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Esquisse D'une Anthropologie De La Servitude Idealisee - Vi

La vassalité idéalisée au quotidien

Identité linguistique et identité nationale

1 - Qui sont nos dieux ?

Depuis quand la force se laisse-t-elle valider par le spectacle de ses rages? A quoi bon brandir sans relâche une apocalypse de confection? Quels sont les appâts que tu nous présentes à l'étalage? N'as-tu pas honte de nous mettre un tel argument sous le nez? Je vois des friandises dans ta main gauche et des châtiments épouvantables dans ta main droite Mais n'est-ce pas de la cruauté de ton ciel de fer que tu nous présentes les plus terrifiants apanages?

Nos dieux sont malins. Ces diablotins avaient commencé par s'entendre entre eux pour nous démontrer qu'ils sont plus grands, plus beaux et plus forts que nous. Aussi notre petitesse et nos infirmités face à la rudesse de leur charpente nous a-t-elle longtemps interdit d'observer le gigantisme de leurs travers. Notre Zeus terminal fonde, lui aussi, le monopole politico-cérébral de son omnipotence sur des démonstrations apprêtées de sa moralité tout apparente et renforcée de froncements de sourcils irrités. Ne prétend-il pas qu' il aurait créé le monde dare dare, ne craint-il pas de soutenir que notre crainte des effets sanctifiés de sa colère obtiendrait de notre semblant de libre arbitre que nous rendions un culte effréné à sa gloire et à son omnipotence?

Jamais nous ne rendrons à ce prix les armes à ton ciel. Depuis que nos sondes spatiales nous ont appris que l'errance d'autres planètes, nous fait la nique dans le vide et le silence de l'immensité, nous sommes devenus méfiants à l'égard des artificiers de leur propre éternité. Nous demandons maintenant à un Zeus accablé par son grand âge qu'il nous présente des preuves un peu plus pensantes de l'atrocité de ses exploits que celles, seulement musculaires qu'il présentait à Job sur son fumier.

2 - L'Allemagne en fauteuil roulant

Nous demandons qu'une crédibilité morale habille désormais les prouesses d'adolescient de notre Jupiter. Car nous nourrissons les plus graves soupçons au spectacle du timonier rudimentaire et aux promesses en l'air que nos ancêtres nous avaient mis sur les bras. Cet apprenti est devenu un ignorant en astronomie. La goutte de boue la plus proche de la nôtre gire à quatorze siècles de la durée de la course de notre messager le plus rapide, la lumière: notre sonde des ténèbres, que nous avons baptisée Rosetta, arriverait à bon port écrasée par le poids des ans; car ce cancre mettrait vingt millions et sept cent cinquante huit mille ans pour y affaler ses rouages fatigués et ses ressorts brisés. Mais le voyage de plus de treize milliards de milliards de kilomètres de ce canasson ne couvrirait jamais que la dix millionième partie du microscopique cosmos de la matière inanimée au-delà duquel la béance de l'infini et du vide terrifie maintenant nos explorateurs de l'immensité. Aussi ne tournent-ils jamais leurs regards effarés du côté du néant. Il nous faudra inviter Jupiter à partager notre connaissance nouvelle de notre petitesse et de la sienne.

Quand nous voyons nos Etats glisser des mains de notre infirme de là-haut et tomber dans la nasse de notre langage de parqués dans le vide, nous constatons que ce changement du bâton de notre politique de fouettés à vif nous rend fort dociles et fort pieux tout ensemble. C'est à peine si, dans le coin de cent cinquante millions de siècles de la lumkière où nous nous trouvons relégués, nous émettons quelques grognements et grommellements dépités. Du reste, notre appétence naturelle pour nos allégeances empêtrées entre le ciel et la terre s'exprime avant même que s'engagent nos batailles partagées entre nos sceptres terrestres et ceux du sacré à nouveau en expansion dans nos cervelles ballottées.

Avant même d'engager un combat de ce calibre entre ces deux managers de notre tête, nous proclamons haut et fort qu'il n'est plus temps de tergiverser, et qu'il nous faut choisir sans tarder entre le levain du vainqueur et le venin du vaincu. Ces deux autorités sont aussi sanglantes l'une que l'autre et en rivalité à mort entre elles - leurs doctrines ne se font pas de quartier. Mais si vous refusez de parier pour le ciel du gagnant, votre imprudence vous fera tomber de Charybde en Scylla, et le poison de la défaite servira le nectar de la vengeance au vainqueur.

