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La fin de la civilisation occidentale

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Comment des civilisations ou des empires se sont effondrés dans l'histoire laisse toujours perplexe. Des hommes courèrent vers leur fin sans qu'aucun, apparemment, n'aie eu le courage de remettre en cause les présupposés et les conditionnements. Ils préférèrent mourir plutôt qu'avoir la moindre idée nouvelle et créative, porteuse de sens et d'espoir.
Et aux bruits creux succéda l'obscurité et le silence.
Et de lui naquirent d'autres civilisations prospères.

Au moment où les canaux de communication sont saturés de non-sens, de contradictions, d'hypocrisie-réflex, quand les signifiants répugnants débordent de la moindre expression, il n'y a plus de doutes sur le fait la civilisation va bientôt se terminer.

Le mal des mondes est le bavardage inutile et les discussions futiles. C'est un cri d'horreur signifiant l'effroi de sombrer entre des murs d'incompréhension, de ne jamais être entendu, ou pire de croire qu'on l'est, quand ce n'est que par les pires ennemis qui ne veulent que profiter de vous.

C'est en parlant le moins qu'on devient le plus crédible, car chaque pas dans le brouillard écrase les pieds d'un autre, qui se sent attaqué. Et c'est l'esclavage, la soumission, l'acceptation, et l'abandon de soi qui permettent le mieux de s'en sortir. C'est un cercle vicieux.

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Petit je me disais que si j'avais vécu à ces époques j'aurais pu apporter une vision, une clarté, un espoir, ce qui est facile pour moi qui vit dans le futur et qui ai les idées claires.

C'est ce que j'aurais voulu faire aujourd'hui. Mais à mon grand désarroi, je me sens impuissant, en voyant la beauté des paroles pures sombrer et se dissiper dans un brouillard de confusion et de peurs. La moindre initiative qui serait bienfaitrice, n'a que l'avenir que veut bien lui confier la crédulité d'une masse relativement embrumée.

Je suis triste de ne rien pouvoir faire pour sauver, au moins une vie, parmi le milliard qui va périr d'ici dix ans.
Pourtant je vis dans le futur et j'ai les idées claires. J'ai eu le loisir de me reconditionner afin de m'extraire de cette ancienne civilisation, ce qui m'a donné l'impression de naître. J'ai obtenu une suffisamment bonne connaissnce du contexte historique, ce dans quoi l'histoire de la Terre est plongée, pour saisir la signification profonde de la voie lumineuse.

Que penseriez-vous si je vous disais que l'humanité est condamnée à devenir une civilisation de prière et d'humilité ? Un jour elle ouvrira les yeux sur le monde qui l'entoure, et les gens qui prennent soin d'elle depuis ses premiers regards jetés vers le ciel.

Nous rêvons d'un jour décoller et explorer l'espace, d'aller sur d'autres planètes, mais ce que nous allons y découvrir est notre raison d'être, de vivre, le sens de l'évolution, la raison de notre existence. Ce que nous allons découvrir c'est Nous, le Nous d'aujourd'hui, en péril, dans l'obscurité, l'agitation, et la déchéance.

Que ferons-nous ? Sans le concours des lois interplanétaires qui nous seront exposées, nous ferions le chemin qui consiste à se tromper, et à causer d'infini dégâts à ces civilisations que nous aurions voulu ingénument aider. Nous nous serions posés chez eux en leur disant "n'ayez pas peur les gars, on va s'occuper de vous". Et cent ans plus tard il n'y aurait plus âme qui vive sur cette planète, et de gros doutes subsisteront sur les causes réelles de ce carnage.

C'est pourquoi la règle de l'ingérence est considérée avec la plus grande crainte et rigueur, par les civilisations voyageuses. En clair ce que je dis est la réponse au paradoxe de Fermi, "Pourquoi ne les voyons-nous pas ?", c'est parce que cela est strictement interdit.

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Dans son exploration spatiale, l'humanité découvre des horizons et des perspectives. Elle s'intérroge. Et, dans sa globalité, en tenant compte du plus inoffensif des tétraplégiques autant que des plus brillants esprits, elle est complimentée, surveillée, aidée, et guidée, dans la mesure où des artefacts sont consciemment laissés afin d'être découverts.

Un jour je leur ai dit que nous aussi, nous irions explorer cette galaxie, rencontrer de nouvelles civilisations, et le cas échéants, que nous serions prêts à les protéger, les guider, et veiller sur eux avec amour. J'ai dit cela comme un enfant qui veut faire le même métier que son père.
Et ils m'ont répondu, au nom de la délégation expéditionnaire incorporée au réseau social terrestre, que ce jour est encore loin, et que d'ici là, je devais commencer par "explorer et protéger" le premier monde, le mien, le nôtre.

