27/05/2006 3 min #1076

Pourquoi changer de système

Le 26 mai 06 à 13:49, Etienne MAILLET a écrit :

Les élites (dont nous sommes probablement, et si ce n'est économiquement ou

politiquement) ont toujours et pensent toujours agir pour le bien commun, ne

serait-ce qu'au titre de rationalisation secondaire. Les hyper libéraux - tout au moins c'est leur discours, oeuvrent pour une concurrence profitable

à tous qui créera en retour plus de bien être et plus d'emploi. Ils sont

sincères . Ne le sommes nous pas aussi ? Les hommes mauvais sont rares

(encore agissent-ils pour leur bien propre). Ignorer et se méprendre sur ses

adversaires (comme sur ces amis) est une erreur qui peut-être lourde de

conséquence.

Ma vie a été agitée et j'ai rencontré des politiques puissants, des

richissimes, des petits de tous les pays, des fous, des criminels et

d'autres encore. C'est une erreur de penser qu'en face se trouvent les

méchants, et que les bons sont de "notre" côté. Le corollaire c'est

effectivement que les mauvais sont aussi de ce côté, et en tant qu'homo

sapiens sapiens, frère de ces grands anthropoides dont on a découvert

récemment qu'ils menaient des guerres d'extermination absolue et n'étaient

pas même étrangers à la cruauté , frère donc des ces autres espèces humaines

qui ont jadis peuplé la planète et que Sapiens sapiens a exterminées, je me

compte parmi les nuisibles. Il me semble que les expériences totalitaires

des temps modernes - comme celles qui se préparent de l'utra côté de

l'ancien mur, nous l'ont sufissament enseigné. Craignons comme la peste

l'angélisme, craignons l'humaine nature. S'illusionner sur soi-même est une

erreur tragique. On ne peut en toput cas fonder une morale sur des sables

mouvants, des prémisses mal assises. L'éthologie (l'étude des comportemnts

animaux) est une source de renseignements puissante pour comprendre l'animal

humain.

La question du bien et du mal , ou de la morale, ne passe pas ESSENTIELLMENT

par les individus, mais par une construction intellectuelle et

institutionnelle (comme le sont le langage ou la prohibition de l'inceste)

ardues, difficile, au centre de laquelel se trouve la question du pouvoir et

dont le déterminant principal est la taille du système (et donc la

démographie). Ne vous illusionnez pas sur vos amis non plus. Tout va bien

tant qu'on est tous du mauvais côté du manche. Contemplons le passé (et pas

seulement deux cents, deux mille, huit mille ans, mais plutot quarante mille

voire dix millions d'années) : son poids est tel qu'il est plus probable

qu'il se reproduise plutôt qu'il ne change (voir Mandelbrot, l'inventeur des

fractales et sa pensée sur le sujet). Le passé est-il fatal ? Pas

nécessairement. Mais de fausses conceptions sur la nature humaine

certainement.

Etienne Maillet

PS: La fin ne justifie pas les moyens : les mauvais moyens finisssent

toujours par pervertir la meilleure des intentions (Gandhi). Les allusions

torves ne salissent que les mains qui les écrivent.

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