3 - L'immoralité des démocraties idéalisées

Mais voici l'autre Allemagne des vaincus vertueux et repentants sur le dos d'autrui, l'Allemagne de l'immoralité et de la candeur de la démocratie vassalisée de l'Europe: au cours de sa rencontre du 10 mai 2015 avec Vladimir Poutine, Mme Angela Merkel s'est étonnée, avec la bonne foi la plus sincère et la plus enfantine, du "forfait" d'une Russie qui, à l'entendre, aurait profané les règles de la "communauté internationale", celles qu'attendent les démocraties pseudo idéales et scolarisées au profit de leur maître d'outre-Atlantique, celles dont l'autorité administrative est tombée dans la raideur et la platitude d'esprit des bureaux, celles des guerriers d'une fausse "Liberté" et d'une fausse "Justice".

Où est-elle passée, la vraie grandeur des Etats souverains, au nom de laquelle la Russie devrait se trouver châtiée? Quel droit international invoquer dans ce gâchis et ce tohu-bohu? Une Allemagne asservie dans l'arène de sa défaite depuis trois quarts de siècle ne saurait donner des leçons de vertu démocratique à un monde qui a perdu sa noblesse? La Chancelière allemande a eu l'audace de définir la morale et l'honneur du monde sur le modèle de la domestication des Germains contrefaits de son temps. Une fierté en haillons n'est pas un drapeau.

Si les défaites militaires elles-mêmes n'ont jamais légitimé en rien l'amputation perpétuelle du territoire d'une nation par le glaive d'un voisin victorieux, si l'Allemagne de l'Ouest a retrouvé sans coup férir l'Allemagne de l'Est et la France l'Alsace et la Lorraine au prix de plusieurs millions de morts de part et d'autre, à plus forte raison, un messianisme économique comme celui des apôtres du marxisme ne saurait priver à jamais la Russie d'une Crimée qui lui appartient depuis trois siècles.

Le vrai peuple allemand n'est pas à l'école des cavernicoles de l'abstrait, le vrai peuple allemand salue, en l'infirme paradigmatique et l'estropié symbolique évoqué la semaine dernière l'héroïsme d'une victime résurrectionnelle; le vrai peuple des Germains s'incline devant sa propre image de paralytique en fauteuil roulant.

4 - Les malheurs de Guillaume Tell en bas allemand

Cette histoire d'éclopé propitiatoire est également un contre-feu: elle raconte aux Athéniens qu'ils se trouvent, eux aussi, dans un fauteuil roulant, et toute l'Europe à leurs côtés: "Qu'avez-vous fait des prouesses de vos ancêtres, où sont passés Salamine, Platée, les Thermopyles? Qu'avez-vous fait du levain qui faisait de vous une nation de vaincus glorieux? Une Germanie inexorablement vouée à l'évanouissement de sa langue se donne une identité pleine de reproches; et c'est dans le no man's land d'un lexique enseveli que resurgit le pain bénit de l'honneur militaire des ancêtres, celui en lequel la sainteté de la foi protestante et celle de la sainteté de l'héroïsme militaire des Germains associent derechef leur grandeur légendaire.

Mais, dans le même temps, on voit se dessiner - et en traits appuyés - l'ultime soubassement anthropologique, du soldat bureaucratisé et démocratisé à l'américaine: ce manchot de l'honneur militaire d'autrefois est condamné à survivre sur l'île déserte d'un héroïsme devenu fantomal, parce que l'Allemagne officielle s'est convertie aux travaux et aux jours d'un Ivan Denissovich, cet ouvrier concentrationnaire de Soljenitsyne. On sait que le malheureux Schaüble croit possible d'accomplir sa tâche quotidienne de héros du Goulag à la fois dans l'honneur allemand retrouvé et au service de son maître en idéalités vaporeuses, ce qui change l'Europe pseudo démocratique en un pont de la rivière Kwaï du monde moderne - et au seul profit d'un empire étranger aux dents longues.