Cette planète Terre qui, nous disent-ils de bonne grâce et aussi souvent qu'ils le peuvent, est un des plus beaux joyaux qu'ils aient rencontré. Sa diversté, ses couleurs, ses trésors, sa richesse, sont finalement rares dans la galaxie. Même si on peut tabler sur une trentaine de planètes habitée dans les 100 années-lumière à la ronde (et 8000 à 2000 AL), paraît-il, il n'y en a pas beaucoup comme la nôtre, aussi accueillante et aussi magnifique.

Et à qui ce trésor est-il confié ? à 18 banquiers rongés par l'avidité du pouvoir, devenus complètement fous, criminels, prêts à vendre ses sujets aux ET hostiles afin de se les mettre dans la poche. Ces derniers veulent passer un pacte interdisant que nous soyions en contact avec ceux qui nous protègent, mais eux, refusent cette immiscion. Et ils se battent.

Ils la refusent pour des raisons à la fois évidentes et à la fois, dont les fondements scientifiques nous sont étrangers. L'histoire est celle de l'harmonie de notre évolution, qui ne doit pas être perturbée, au risque que cette évolution infléchisse sa course et devienne une régression. Ces périodes de régression sont probables et naturelles, mais d'autres peuvent être fatales.
Car parmi les planètes habitées qui nous cernent, il y en a aussi qui sont mortes.

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Sauver l'humanité ? Cela revient à sauver Dieu.
Tels des microbes certaines civilisations s'attachent à d'autres, la nôtre en l'occurrence, et y produisent des dégâts considérables. Et tels des anticorps, d'autres civilisation interviennent dans l'espoir de sauver ce qui représente à leurs yeux l'espoir, l'humanité, la vie, Dieu, et aussi, eux-mêmes à une époque antérieure.

Comment faire ?

Sans rien nous dire car c'est interdit, nos échanges avec la délégation infiltrée ont été riches d'enseignements.
Premièrement, ils saluent l'entité du Nous, c'est au Nous qu'ils s'adressent, et c'est aussi le Nous qui tolère l'esclavage improductif et mortifère qu'il subit. C'est le Nous qui en est responsable, et qui est responsable des crimes commis contre la Terre. Même le plus infime des handicapés, est responsable, car de toutes manières c'est lui qui devra digérer la plastique qu'il a laissé fabriquer. C'est lui qui devra subir la famine, et à la longue c'est lui qui devra nettoyer les rivières.
Ainsi il apparaît que le business qui prolifère en polluant la nature et en exterminant les forêts pleines de vie, qui renferment les solutions à nos maux, se fait en vendant la responsabilité des peuples pour obtenir des profits privés inqualifiables, qui s'expriment en montagnes de billets, qui sont parfaitement inutiles. C'est à dire en vendant quelque chose qui ne leur appartiennent pas.

Le deuxième point salutaire que ces échanges nous enseignent, c'est la structure de ce Nous. Et on pouvait légétimement s'attendre à ce qu'ils n'aient aucune propension à penser comme nous, en terme de hiérarchie, allant du haut vers le bas. Cettte vision de l'esprit, non fonctionnelle et improductive, ne les concerne pas. Aussi les communications que nous avons eu avec eux étaient publiques, visibles par tous, carrément sur Twitter.

De cette manière les notifications qui nous étaient envoyées, l'étaient, au travers du publique, aux dirigeants, aux responsables, aux "élites". Car il est évident que s'ils ne s'adressaient qu'à eux, cela n'aurait servi à rien. Or il est question que le peuple soit conscient de la globalité à laquelle il appartient. ceci est un prémisse indispensable au Nous.
Ainsi donc, nous nous retrouvâmes avec la charge de messages venus de l'espace, d'une responsabilité qui défiait notre vision de l'histoire.
Nous avions le devoir de prévenir, aider, concourrir à lutter contre de nombreux maux simultanés et très connectés entre eux, que sont l'appât du pouvoir des élites, le fait qu'ils se soient vendus à des ET sans morale et sans pitié, l'accointance des militaires et des industriels, qui forcent la marche de l'humanité vers son extinction.
Ce qu'ils nomment avec pudeur "le marché de la sécurité".

