26/05/2006 7 min #1029

Système des brevets

Le 20 mai 06 à 13:33, dav8119 a écrit :

C'est un vrai problème ; et aussi une voie d'accès à un nouveau Système.

On peut essayer de prendre un recul historique.

Dans son idéal, le système capitaliste c'est : "chacun se débrouille

pour son propre compte".

Dans son esprit, les gens sont honnêtes, et égaux, si bien que le

petit qui arrive dans la vie avec une bonne idée serait félicité, et

gagnerait plein d'argent.

C'est sur cette utopie - vraiment de l'idéalisme mensonger pour le

coup - que se fonde notre système.

Avec l'évolution vers le regroupement des puissances afin de créer

une optimisation (= communisme inavoué), les sociétés ont pu

accaparer une place grandissante et inévitable dans leurs secteurs

respectifs.

Par exemple, le joyeux entrepreneur qui a eu l'idée de vendre aux

honnêtes gens de l'électricité, a eu une bonne idée...

Seulement voilà, un siècle plus tard toute la structure économique

est entièrement greffée sur le fait qu'on a tous besoin

d'électricité, quelle que soit notre activité ou non activité. C'est

devenu du domaine vital.

A partir de là, il m'aurait semblé logique que cette électricité soit

de provenance publique, ce qui a été le cas, avant que n'apparaissent

le principe de "privatisation", en fait on aurait dû dire "re- privatisation".

Mais ce n'est pas tout parce qu'ensuite se livre un combat sans merci

pour conserver la posture de monopole qui pourtant a été définie dès

le début comme illégale,.

Dans son utopie capitaliste, on s'est dit : "d'accord pour que des

entreprises se conglomèrent en entreprises géantes mais à condition

que soient interdis les monopoles".

C'est une sorte d'assurance morale que le leader sur un marché ne

devienne pas un tortionnaire injuste et tout puissant.

Mais est-ce que cette règle fonctionne ?

N'est-ce pas contournable ?

Peu à peu il s'est créé deux mondes, celui des dominants et celui des

dominés (c'est la sociologie qui l'admet), les dominés étant les gens

pour qui deux vies ne suffirait pas pour élaborer un système

concurrentiel à celui existant.

D'autant plus comme je l'ai dit, que les entreprises conglomérées

possèdent de puissants moyens de sauvegarde de leur posture quasi- monopolistique.

Historiquement, il a fallu créer le principe des brevets et c'est

vraiment à partir de ce moment qu'on est rentré dans l'illicite du

point de vue de la logique et de la morale, du bon sens.

En effet si soudainement on peut déposer un brevet alors qu'avant ce

n'était pas possible, il aura fallu délimiter avec rigueur ce qui

n'est pas brevetable, en toute logique les inventions issues de notre

histoire comme la roue, la médecine, la construction de bâtiments,

etc...

Mais cette limite ne peut être que trop floue.

Parce qu'une seule amélioration ou nouvelle idée, susceptible dans le

futur d'appartenir à toute l'humanité, ne peut plus l'être, et

appartiendra désormais à un des puissants conglomérats commercial,

dont la puissance de feu autorise à eux et eux seuls d'avoir accès à

ces inventions.

On a tous entendu parler du complexe militaro-industriel, mais il est

moins connu que ce complexe s'étend des Etats-unis à la Chine, et

détient les brevets pour les machines à coudre, la confection de

vêtements, l'agriculture, pour ne citer que ces petits exemples.

Donc à chaque fois qu'une chaussure est cousue, ça l'aura été en

reversant une quote-part (on va dire) à ce complexe détenteur de ces

brevets.

Il en va de même pour la médecine, où on abouti à une immoralité sans

nom, inhumaine, à partir du moment où le prix des médicaments est

régit par les détenteurs des brevets.

On a en tête les scandales des premiers pseudo-médicaments pour

soigner le SIDA, à l'époque, les quelques premiers malades devaient à

eux seuls alimenter à la fois le coût de la recherche scientifique et

à la fois le coût du dépôt des brevets. Qui plus est, en raison d'un

effet de racisme envers la gente homosexuelle, les prix étaient

encore gonflés davantage.

Qu'il soit possible de soigner un malade et qu'on en arrive à tendre

devant lui le médicament en lui disant "si tu payes pas...." est

exactement le genre d'ignominie à laquelle conduit le manque de

discernement dans la conception des règles du jeu du système social.

Au grand public, on continue de faire croire que déposer un brevet

permettra de sauvegarder son invention alors pourtant que le dépôt du

brevet est si onéreux qu'il freine le développement technique, de

sorte que l'idée puisse être récupérée, modifiée à temps, et que la

technologie déposée soit ainsi rendu caduque.

Au mieux quand on signe avec "une major" (on va dire), comme le

souligne ffvert2907, en échange un contrat de travail à durée

indéterminé contre le don des brevets à ces firmes.

Quand Jean Moreno, au meilleur des cas, a inventé la carte à puce,

son invention a été confinée assez longtemps pour retarder son

expansion, de sorte que les grandes firmes puissent agir plus tard et

sans lui.

Il y a aussi l'inventeur de l'extincteur des puits de pétrole, qui

s'est vu tout simplement traité de voleur et de minable, alors qu'il

avait déposé le brevet, et eu l'idée dès l'origine.

En fait c'est en comparant le nombre de fois qu'il aura été utile de

déposer un brevet par rapport au nombre de fois que cela aura conduit

à une impasse, qu'on peut juger de l'utilité d'un tel système, qui

pourtant est entièrement greffé logiquement sue les fondements du

système économique capitaliste.

Contre-exemple : l'OpenSource.

Ce concept né de l'informatique devient le nom donné au principe

selon lequel on désire rendre collaborative et publique une invention

et son développement.

Le informatique est le fondement de tous le logiciels qu'il permet de

créer.

Alors ça n'empêche pas de se montrer ingénieux et de créer des

logiciels innovants, mais d'un point de vue moral et logique, il est

difficile d'envisager de breveter un logiciel construit sur un

langage dont le développement aura été confié à une collaboration

internationale et désintéressée.

Cela opère un retour en arrière si on peut dire, et soulève de

nouvelles questions.

Un logiciel est un peu comme de la musique, un paquet de données

copiables facilement et d'ailleurs c'est tout son intérêt qu'il soit

copié et diffusé, puisqu'il participe à son tour à toute une culture

commune.

La tristesse c'est de voir que des lois apparaissent sur le principe

de la propriété privée appliquée à des concepts qui sont du domaine

publique et qui ont tout intérêt à le demeurer. C'est comme un

anachronisme.

C'est un peu la preuve que le système actuel arrive en bout de course.

Mais cela soulève de nouvelles questions et donc un nouvel appel à

innovation, du point de vue systémique :

quel système commun faut-il mettre en oeuvre pour rendre licite cette

pratique née du simple bon sens ? (la pratique collaborative)

Comment sera-t-il possible dans le futur de motiver l'inventivité si

en retour on a rien ?

Toutes ces inventions de cette nouvelle collaboration le sont à

partir du temps-libre de chacun qui par ailleurs doivent travailler

chez McDo pour payer son loyer. A partir de là débute le

questionnement sur les nouvelles règles sociétales qui dans l'absolu

restent à mettre en oeuvre.

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