Certes, on verra encore paraître quelques ouvrages tardifs et rédigés en salmigondis franco-allemand mais comment un chef-d'œuvre vivant et respirant véhiculerait-il un charabia court sur pattes? Un discours condamné à se fracasser à chaque pas sur un mot qui refusera tout net d'exercer la fonction originelle qu'on voudrait lui assigner demeurera à jamais un corps étranger à la nation et à la langue allemandes. Comment un Schiller d'aujourd'hui ferait-il parler un Guillaume Tell de la fin du XIIIe siècle dans un dialecte de passage? Impossible de mettre Komplot, investieren, kalculieren, engagieren, kombatieren, transparent, inacceptabel dans la bouche d'un arbaletrier de la fin du Moyen-âge. Il y a cinq siècles que nous avons remis la langue française sur le droit chemin: souvenez-vous des écoliers latinisés qui déambulaient par les "compites - quartiers - et les quadrivies - carrefours - de l'urbe - la ville".

5 - La vassalité idéalisée au quotidien

Vladimir Poutine avait le devoir de se placer dans la postérité politique de Pierre le Grand et de Catherine II (La classe dirigeante des Etats vassaux, IV - Pour un droit international rationnel, 10 juillet 2015) et dans la postérité du Tsar Nicolas II, assassiné en 1917, parce que l'histoire est l'horloge d'une logique dont les heures sont celles de l'honneur des nations; et il se trouve que la logique interne qui pilote l'histoire des grands peuples contraint leur raison de se frayer un passage vers la mer. Mais une évidence inscrite depuis des siècles dans la marche rationnelle des nations dépasse la science ménagère et les recettes cuisinées de la politique et de l'histoire que la fille d'un prédicateur protestant a apprises à réciter sur des bancs de l'école des travaux et des jours de notre temps - l'éducation publique des Germains d'aujourd'hui se trouve, pour l'instant, falsifiée, catéchisée et banalisée à l'américaine.

Une grille de lecture évangélisée heure par heure par l'universalisme de pacotille du vainqueur mythologise une contrefaçon féroce de la Liberté politique de tous les vrais Etats. L'Allemagne se trouve réduite en sous-main à se couvrir d'un sac de cendres. Je rappelle seulement que, depuis trois générations, deux cents places fortes censées brandir le glaive de la Liberté aux yeux du monde entier se sont rendues constitutionnelles sous la cuirasse du traité éternel d'auto-vassalisation de Lisbonne. Un "ordre international" contrefait et réputé sanglé de vertus libératrices a condamné la Germanie contemporaine à s'agenouiller à perpétuité devant leur vertueux triomphateur de 1945. Tout maître du monde tient le sceptre du Bien et du Mal dans ses mains ; tout propriétaire de la vérité règne sur les imaginations.

Mais que signifie, sur le long terme, un messianisme dont les platebandes du salut et de la délivrance politiques se ramifient désormais sur toute l'étendue du globe terrestre? Comment un peuple allemand qu'une mixture ridicule du français et de l'allemand prive du dictionnaire de ses ancêtres s'étonnerait-il de ce qu'un empire lointain espionne ses dirigeants un par un et surveille jour après jour les entreprises industrielles du pays? Le 26 mai 2015, un Allemand sorti tout droit de l'Essai sur les mœurs des Germains de Tacite ayant dressé sa haute charpente dans l'enceinte du Bundestag pour sommer la chancelière de publier, dans une presse ridiculement qualifiée de libre, la liste complète des entreprises allemandes et des citoyens surveillés de près par le gigantesque service d'espionnage du monde entier dont disposent les Etats-Unis d'Amérique, M. Barack Obama s'est contenté de répondre que si une telle insolence du mythe de la rédemption démocratique devait retentir sur le sol allemand, la cruauté de son absence au sommet du G8 - réduit à 7 - en Bavière le 5 juin 2015, vengerait éloquemment ce camouflet sacrilège.