Et comment faire ? Comment relever ce défi si invraissemblable ? On dit souvent que notre âme a choisi de naître ici, malgré même qu'elle y soit inadaptée, juste pour être le témoin vivant de l'étape la plus décisive dans l'histoire d'une humanité : La survie d'elle-même.

Car les civilisations qui se sont éteintes dans le passé, n'ont pas risqué l'avenir des suivantes. Tandis que celle-ci, oui.
La question revient donc à savoir comment lutter contre une entropie, somme toutes naturelle, et dont la victoire est déterminante pour son propre avenir, en tant que peuple pensant, oeuvre de Dieu, apte à quitter son berceau pour aller naviguer entre les étoiles.

Cette aptitude sera acquise quand l'humanité aura su prendre possession d'elle-même, de son destin, et obtenir un véritable contrôle sur son avenir.

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La structure du Nous dont je parlais, est celle qui donne l'espoir de réussir.
Il se passe que dans nos sociétés on va un peu vite en besogne, car c'est une société primitive, pour passer du cas particulier au cas général. Ainsi les lois sont universelles, mais différentes dans chaques pays. Elles tombent comme un fléau, et représentent la soumission à l'autorité. Elles ne servent que les intérêts des puissants.

Même dans les publicités, ces messages dictatoriaux cités de façon univoque, il s'agit de généraliser une pratique, une vision, une compréhension, sans la moindre excuse ou pitié envers les exceptions à la règle. Même au niveau citoyens, la plupart ne rêvent que de changer le monde, en une fois, d'un coup, globalement, et finalement avec la même brutalité que nos élites nous imposent l'esclavage.

Or, regardez, que faire de ces messages, de ce dont je suis au courant ? dans cinq ans, seulement cinq années, tout sera terminé. Je vis parmi mes concitoyens en les voyant rire tranquillement alors qu'aucun n'est au courant que c'est la fin, que dans cinq ans, ils seront morts, et tout sera dévasté. Ce sont les dernières heures de l'humanité auxquelles j'assiste, impuissant, et inaudible. Sans espoir d'être entendu, je préfère souvent ne rien dire, mais au fond je suis triste. Je ne trouve d'espoir qu'en regardant le ciel bleu, car je sais qu'il le sera toujours.

Je suis également rassuré quand ils nous ont dit qu'ils feront avorter les tentatives d'esplosion nucléaires, qui paraîtront inévitables pour balayer d'un coup des problèmes insolubles.
Mais encore une fois, cela ne sera que le fait de leur incompétence et de leur manque de culture, de connaissance, à propos de la bonne manière de faire évoluer les choses.
On ne fait jamais rien évoluer par la force ou de façon abrupte. Il faut que chacun s'enfonce cela dans le crâne. Dans l'âme, en fait.

Tout ce qu'on peut faire c'est aller parler à ceux qui nous écoutent, de façon douce, et de façon à ce qu'ils continuent de nous écouter. Et ainsi, constituer graduellement un petit groupe de personnes convaincues par les mêmes idées. Ensuite d'autres groupes doivent se former, tout aussi naturellement. Ensemble ils en formeront un jour de plus grands, et ainsi de suite. Et ce n'est que comme cela qu'on peut s'acheminer, pas à pas, vers une légitimité de la politique.

Car dans la réalité, dans le vrai monde, si on a tord, si on se trompe, personne n'est obligé de nous suivre et de nous croire. Ceci est le fondement de la liberté, que chaque action soit commise en toute conscience, par les individus instruits, et par les groupes auxquels ils appartiennent. C'est cette liberté qui garantie que l'absurde soit vite écarté, et qu'il ne germe pas, au point de finir en guerre nucléaire, dans le but de diminuer la population, dans le but d'assurer la survie des restants, dans le sous-but de préserver un système injuste, que nul n'est capable de remettre en cause ou de voir en face pour ce qu'il est, c'est à dire un marchandage, donc un chantage, et ainsi un esclavage.

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Et en fait ce n'est que cela, ce que j'ai à dire à cette humanité en péril, dont les jours sont comptés (il en reste exactement 15 000). Ce n'est que cela, le message de fond. Les choses ne s'imposent pas d'en haut mais depuis l'entente libre. Cela veut dire qu'il est MAL d'accepter l'inacceptable, en raison d'un chantage, car le dommage produit est supérieur à celui que subira notre propre personne. C'est irresponsable, et criminel, d'accepter le moindre chantage. C'est une question de dignité humaine, et de préservation de la beauté du monde, que d'accepter de souffrir, ou de mourir, avec dignité, en refusant un chantage.
De plus, si on est assez nombreux, personne ne meurt.