses en pensant qu'aucun inculte ne pourrait jamais avoir d'influence sur la masse, mais c'était sans compter sur une extrême distorsion de la perception de la réalité, faisant valser l'histoire des peuples d'holocaustes en holocaustes.
Et où un contexte de favoritisme indu et dérésponsabilisé permettrait que des gens s'amusent à utiliser comme des pions, les dirigeants étatiques.
C'était vraiment pas très prévisible par la nature mais bon elle fera son oeuvre quand même.

--

Si seulement tu arrivais à concentrer ton esprit, après tout serait possible

L'autre point commun avec de nombreux dogmes publicitaires de cette catégorie, est l'omniprésence du « tu » qui tue le « nous » qui, lui, aurait été un peut trop révolutionnaire.
Tant que les gens sont contents du « tu » qu'il y a en eux, la satisfaction produite compense tous les petits tracas de la vie !
Si il y avait des gros tracas à compenser, alors là on sortirait de la zone d'achalandage du message.

Mais surtout ce qui importe, c'est de concentrer l'attention sur le « tu » qui est en toi et que tout le monde voit, et risque d'accuser s'il n'est pas conforme à la norme d'achalandage.
Car pendant ce temps-là, pas question de penser à un « nous ».

D'abord, c'est pas publicitaire, nous, mais surtout c'est révolutionnaire. Si les gens qui ne sont pas habitués à penser à un « nous » entendaient une telle proposition, ça risquerait de leur donner envie.
Si d'autres, plus rares, se reconnaissaient eux et leur « nous » dans le message, cela les fortifierait, et d'ailleurs un « nous » est tellement plus puissant qu'un « je », que cette impulsion énergétique se ferait entendre de loin et aurait des conséquences positives visibles rapidement.

Imaginez le désastre si les gens se rendaient compte qu'à seulement 12 personnes qui se complètent bien, ou même moins, elles-mêmes correctement greffées au sein d'autres réseaux de personnes, ils pouvaient réaliser des actes politiques d'une grande valeur sociale et au détriment des grosses industries qui n'ont pas pignon sur rue, reléguant ainsi à l'insipide toute l'agitation politique ; cela ne serait pas favorable à l'institution étatique.

D'ailleurs, quel pourcentage de messages publicitaires peut-il être qualifié d'anti-étatique, révolutionnaire ou seulement social ?

La publicité reflète-elle vraiment l'opinion publique comme elle le sous-tend avec les dents de son sourire, ou bien au contraire met-elle en exergue certains, pour en écraser d'autres, tenant ainsi la main à toute une idéologie, qui par ailleurs est la même que celle du sujet ?

Si seulement on décentrait notre esprit de notre petite personne pour s'apercevoir à quel point les réseaux organisées ont un grand pouvoir sur la politique.

_8119