Le danger d'un silence aussi horrifique de l'oracle de la Liberté du monde a fait frémir l'ossature errante qu'on appelle encore la nation allemande. La terrible menace du néant que l'ange de la Liberté mondiale a fait planer un instant sur l'astéroïde du vide a sonné aux oreilles d'une Germanie amputée pour longtemps de sa foi en ses retrouvailles avec son histoire réelle. Mais puisqu'une Allemagne spectrale sous le harnais de l'OTAN et du traité de Lisbonne tente de soumettre l'Europe tout entière à son propre évanouissement politique et linguistique, comment combattre la mort des gosiers sur un continent devenu aphasique? D'un côté, les hoquètements du français dans la bouche des représentants officiels de la République et, de l'autre, la dissolution de la langue des Germains sur leur propre sol introduisent la psychanalyse de la décadence des langues écrites et parlées dans l'anthropologie critique et dans la géopolitique.

6 - Les avatars du verbe exister

Pour l'instant, des régiments d'éducateurs armés jusqu'aux dents des missels d'une démocratie idéalisée prétendent unifier et affermir l'identité d'un Continent des cierges et des bréviaires que brandit le mythe de la Liberté. Ces vassalisateurs déguisés en catéchistes chevronnés cachent mal le képi qui les commande de loin. Ils tentent donc de vous faire croire que le drapeau étoilé d'un empire étranger serait le messie attendu de toutes les nations de la planète. Jamais encore une civilisation conduite au bord du gouffre n'aura eu à ce point et aussi clairement le choix entre les périls d'une liberté politique réelle et ceux d'une servitude auréolée des vocables du salut et de la délivrance. Raison de plus d'apprendre la politique et l'histoire à l'école des anthropologues des nations. Car seuls ces analystes des démocraties contrefaites savent dans quels songes l'humanité s'enveloppe et seuls ils s'informeront des catastrophes cérébrales dans lesquelles les décadences drapent leurs oripeaux.

Longtemps l'humanité aura cru qu'il lui fallait choisir entre, d'une part, les défroques des religions pleines d'une assurance illusoire - alors que les dieux censés uniques se révèlent en lutte à mort entre eux au chapitre de leurs prérogatives et de leurs apanages respectifs - et d'autre part, les haillons des politiques qualifiées d'humaines, mais soigneusement calquées, en sous-main, sur des copies agrandies et modernisées de notre vieux Jupiter. Et voici que le IIIe millénaire nous convie à retourner sur nos pas et de nous arrêter à l'heure où le plus grand homme de tous les temps, selon Montaigne, faisait, de notre ignorance assortie d'un haussement d'épaules de nos faux savoirs, la source de tous les maux dont souffre notre espèce.

7 - Honneur et loyauté

En ces temps reculés, Boileau pouvait se permettre d'écrire:

Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement
Et les mots pour le dire arrivent aisément.

Seul un maître de l'écriture peut savoir que "les mots arrivent" à l'établi; que l'espace et le temps ont subitement changé de nature et de dégaine, que les mots les plus courants se sont soudainement obscurcis, qu'il nous faut demander à un humanisme nouveau ce que parler veut dire. Car, depuis lors, les mots de Justice, de Liberté, de Droit international, de Souveraineté, signifient Servitude, Vassalité, Assujettissement, Démission. A peine notre Jupiter a-t-il passé de Ptolémée à Copernic qu'il nous faut lui enseigner les nouveaux paramètres de l'infini et de la durée.

Les peuples primitifs conjuguaient le verbe exister sur un modèle fort rudimentaire. Pour eux, une montagne ou les prodiges de leurs sorciers existaient de toute évidence et à parité de droit à l'existence sur la scène du monde. Nous usons d'une finesse d'esprit un peu augmentée: nous essayons de comprendre les diverses acceptions qu'affichent nos mots troués et passe-partout. Nous avons même commencé de distinguer clairement l'existence propre à un arbre de celle qui s'attache aux basques des personnages fantastiques qui se promènent dans nos têtes; mais nous peinons encore à scruter leur origine, leur nature et leur destination. Elle est rude, la pente sur laquelle nous apprenons à conjuguer un peu plus finement le verbe exister au sein de l'Europe du mythe vaporeux de la Liberté. Comme il est difficile à tailler, le joyau du langage articulé que nos ancêtres des forêts nous ont donné à dégrossir!

Maintenant, nous nous demandons quelles relations la raison simiohumaine actuelle entretient avec la politique dans la langue des Germains. Comment la loyauté et l'honneur gravaient-ils leurs armoiries sur l'écusson de la vérité allemande? Car voici que la gauche d'outre-Rhin et la droite française se font la même idée de la loyauté, de la noblesse et de l'honneur des Etats, alors que la gauche française persévère à vassaliser la France. Qu'est-ce donc qu'exister au sein de l'Europe d'une Babel des langues? Que signifient les mots Liberté et Souveraineté, et comment se fait-il que les Germains d'autrefois associaient le mot loyauté au mot honneur. Car Ehre signifie l'honneur et ehrlich loyal.

8 - Le césarisme evangelico-démocratique

Il faut s'attacher à approfondir la science historique à la lumière d'un type de vassalisation nouvelle et ignorée dans le passé. Dans cet esprit, on remarquera qu'à la suite de la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, l'anthropologie scientifique, qui avait pris un essor prometteur au XVIIIe siècle, s'est soudainement arrêtée en chemin, alors que la logique mise en route par Voltaire exigeait, tout au contraire, qu'un empire immense s'ouvrît à la science psychologique à la suite de la mort du vocabulaire des théologies.

Si les sciences humaines du XIXe siècle s'étaient aussitôt engouffrées dans une brèche aussi large, la science historique aurait remarqué que le mythe de la Liberté trouve son origine dans les trois monothéismes armés d'une rédemption et d'un salut et que les empires vocaux dont la vocation est de s'étendre sous le sceptre d'une délivrance politique du genre simiohumain obéissent au même modèle que l'expansion des trois divinités qui ont toutes inauguré leurs conquêtes par d'éclatantes victoires militaires. Mais elles se sont ensuite répandues sur le modèle rampant et insinuant d'une infiltration continue de leurs théologies dans les esprits et dans les cœurs. Toute leur histoire dans le temporel obéit donc à leur vocation originelle de convertisseuses et de rédemptrices de l'évadé onirique des forêts.

C'est ainsi que l'empire américain obéit, depuis 1945, au même modèle d'expansion que celui de la religion chrétienne des premiers siècles: ce César progresse à la force du glaive après une préparation patiente des esprits calquée sur la lenteur du modèle apostolique originel. Or, au début du XXIe siècle, une anthropologie politique radicale faisait rapidement ses premiers pas. Mais les Merkel, les Sarkozy, les Hollande n'avaient aucune connaissance rationnelle et argumentée des modes de propagation du césarisme evangélico-démocratique américain, faute d'une anthropologie de spéléologues de la bête onirique.

C'est pourquoi on a vu l'Europe entière prendre des sanctions économiques aussi précipitées que parareligieuses, donc aussi irréfléchies que suicidaires contre la Russie; et la France, pourtant héritière de la raison cartésienne a renoncé en toute hâte à livrer des navires de guerre à une Russie censée tout soudainement pestiférée, et cela pour des motifs revêtus à toute allure du baudrier d'une démocratie évangélisante - de sorte que la comparution immédiate en haute cour de Mme Merkel et de M. Hollande pour haute trahison aurait seulement occulté l'essentiel de la tâche nouvelle qui s'impose aux sciences humaines et à la politologie des modernes, celle d'armer la science historique de ce siècle d'un regard d'anthropologue sur la bête trop subitement évadée du sylvestre en vingt mille siècles seulement de son évolution cérébrale. Or, par une extrême coïncidence, nous venons de découvrir en Afrique du Sud le "chaînon manquant" entre l'australopithèque et "l'homme".

Que nous apprend-il? Je l'interrogerai le 9 octobre. Mais pour l'instant, on ne saurait accuser de trahison des coupables encore dans l'enfance et inaptes à découvrir la source animale des premiers mythes sacrés. Pour l'anthropologie pseudo scientifique actuelle, le spectacle de la déambulation de personnages imaginaires et fantastiques sous la voûte étoilée demeure à décrypter et encore davantage la projection dans l'infini d'un créateur nécessairement conçu comme séparé de l'étendue, donc dimensionné. Il aura fallu la plongée d'une grande civilisation dans l'abîme de l'ignorance et de la sottise pour que la science historique découvrît les armes d'une science des soubresauts cérébraux dont l'histoire du monde illustre le théâtre.

Le 2 octobre 2015

aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr